Tunisie : statistiques éloquentes dans les usages des Tic et de l’Internet***
Le Ministère tunisien des Télécommunication vient de publier des statistiques assez intéressantes sur l’évolution de l’Internet.
Publié le 16 février 2009 Mis à jour le 16 février 2009
Jean de La Fontaine
est dans notre esprit inséparable de la faune qui peuple ses fables. Maître
Renard et son corbeau, les rats des champs et des villes ou encore la
grenouille se prenant pour un bœuf, nos mémoires enfantines sont emplies de
tous ces récits. Et leurs nécessaires morales résonnent sans doute encore dans
de nombreuses salles de classes. Mais qui d’entre nous sait que Jean de La
Fontaine a puisé nombre de ses récits de Kalila wa Dimna,
œuvre du grand naturaliste persan
La lettre et l’esprit
Ces emprunts étaient aussi fréquents que compris. À une époque où les moyens de transmission étaient incertains, faire voyager les connaissances était faire œuvre utile. Les penseurs arabes ont excellé dans ce rôle de relayeurs des savoirs, entre les cultures grecque, persane, indienne et occidentale notamment. Ils n’ont pas été que cela bien sûr. Ils ont contribué à construire un corpus universel par des œuvres propres mais aussi en facilitant donc l’accès à des œuvres anciennes, souvent ardues.
Les auteurs arabes, ces "passeurs de sciences", traduisaient l’esprit plus que la lettre. De Kalila wa Dimna, La Fontaine retiendra la fonction de critique sociale. À travers les animaux, le fabuliste s’avançait prudemment masqué et croquait les… travers de ses contemporains.
Dialogue par dessus les siècles
La meilleure réponse au racisme imbécile est peut-être de faire dialoguer les œuvres de deux auteurs du gabarit de Jean de La Fontaine et d’Ibn al-Muqaffa. Et de proposer au moins deux exercices intéressants :
- Retrouver la filiation
entre
- Reconstituer les morales respectives des deux époques pour en repérer les valeurs.
L’objectif de l’exercice est finalement d’initier les jeunes aux valeurs que doit posséder "l’honnête homme" de notre temps à l’instar de celui du siècle de La Fontaine. Et, accessoirement, de leur montrer comment des auteurs ont risqué parfois leur vie – Ibn al-Muqaffa a été exécuté pour irrévérence – pour faire triompher la liberté d’expression. Une liberté qui parait aujourd’hui aller de soi et qui est pourtant si précieuse.
P.S. : Cet article est pour moi l'occasion de rendre hommage à un grand "passeur" de culture marocain décédé en fin de semaine dernière, Mustapha Al Kasri. Traducteur de Saint-Exupéry et de Baudelaire, le défunt était également un grand poète.