Socio-constructivisme pour les masses***
Reste à voir maintenant si le socio-construtivisme est soluble dans la e-formation...
Publié le 24 février 2010 Mis à jour le 24 février 2010
Les colloques traitant de pédagogie universitaire se multiplient. Mais qu'en est-il des expérimentations et mises en pratique dans les établissements d'enseignement supérieur ?
L'Université du Nord-Texas (UNT), aux Etats-Unis, a pris ce taureau par les cornes et a engagé un ambitieux programme de 9 ans visant à refondre en profondeur les cours dispensés dans l'établissement. L'objectif est d'augmenter le taux de réussite des étudiants dans les différentes disciplines, d'élever le niveau moyen d'enseignement, ceci sans augmenter les coûts. Les études supérieures coûtent en effet très cher aux Etats-Unis, et tout redoublement a des conséquences financières importantes, ce qui conduit une proportion non négligeable des étudiants à abandonner leurs études avant d'obtenir leur diplôme.
L'UNT a donc ouvert le programme N-Gen Course redesign. L'expression "N-Gen" ne réfère pas, pour une fois, à la "net generation", à ceux qui sont nés dans l'ère numérique. Elle réfère à la NeXt generation, celle des étudiants dans leur ensemble et dans leur grande diversité. Ces étudiants peinent à obtenir leurs diplômes, et l'université préfère examiner et modifier ses propres pratiques pédagogiques plutôt que d'accuser la société, Internet, ou autre épouvantail.
Il s'agit d'un programme de recherche-action, dont les résultats sont à la fois des processus et des produits.
Le processus, c'est celui de la re-conception des cours dans laquelle s'engagent les enseignants volontaires, appuyés par l'équipe du CLEAR, Center for Learning Enhancement, Assessment and Redesign, centre d'appui à l'enseignement présent dans la majorité des Universités nord-américaines. Les équipes enseignantes volontaires sont engagées en communauté de pratiques. Chaque équipe bénéficie d'un budget de 12 000 USD pour mener son projet à bien. Une somme, me direz-vous. Certes, mais dont l'octroi s'accompagne d'obligations très strictes : des déjeuners thématiques mensuels en présence des membres du CLEAR, des représentants de l'administration et des étudiants. Des raports d'avancement. Des séminaires de réflexion (plusieurs chaque année), dans lesquels les enseignants "seniors" dans le processus partagent avec les "fellow" les résultats de leurs évaluations et de leurs révisions. Deux forums annuels enfin, pendant lesquels les résultats sont présentés à l'ensemble de la communauté universitaire.
Les produits, ce sont les cours eux-mêmes. Sept facultés sont engagées dans le projet. Leurs cours, extrêmement différents, possèdent néanmoins des points communs, obligatoires :
Cette diversité de séquences est la partie la plus visible des résultats du programme. Chaque cours comprend :
Les cours qui correspondent aux standards du programme N-Gen Course redesign sont ensuite labellisés.
Après six années de fonctionnement, les premiers résultats (partiels, puisque tous les cours n'ont pas été révisés) sont encourageants : l'UNT peut se vanter d'une augmentation de 23 % de passage en année supérieure ou pour l'obtention du Bachelor (Licence en 4 ans) en histoire, 11 % en chimie, 6 % en littérature. Les étudiants semblent satisfaits de ce projet, si l'on en croit les témognages exprimés dans la vidéo de présentation du projet.
Voilà donc ce qu'il est possible de réaliser, lorsque s'associent la motivation, un cadre strict d'implantation et les moyens financiers. Ceci, au bénéfice des étudiants, qui acquièrent grâce à ce programme et selon son directeur, des méthodes qui leur permettront d'apprendre tout au long de la vie. Arrêtons donc les colloques, et concentrons les moyens sur les expérimentations pratiques.
N-Gen Course redesign, page d'accueil. Cliquez sur le lien du menu de droite de la page pour voir la vidéo de présentation du programme.