Les langues vivantes portent bien leur nom dans le sens qu'elles se trouvent dans des lieux, se transforment, voyagent, etc. La question linguistique n'est donc pratiquement jamais figée même si, pour le commun des mortels, cela semble le cas.
Prenons l'exemple de la Suisse romande. Elle est reconnue pour être la partie francophone de ce pays trilingue. Pourtant, non, le français n'a pas toujours été le langage parlé dans cette région du monde.
Déjà parce que le français, tel qu'on le connaît aujourd'hui, n'existait pas avant le 19e et 20e siècle (et il a subi de multiples transformations jusqu'à nos jours). Ainsi, ce sont des patois qui sont parlés dans cette zone ayant tous la racine franco-provençale en commun. Dans le Jura, toutefois, c'est un dérivé de la langue dʹoïl qui prévaut.
Le français fera sa place au fil du temps mais c'est surtout la Révolution française qui va donner le coup de barre linguistique. En effet, les révolutionnaires vont, en France, se faire la police de la langue, châtiant les patois et autres argots "fautifs" à leurs yeux. La Suisse romande ne sera pas à l'abri de ce mouvement et l'industrialisation va même accélérer les demandes pour que les citoyens parlent "un bon français". Cette approche va donc mener à la disparition progressive des patois divers qui coloraient les différentes régions helvètes autrefois.
Durée : 26 minutes
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