AgriBioT : l'informatique diffuse dans les champs
Cette architecture de stockage diffus, dispersée dans les cultures, s’avère aussi beaucoup plus souple que les systèmes passant par le Nuage.
Publié le 05 novembre 2020 Mis à jour le 05 novembre 2020
Date: 30 novembre 2020 au 30 novembre 2020
Le comité de la Conférence Asiacrypt 2020, l’une des trois plus grandes conférences internationales de cryptographie, vient de décerner son Best Paper Award à Antonin Leroux, membre de l’équipe-projet GRACE [de l'INRIA], pour son article sur un nouveau protocole de cryptographie post-quantique.
Cette nouvelle branche de la cryptographie vise à anticiper l’arrivée prochaine des ordinateurs quantiques fonctionnels et à garantir la sécurité de l’information face à des attaquants disposant de cette nouvelle génération de calculateurs ultraperformants.
«L’arrivée d’une génération d’ordinateurs quantiques fonctionnels, d’ici dix à vingt ans, présente un réel enjeu pour la cryptographie. La sortie de ces ordinateurs fragiliserait une grande partie de la cryptographie connue aujourd’hui jusqu’à mettre en danger la protection des données personnelles. « C’est pour cela qu’il faut chercher de nouveaux problèmes de mathématiques difficiles qui ne présentent pas cette faille. Ces nouveaux problèmes, dans leur finalité, permettraient de contrer les risques d’attaques rendus possibles par les ordinateurs quantiques » souligne Antonin Leroux. Et de conclure, « nous ne savons pas quand cet ordinateur quantique fonctionnel verra le jour, mais il faut que nous soyons prêts au moment venu ».»
Déjà que le monde de la cryptographie n'est pas évident, il suffit d'aller voir la définition d'Isogénie pour comprendre que les gens qui joueront la-dedans ne rempliront jamais un stade.
Bref, après avoir perturbé nos conceptions de l'univers, la théorie quantique vient perturber le fonctionnement de nos pratiques : pratiquement plus rien d'encodé avec les protocoles actuels ne pourra résister à la puissance de calcul des ordinateurs quantiques.
«Antonin Leroux, pour sa part, concentre ses recherches sur la cryptographie à base d’isogénies, un nouveau champ de la cryptographie qui a émergé au cours des dix dernières années et qui permet, par la création de problèmes mathématiques difficiles, de générer un niveau de complexité tel que même un ordinateur quantique ne sera pas en mesure de déchiffrer. »
D'autres avantages plus pratiques annoncés sont la capacité de générer des signatures électroniques de très faible poids, qui permettront de sécuriser adéquatement les milliards d'objets connectés et de préserver la capacité du réseau.
Pour la nouvelle intégrale : Garantir la sécurité de l’information à l’ère de l’ordinateur quantique
Pour l'ouvrage lauréat : SQISign: Compact Post-Quantum Signatures from Quaternions and Isogenies L. de Feo, A. Leroux, D. Kohel, C. Petit and B. Wesolowski https://eprint.iacr.org/2020/1240.pdf