Par Christine Vaufrey  | redaction@cursus.edu

Dossier sur le plagiat à l'école

Créé le lundi 8 octobre 2012  |  Mise à jour le lundi 8 octobre 2012

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Dossier sur le plagiat à l'école

La presse grand public et éducative parle beaucoup du plagiat universitaire et dans le monde artistique, à cause des implications de cette pratique sur l'avenir de ceux qui l'adoptent, et parce que le plagiat à grande échelle met en cause la crédibilité de l'institution universitaire.

En revanche, on parle beaucoup moins des pratiques de plagiait dans le cadre scolaire. Certes, un élève de 14 ans qui copie-colle dans son devoir un morceau de texte trouvé sur Internet ne met pas en péril la recherche au niveau mondial, mais s'il pratique systématiquement le copié-collé pendant sa scolarité, comment peut-on espérer qu'il arrête brutalement en entrant à l'université ?

Le dossir consacré au plagiat à l'école élaboré par Dora Dussurgey, professeure-documentaliste au collège Mario Meunier de Montbrison, et disponible sur le site Savoirs CDI, a le mérite d'indiquer les réalités qui se cachent derrière le terme "plagiat" chez les élèves du secondaire, de la 6e (premire secondaire) à la terminale (7e secondaire). 

Ces réalités sont très diverses, et dépendent en grande partie de l'âge des élèves. Une enquête menée dans le collège où travaille Mmr Dussurgey montre en effet que 8 élèves de 6e sur 10 ont déjà rendu un devoir contenant du copié-collé, pensant tout simplement qu'ils en avaient le droit ! A la fin du cycle secondaire, 5 élèves de terminale sur 10 reconnaissent user eux aussi du copié-collé mais parmi ceux-ci, plus de 6 sur 10 savent que ce qu'ils font s'appelle du plagiat. 28,6 % des jeunes élèves de 6e disent également avoir déjà rendu un devoir entièrement copié-collé; ils ne sont plus que 3 % dans ce cas en terminale. En explication à cet écart, Mme Dussurgey avance que les élèves de 6e sont beaucoup plus immergés dans les TIC que ne l'étaient leurs aînés à leur âge, et qu'ils ont donc pris très jeunes de mauvaises habitudes; ou que les grands n'osent pas avouer leurs pratiques effectives... Et elle alerte ses collègues enseignants sur l'ampleur que risque de prendre le phénomène du plagiat, si les élèves de 6e ne modifient pas leurs pratiques au fil du temps.

Alors, comment faire ? Priorité est donnée à la formation des élèves. Après avoir mentionné les logiciels anti-plagiat et une publication sur le sujet bien adaptée aux jeunes, Mme Dussurgey insiste sur le fait que les élèves doivent citer les auteurs et apprendre à rédiger les références bibliographiques des textes qu'ils utilisent. Vaste entreprise, qui devrait également toucher les enseignants... Car on voit tous les jours, sur les documents remis aux élèves, des reproductions de photographies sans mention de leur auteur, des textes hâtivement cités, et certainement pas en appliquant les standards de la citation bibliographique. Or, quel élève fera un effort pour citer correctement ses références, s'il constate que son professeur ne le fait pas ? 

Il faudrait aussi que les enseignants soient plus vigilants face au plagiait. Cette semaine, nous avons eu connaissance du cas de deux étudiants suivant des études artistiques qui avaient pillé les portfolios en ligne de photographes professionnels et avaient fait passer les photos pour leurs propres travaux. Le croirez-vous ? Ce sont d'autres élèves qui ont soupçonné le plagiat, trouvant que leurs camarades avaient vraiment beaucoup progressé en quelques mois. Les jeunes plagieurs ne se sont d'ailleurs pas fait priés pour avouer leur emprunt, en privé. Les enseignants, eux, ont trouvé que les travaux étaient remarquables et témoignaient d'une grande maturité. 

Le plagiat à l'école. Dossier de Dora Dussurgey corordonné par le CRDP de Lyon, sur le site Savoirs CDI, juin 2012. 

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