Par Om El Khir Missaoui  | ok.missaoui@cursus.edu

Les fablabs dans les pays en développement

Créé le mardi 1 mai 2012  |  Mise à jour le mardi 1 mai 2012

Les fablabs dans les pays en développement

Contraction de [fabrication]+[laboratory], le concept de “FabLab” a été inventé au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology) par le chercheur Neil Gershenfeld dès le milieu des années 90. Un fablab est un espace ouvert dédié à la fabrication numérique et censé permettre à quiconque de concrétiser un prototype modélisé sur un ordinateur : travail de CAO avec production d'un modèle numérique en 2 ou 3 dimensions qui servira de base à des machines de prototypage (Imprimante, fraiseuse numérique, etc.) souvent acquises à bas prix et qui fabriqueront les pièces de l’objet.

 

Un réseau mondial

Les ateliers de production ne sont pas seulement des  lieux occupés par des logiciels et des machines mais ils prennent leur importance dans les échanges au sein d'une même équipe et entre équipes disséminées à travers le monde, de Boston jusqu’en Afghanistan. L'évolution du concept  comme celui du web participatif, obéit à la dialectique du général et du particulier où l'individu et le groupe exercent leur génie créateur par la capitalisation et l'interaction. Que l'on oeuvre dans un atelier de fortune ou sur un campus universitaire, on fait partie d'un réseau d'inventeurs connectés à haut débit, qui échangent leurs idées, productions, savoir faire et se conforment en cela à une charte qui garantit la conformité aux règles d'éthique. Plusieurs pays en développement se saisissent de ce concept qui a déjà fait ses preuves dans la résolution de problèmes locaux (conception de pièces de rechange par exemple).

Au-delà de la fascination et de l'engouement pour les fablabs, quels sont les enjeux pour échapper au dictat des grands fabricants et trouver des solutions inédites et originales ? A Dakar, un projet d'accompagnement à la création d'un fablab mène une réflexion en amont pour poser les jalons d’une démarche qui inscrit un atelier pareil dans les réalités socio-économiques et culturelles du pays. Quels usages ? Quelles contraintes ? Quel modèle de fonctionnement ? Une réflexion qui vise à prendre en compte l’écosystème dans lequel s’insère un fablab, afin d’anticiper son potentiel dans le contexte en question.

 

Des usages et des productions adaptés aux réalités locales

Dans un article intitulé les fablabs, publié sur le blog du Jokko fablab et qui participe à la réflexion exploratoire menée dans le projet, les caractéristiques de ces ateliers sont présentées et illustrées avec force schémas très instructifs. Le concept de réseau labellisé par le MIT, et dédié à l’innovation ouverte n'occulte pas les spécificités de chaque fablab : les “FabLabs” peuvent avoir un impact culturel, économique, et social très fort. Ils prennent donc des formes très différentes, allant de l’atelier expérimental et pédagogique (arts numériques / design) au laboratoire d’innovation technologique (développement de prototypes / incubateur d’idées nouvelles), en passant par la cellule de crise dans des territoires confrontés à des problèmes concrets.

Plusieurs usages sont promus qui peuvent transformer le lieu tour à tour ou simultanément en un lieu d'apprentissage et de formation, un lieu pour répondre à un problème local, un lieu pour échanger et concrétiser un projet, une plateforme d'innovation sociale, numérique et économique.

En conclusion, disons qu'ouvrir un lieu à tous ceux qui veulent s'essayer à la fabrication est une voie intéressante pour libérer la créativité car on ne sait jamais quelle est la tendance qui persistera réellement. Mais la suite, à savoir l'accompagnement et la recherche des pistes concrètes pour l'avenir sera certainement une voie qui assurera le traitement de problèmes locaux et finalisera les efforts des créateurs.


Les FabLabs - Jokkofablabs

 

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