Par Philippe Menkoué  | p.menkoue@cursus.edu

Les MOOCs et l’Afrique : l’histoire ne fait que commencer

Créé le lundi 16 février 2015  |  Mise à jour le lundi 23 février 2015

Les MOOCs et l’Afrique : l’histoire ne fait que commencer

Très souvent considérées comme à la traine en termes d’offres de formation à distance de manière générale, les universités africaines, ou du moins leurs étudiants, ne semblent pas avoir raté le train des MOOCs.

Du Cameroun au Rwanda, en passant par la RDC ou le Maroc, la fièvre des Moocs semble véritablement avoir gagné peu à peu l’Afrique. Mais qu’est-il réellement ? Pourquoi les africains semblent-ils de plus en plus intéressés par les Moocs ? Quelles sont les institutions qui proposent ces Moocs ? L’Afrique serait-elle le nouvel (ou tout au moins, le prochain) eldorado des Moocs ? Petit état des lieux des cours en ligne ouverts et massifs en Afrique.

Un phénomène qui gagne du terrain en Afrique

Éducation, urbanisme, sciences dites « pures » et même apprentissage du FLE, ces «Cours en ligne ouverts et massifs» qui pour l’instant, sont pour la plupart dispensés, malheureusement ou heureusement (c’est selon), par des institutions académiques européennes et nord-américaines, n’épargnent presqu’aucun domaine. Car, si les universités africaines peinent encore à proposer des formations ouvertes et à distance (FOAD), on constate que les africains (étudiants ou travailleurs) montrent un intérêt certain pour les MOOCs, comme en témoignent ces quelques chiffres.

Comme l’affirme Serge Michel par exemple,: « Sur son campus, l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, en Suisse) offre 1 500 cours à 9 300 étudiants. En ligne, une trentaine de Moocs pour plus de 750 000 inscrits, dont 42 000 Africains (…) ». Une réalité assez proche de celle de l’Ecole Centrale de Lille dont la troisième édition du Mooc consacré à la gestion des projets a attiré en 2014 de nombreux africains, représentant « plus de 20 % des 11 300 inscrits », comme l’expliquait Rémi Bachelet son initiateur, à Jeune Afrique.

Un véritable succès dont les raisons les plus souvent invoquées, notamment par les étudiants inscrits à ces MOOCs, sont légion. Possibilité de suivre des formations intéressantes mais pas forcément offertes par les universités de leurs villes de résidence ; suivre des formations de haut niveau sans débourser le moindre sou (sinon, le prix d’une connexion à Internet et peut-être celui d’un certificat pour ceux qui le désirent) ; suivre des cours de qualité depuis le confort de son domicile, loin des amphis bondés, mal aérés où la voix de l’enseignant est parfois presqu’inaudible, et bien d’autres.

Mais que font les universités africaines pendant ce temps ?

MOOCs par et pour les africains : une offre diversifiée

Face à ce succès des Moocs proposées par des universités étrangères, les universités africaines tentent chacune à sa manière, de surfer sur cette vague. Cependant, proposer des cours en ligne ouverts et massifs nécessite des compétences et des moyens financiers qu’elles n’ont pas toujours. C’est à ce moment que le soutien d’organisations telles que l’Agence Universitaire de la Francophonie apporté aux institutions publiques africaines (francophones notamment) devient quasi-indispensable. Et les appels à collaborations lancés aux étudiants africains dans ce domaine se multiplient.

Cependant, certaines institutions privées ne les ont pas attendu. C’est le cas notamment de l’Institut de management et des technologies (IMAT) d’Abidjan en Côte d’Ivoire qui, l’année dernière, lançait un MOOC sur la finance. Le tout premier de Côte d’Ivoire.

De même, on note un intérêt grandissant d’institutions européennes et nord-américaines pour l’Afrique. Ceci se manifeste notamment à travers la mise en place de Moocs dédiés spécifiquement à un public africain. C’est le cas par exemple de la plateforme Caroline Connect, qui lançait en octobre dernier, le MOOC FOFLE, consacré à l’apprentissage du Français en Afrique francophone ou l’EPFL qui, comme l’affirme son Président, Patrick Aebischer « s’est fixée l’objectif de 100 000 étudiants au sud du Sahara » d’ici peu.

Les Moocs seraient-ils au final du pain béni pour les africains ?

Une aubaine pour les africains ?

Face aux possibilités de complémentarité des formations en présentiel délivrées par les universités du continent qu’ils offrent, les Moocs semblent être une véritable aubaine pour nombre d’africains, qu’ils soient étudiants ou travailleurs.

Loin de se substituer aux formations dites « classiques », délivrées dans les universités et qui malgré tout, restent indispensables, les Moocs constituent une opportunité pour nombre d’étudiants de compléter leurs connaissances et d’élargir leurs horizons quant aux possibilités offertes par les différents cursus proposés par leurs universités.

Ils permettent également aux étudiants brillants de se faire remarquer, et éventuellement à tous, de nouer des contacts avec leurs pairs vivant à l’étranger, facilitant ainsi le partage de connaissances et potentiellement la mise en place de projets communs à grande échelle. Car, comme l’affirme Serges Michel : « les Moocs donnent des ailes aux étudiants ». Et nul besoin de rappeler ce que pourrait valoir la participation à un Mooc sur un CV de nos jours.

Références

1. Menkoue, P. Offres de formation en ligne : l'Afrique francophone va telle s'y mettre ? Thot Cursus. 14 mai 2014. Lien : http://cursus.edu/article/21840/offres-formation-ligne-afrique-francophone-elle/

2. Michel, S. Les Moocs : massifs, ouverts et africains. Le Monde. 26 janvier 2015. Lien : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/06/les-moocs-massifs-ouverts-et-africains_4550100_3212.html

3. Clémençot, J. La fièvre des Mooc gagne l’Afrique. Jeune Afrique. 28 avril 2014. Lien : http://economie.jeuneafrique.com/entreprises/entreprises/emploi-a-formation/21932-la-fievre-des-mooc-gagne-lafrique-.html

4. Gaaya, A. Quand les universités africaines passent aux Moocs. Jeune Afrique. 27 mai 2014. Lien : http://economie.jeuneafrique.com/regions/international-panafricain/22169-quand-les-universites-africaines-passent-aux-moocs.html

5. Agence Universitaire de la Francophonie. CLOM/MOOC CERTICE-SUP : Appel à collaboration. 8 février 2015.  Lien : http://ific.auf.org/article253.html

6. Mian Séhi, A. IMAT lance le premier MOOC de la Côte d’ivoire. TICEDU Forum. (Consulté) le 13 février 2015. Lien : http://ticeduforum.akendewa.net/imat-lance-le-premier-mooc-de-la-cote-divoire/

7. Site web du MOOC FOFLE : L'apprentissage en ligne du Français en Afrique francophone et ailleurs. (Consulté) le 13 février 2015. Lien : http://fofle.claroline-connect.net/

8. Menkoue, P. Que vaut réellement un Mooc sur un CV. Thot Cursus. 20 janvier 2015. Lien : http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/24776/que-vaut-reellement-mooc-sur-votre/

Poster un commentaire

Commentaires

2 commentaires

Icône - Visage inconnu
  • charlon
  • 18 février 2015 à 03 h 03

Forum Google+ et initiation à Google drive avec l ARSTM à Abidjan

Bonjour bravo pour cet article intéressant qui démontre que la pédagogie 2.0 n'a pas de frontière! Pour information, nous venons d'ouvrir un forum sur Google + pour relier virtuellement deux universités maritimes basées au Ghana et en Cote d'ivoire. Ce forum s'appelle maritime safety and security training. Nous travaillions également avec les formateurs des 2 universités sur une pédagogie 2.0 et nous avons ouvert également un espace sur Google Drive pour partager les supports de cours. Les deux universités s'approprient bien le forum...

Répondre
Icône - Visage inconnu
  • charlon
  • 20 février 2015 à 03 h 03

Forum Google+ et initiation à Google drive avec l ARSTM à Abidjan

Bonjour Merci pour ces précisieuses ces informations et pour cet intéressant article. Juste pour information complémentaire: nous venons d ouvrir un forum sur Google + appelé Maritime safety and security training entre deux universites Africaines au Ghana et en Côte d'Ivoire et nous initions les formateurs à partager leuns supports de cours et à adopter une pédagogie 2.0. c est une belle aventure et bravo aux projets dans cette région.

Répondre