Le fameux modèle unique. On cherche bien souvent, en
pédagogie ou ailleurs, à adopter LE dispositif qui serait efficace dans toutes les situations. Malheureusement (ou pas), on sait aussi qu’il n’y a pas de panacée. En enseignement hybride comme ailleurs.
Au début du mois de mai 2011, l’institut américain Innosight
a publié un rapport intitulé : "The rise of K-12blended learning: Profiles of emerging models » (.pdf) (La montée de
l’enseignement hybride du primaire au secondaire : profils des modèles
émergents). Ce document de 184 pages montre la diversité des modèles hybrides d'enseignement, créés selon les besoins des institutions et régions qui les ont adoptés.
40 modèles uniques
40 projets de 40 établissements scolaires sont présentés. Chaque dispositif fait l'objet d'un tableau regroupant les données de base, auquel sont ajoutés un historique,
un résumé du fonctionnement, les résultats obtenus et les perspectives
d’avenir. La diversité des dispositifs présentés a obligé les auteurs à créer un système de catégories
(six catégories principales) et un positionnement sur un graphique. Dans ce dernier, l'axe horizontal détermine le degré de supervision
des apprenants par les tuteurs et enseignants (de très encadré à très autonome)
et l'axe vertical mesure le volume d’apprentissage en ligne (de très peu à exclusivement en ligne).
Par exemple, le graphe ci-dessous décrit un dispositif dans lequel les apprenants sont moyennement encadrés , et bénéficient de cours exclusivement en ligne :

Six modèles généraux des programmes
Cette organisation permet de situer rapidement chaque dispositif, mes ces derniers possèdent également des spécificités.
Par exemple, un
programme d’été – classé sous le modèle "rotation" – divise le temps de classe
des apprenants en tiers : le premier est réservé à du travail individuel personnalisé en ligne, le deuxième est composé d'un temps de face à face avec l'enseignant, le dernier propose des activités structurées et
collaboratives en groupe.
Certains dispositifs proposent des ateliers en ligne, alors que d'autres préfèrent réaliser ce genre d'activités avec les apprenants en présence, complétées par des apports en ligne, et d'autres enfin séparent nettement la semaine en deux temps : 3 jours en classe pour des cours traditionnels et 2 autres
en salle informatique. On trouvera également dans ce rapport la célèbre école Quest to learn de New York qui base toutes ses activités sur l'utilisation et la création de jeux vidéos. Cet exemple commence d'ailleurs à être imité, une école de Chicago s'étant lancée cette année dans l'aventure.
Il faut souligner également que certains dispositifs sont implantés à toute petite échelle (une école) alors que d'autres touchent plusieurs états américains.
Des résultats et des attentes
Si les projets d’enseignement hybrides sont variés, leurs
résultats le sont également. Les programmes ont été élaborés de manière à atteindre des objectifs tels que :
- L'augmentation
du taux de réussite des élèves
- L'augmentation
de la moyenne des notes lors des évaluations
- Le développement
de compétences transversales (exemples : autonomie, gestion du temps, sens
du travail d’équipe ou collaboratif, etc.)
- Une motivation
accrue (apprenants et enseignants)
- Dans
certains cas, une diminution des coûts d'enseignement
La majorité des dispositifs présentés ont atteint au moins l'un de ces objectifs. Malgré tout, les auteurs du rapport émettent des recommandations susceptibles selon eux d'améliorer encore la qualité des dispositifs hybrides d'enseignement au primaire comme au secondaire.
La plus importante de ces recommandations tient à l'accroissement de l'autonomie de la part d'enseignement en ligne. Pour le moment, ce dernier est encore conçu comme un complément aux cours en présence. Il serait bon, pour accroître l'autonomie de l'apprenant dans ses apprentissages, de dissocier plus nettement cours en présence et cours en ligne.
Les enseignants impliqués dans ces dispositifs hybrides ont également formulé des recommandations. Pour qu'ils se généralisent, voici ce qui, selon eux, devrait être amélioré :
- Les contenus : créer des contenus plus immersifs, profitant des recherches effectuées sur les alternatives aux contenus classiques;
- Les supports : généraliser l'usage des tablettes;
- L'articulation des différentes fonctionnalités : création d'ENT pertmettant de naviguer plus aisément entre les tâches et les contenus;
- La communication : créer des espaces virtuels de rencontre pour faciiter les travaux de groupe en ligne, améliorer les interfaces de communication entre enseignants et apprenants;
- L'accès : connexion gratuite pour les élèves appartenant à des familles à faibles revenus, réduction des coûts de conception et de gestion, parfois deux fois plus élevés que le dispositif classique d'un enseignant pour une classe.
En conclusion, ce rapport américain dresse un portrait très intéressant et contrasté des dispositifs hybrides d'enseignement aux États-Unis, dont la diversité montre qu'il s'agit de dispositifs hautement adaptables, permettant à chaque école, région, état de traduire ses choix pédagogiques, corrélés aux politiques locales et aux spécificités des apprenants. C’est évidemment dans cette diversité que réside le très fort potentiel de ces dispositifs, qui allient apprentissage traditionnel et technologies de
l’information et de la communication.
Report
cites 40 diverse examples of blended learning, eSchool News, 3 mai 2011.
The rise of K-12 blended learning: Profiles of emerging models, Heather Staker, mai 2011,
PDF, 184 p.
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