La vocation sociale du "serious game"
On a souvent une vision très individualiste du "serious game" Et pourtant, il peut avoir une dimension sociale importante. C'est peut-être là que réside son avenir.
Publié le 18 janvier 2009 Mis à jour le 18 janvier 2009
Autrefois,
ne pouvait se prévaloir du titre de savant – alem en langue arabe – que
celui qui maîtrisait le savoir dans plusieurs disciplines. Et de fait, les grands penseurs
étaient à la fois philosophes, mathématiciens, astronomes et, souvent aussi,
poètes. Tout autour de la Méditerranée, ce savoir encyclopédique a été la marque
de noms aussi célèbres qu’
Mais
cette volonté de diffusion des connaissances se heurtait à des
barrières de classe sociales et ethniques; des barrières internes, souvent
plus difficiles à faire tomber que les barrières géographiques. Et ce n’est pas tout à fait un hasard si les
grands courants pédagogiques qu’ont connus la fin du XIXe siècle et le début du XXe
ont été marqués du sceau de la libération des peuples. Que ce soit Paulo Freire
au Brésil et sa «
Une autre
lecture de l’histoire de la pédagogie, dont on trouve une intéressante
description sur le
Aujourd’hui, avec le développement des réseaux sociaux et des plateformes d’information contributives, l’implication des usagers n’a jamais été aussi grande. Le renouveau introduit par le Web 2.0, terme qui ne fait pas l’unanimité, se situe en définitive au niveau de l’importance donnée à l’utilisateur, qui passe du statut de consommateur de l’information à celui d’acteur à part entière de la construction du savoir. Résultat, les pédagogues disposent de nos jours de technologies aussi puissantes que souples leur permettant de varier les approches et, encore plus important, de les personnaliser en fonction du profil de l’élève. Ce qui donne par exemple la possibilité de passer sans discontinuer d’un tutorat à une séance de restitution en vue de construire une compréhension collective.
Notre époque présente la particularité, sans doute très exceptionnelle dans l’histoire, d’une connivence entre l’être humain et les techniques qu’il a créées. Revenu d’une conception positiviste et naïve du progrès scientifique, il pourrait demain les enrôler pour faire reculer l'ignorance ou, tout simplement résoudre les redoutables problèmes de survie qui pointent déjà. A voir le nombre et l'ampleur des crises et guerres de ce début de siècle il s'agit sans doute hélas d'une naïveté supplémentaire. Ou bien d'une utopie... En elles-mêmes, les technologies ne sont porteuses ni de mot, ni de bonheur; c'est bien l'usage que nous ferons des réseaux de communication qui nous permettront d'approcher de la cité idéale de la connaissance, ou de nous en détourner.
[1] Qu’un
récent bel ouvrage collectif évoque sous le titre :