Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah  | info@cursus.edu

Lyonel Kaufmann, pour l'enseignement de l'histoire 2.0

Créé le mardi 4 mai 2010  |  Mise à jour le mercredi 5 mai 2010

Bandeau du site de Lyonel Kaufmann

Les enseignants d'histoire - géographie figurent en bonne place dans les utilisateurs des outils numériques en classe. En témoignent notamment, en France, les Clionautes, dont on peut voir les réalisations sur plusieurs sites, comme il est précisé cette semaine dans l'entrevue avec Caroline Jouneau-Sion.

En Suisse, le concept d'histoire 2.0 est porté bien haut par Lyonel Kaufmann, professeur-formateur de Didactique de l'histoire à Lausanne (Suisse). Il s'agit pour lui d'intégrer les fonctionnalités du Web 2.0 en histoire et dans son enseignement/apprentissage.

Faisons un bref retour en arrière : dans son billet « Et si, à la rentrée, nous passions à l'enseignement de l'histoire 2.0 », publié durant l'été 2007, Kaufmann fait le point sur les possibilités de réalisations curriculaires basées sur le Web 2.0, exemplifiées par des pratiques éducatives. Il fait référence dans ce billet à plusieurs collègues francophones, bien installés sur les réseaux de mutualisation de pratiques.

Les blogues et wikis en histoire

D'emblée quand on parle de Web 2.0, le blogue s'impose comme outil de mise en ligne de contenus. Pas seulement en histoire mais en éducation, d'une manière générale. Il y a au moins 21 bonnes raisons pour lesquelles on devrait laisser les élèves bloguer, selon Rachel Boyd, auteure d'une vidéo sur la question, reprise et traduite sur le blog de François Guité.

Vingt-cinq styles de blogging possibles et cinq catégories à reproduire en classe : le blog comme site pédagogique, le blog audio et vidéo, le blog de l'enseignant, le blog des étudiants, et le blog de la classe.

En histoire, puisque c'est la discipline de L. Kaufmann, le blogging a trouvé ses adeptes. Etienne Augris a réalisé une cartographie des blogs francophones d'histoire-géographie. Lyonnel Kaufmann a fait faire à ses étudiants une analyse de quelques blogs consacrés à l'enseignement de l'histoire qu'on lira utilement.

On signalera aussi le blog « Histoire-Géographie et Education Civique au collège » animé par Les Clionautes, dont il a été question plus haut. Et le blog anglophone The History 2.0 Classrom qui comporte des réflexions de l'enseignant Greg Kulowiec, engagé dans l'enseignement de l'histoire avec les outils du Web 2.0.

Le wiki figure aussi en bonne place parmi les outils à intégrer aux cours d'histoire. Site web à vocation collaborative, les contenus d'un wiki sont modifiables par tout ou partie de ses visiteurs. De ce fait, il est l'outil approprié pour les travaux de groupe.

Certains technopédagogues suggèrent que les travaux scolaires collaboratifs trouvent une place dans l'encyclopédie libre Wikipédia. Une démarche dont l'avantage serait de conférer une plus grande visibilité à ces travaux et partant de stimuler les apprenants.

Il n'en demeure pas moins vrai que les usages pédagogiques de Wikipédia soulèvent des questions auxquelles il faudra bien répondre avant de se lancer.

L'exemple de Lyonel Kaufmann

Lyonel Kaufmann apporte la preuve par l'exemple de l'enseignement de l'histoire 2.0 à travers son site en trois parties :

  • Un blogue régulièrement alimenté où il publie l'actualité de l'histoire, ses réflexions, ses compte-rendus de lectures, ses découvertes...
  • Les cours constituent la deuxième partie de ce site. On y trouve les supports de cours ainsi que des documents d'accompagnement à télécharger et des liens utiles. Un espace "Sessions 2.0" est aménagé dans cette partie pour accueillir les cours synchrones.
  • Les dossiers "Film et Histoire" et "Médias et Technologies".

Ce site encourage l'interaction des visiteurs et répond aux quatre principes énoncés par Kaufmann lui-même à propos des sites pédagogiques Web 2.0 :

  1. le site ne doit pas être un jardin secret, c’est-à-dire qu’il doit être aisé de faire rentrer ou sortir des informations du système ;
  2. l’utilisateur doit rester propriétaire de ses propres données ;
  3. le site doit être entièrement utilisable à travers un navigateur standard ;
  4. le site doit présenter des aspects de réseaux sociaux.

Lyonel Kaufmann poursuit sans relâche son analyse de l'utilisaiton des outils du Web 2.0 pour l'enseignelent de l'histoire et a désormais acès à d'autres plateformes de publication. Il est par exemple collaborateur régulier du Café Pédagogique.

Un bel exemple à imiter quand on veut enseigner autrement en s'appuyant sur le potentiel des nouvelles technologies, du Web 2.0 en l'occurrence. Le mot de la fin sera à Kaufmann qui conclut son billet en ces termes : « Moins que jamais l’utilisation des médias et technologies en classe se heurte à des difficultés techniques problématiques ou insurmontables. Plus que jamais la balle est entre les mains des enseignant-e-s. »

Poster un commentaire

Commentaires

0 commentaire