Par Francine Clément  | f.clement@cursus.edu

Ressources, productions et FOAD : les différences

Créé le mardi 9 octobre 2012  |  Mise à jour le mardi 9 octobre 2012

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Ressources, productions et FOAD : les différences Photographie par Olga Díez (Caliope) via Foter

Ressources éducatives, alpha et oméga du numérique à l’école ?  est un texte d'une douzaine de pages à consulter en format pdf. Dans cette revue critique des concepts liés aux ressources numériques dans leurs diverses formes et leurs usages, Gérard Puimatto, du Centre régional de la Documentation pédagogique (CRDP) de l'Académie d'Aix-Marseille, propose un modèle visant à donner des repères afin de "mieux  s'orienter dans cet univers de ressources qui se recompose".  Pour comprendre ce que sont une ressource ou un dépôt de ressources et pour distinguer ces deux objets d'un parcours de formation à distance, la lecture de cet article qui vise à cerner le vocabulaire et les concepts liés aux ressources à l'ère du numérique s'avère fort utile. 

En effet, il est très intéressant d'y retrouver, sous forme de listes et de définitions, les types de ressources, leurs fonctions et leurs qualités. On a droit au point de vue éclairé et nuancé d'un chercheur en sciences de l'information, qui met de l'ordre dans ce que l'on connaît -ou croit connaître- des ressources. Comme professeurs spécialistes d'une discipline ou d'une autre, on les connaît par l'expérience pratique mais on est peu habitués à les aborder avec le recul qui caractérise l'article de Puimatto.

La ressource comme contenant et la nature du contenu

L'auteur nous rappelle d'abord la définition du terme : la ressource est avant tout un objet servant à résoudre un problème, de faire face à une situation. Les ressources numériques pour l'éducation sont composées de documents numériques, par exemple, ou de bases de données, ces dernières servant à donner une forme aux connaissances dans des systèmes documentaires.

Le contenu, la nature des ressources

L'article donne par la suite une définition de ce qui peut constituer le contenu de ces ressources dans une institution d'enseignement.  Ce sont, premièrement, des documents numériques et des "signets documentés" que l'on est habitués de retrouver bien organisés dans les catalogues des centres de documentation. Sur les serveurs locaux, on retrouve un deuxième type de contenu :  des productions individuelles destinées à des sous-groupes précis ou à des personnes (professeurs, étudiants) au sein de l'institution, ou des productions plus largement diffusées dans les réseaux de l'établissement.

Les ressources méthodologiques (ou environnementales) en sont un autre type : documents sur les règlements, ou documents usuels comme des dictionnaires ou des documents spécialisés dans une discipline. Les manuels numériques et les documents multimédias interactifs destinés à l'enseignement en sont encore un autre genre.

Puimatto cite les résultats de travaux de recherche menés autour du concept de ressource en éducation,  lesquels permettent de préciser ce qu'est une ressource et ce qui la distingue d'une simple production dans une institution d'enseignement.

Les travaux autour du bureau virtuel Numa ont permis d'élaborer une typologie des documents de production locale ; les ressources peuvent exposer simplement des contenus (ressources expositives) ou solliciter une action de l'apprenant, par exemple par des questionnaires autocorrectifs (ressources actives). Elles peuvent être des simulations (images de synthèse, animations), des  vidéos, des dossiers documentaires,  à enrichir, éventuellement, par les intervenants,  des  moteurs de recherche ou jeux sérieux de découvertes ou de rôles (agents intelligents), des banque d'images, de sons, des articles de journaux, des sites internet (ressources authentiques dont l'objectif premier n'est pas didactique) ou des ressources didactiques proprement dites, par exemple des exercices.

Fonctions des ressources numériques en enseignement

À quoi servent ces ressources numériques éducatives ? L'article de Puimatto met en lumière et précise, toujours grâce aux travaux de recherche sur Numa, les différentes fonctions des ressources en enseignement.  Elles pourront avoir un rôle inductif, c'est-à-dire qu'on s'en servira pour lancer des pistes de recherche ou comme base à la réflexion sur un thème donné.  Elles pourront revêtir une forme dynamique (schémas, animations) et offrir un support de raisonnement pour faire comprendre des notions complexes. Les ressources pourront tout simplement servir d'illustration à un contenu théorique, ou de composante d'une production. La ressource pourra tenir un rôle d'évaluation, par exemple sous forme d'exercices, ou de guide (plan de travail), de repère (résumés de leçons, de ressources aidant à la compréhension de notions présentant des défis). La ressource pourra également avoir pour fonction d'encadrer le travail de l'étudiant par un code de conduite.

Finalement, Puimatto décrit le rôle d'injonction de la ressource en enseignement. C'est la consigne, qui peut comprendre les autres fonctions déjà mentionnées et, souligne t-il, la séquence dans laquelle utiliser les ressources. Le modèle SCORM (en gros, des ressources jumelées à des modes d'utilisation de ces ressources), format standard fort utilisé en formation à distance, est mentionné dans le texte et on souligne le caractère plus complexe de cette fonction :

Une telle démarche d’inscription d’un ensemble organisé de ressources dans un scénario, avec description normalisée des composants, est une opération lourde.

C'est sans doute dans cette fonction d'injonction, plus complexe, qu'on s'éloigne de la ressource comme telle pour se rapprocher de la notion de formation à distance, où non seulement on met à disposition des ressources et des contenus mais où ceux-ci sont séquencés et organisés en vue de l'apprentissage.

D'autre part, Puimatto apporte des précisions à la forme de diffusion actuelle des ressources numériques,  en réseau.  L'auteur souligne très clairement ce qui caractérise la transmission par Internet :  celle-ci se réalise sans dégradation (l'auteur ne mentionne cependant pas les modifications aux documents qui peuvent survenir selon le système d'exploitation utilisé pour les consulter). La diffusion actuelle en réseau permet également de transmettre davantage d'informations grâce à la compression des données qui sont par ailleurs diffusées de manière instantanée. L'auteur souligne aussi le caractère multimédia des données transmises : images, sons, textes dont il distingue deux genres présents sur Internet : le livre numérique et l'hypertexte des sites web. L'auteur apporte une dernière précision quant à la nature de la transmission des ressources : elle favorise la collaboration.

De production à ressource

L'article rapporte les travaux du projet Normetic  qui a défini les critères selon lesquels on peut parler de ressource plutôt que de production :  la ressource sera accessible, durable -malgré l'évolution technologique-, pourra être utilisée d'une organisation à une autre (interopérabilité), sera pertinente d'un point de vue pédagogique et favorisera la collaboration. On en reconnaîtra facilement la propriété intellectuelle et elle pourra être réutilisée.

L'article pousse encore plus loin l'analyse en se référant aux qualificatifs associés au terme de ressource. Par ressource libre, on entend qu'on en cède certains droits, sous réserve de citer l'auteur, tel que le permettent les licences Creative Commons, qui encadre d'autres droits, optionnels, comme par exemple  celui de reproduire la ressource en tout ou en partie.

On parle aussi de ressource à éditer. Le texte oppose la notion d'auteur à celui d'éditeur, soulignant la différence entre les sites personnels, où l'auteur se confond avec l'éditeur, et les sites où on retrouve un tiers éditeur (organisme, institution) qui prend la responsabilité éditoriale des ressources. Et Puimatto souligne avec justesse la frontière parfois floue entre la responsabilité de l'hébergeur et celle de l'éditeur.

Ressources à valider

L'article mentionne finalement la qualité de la ressource, toujours  à valider, cette validation pouvant d'abord se réaliser par des autorités pédagogiques institutionnelles,  par des groupes de pairs (sur les sites de partage de ressources entre enseignants) ou par des éditeurs responsables de la qualité des contenus qu'ils diffusent ; mais quel que soit le mode de validation de la ressource numérique pédagogique, écrit Puimatto, la responsabilité dernière de la validation reviendra  à l'enseignant.                 

LIENS  

Ressources éducatives, alpha et oméga du numérique à l’école ? Article de Gérard Puimatto, mai 2012 : http://eprofsdocs.crdp-aix-marseille.fr/Ressources-educatives-alpha-et.html

Centre régional de documentation pégagogique Académie Aix-Marseille : http://www.cndp.fr/crdp-aix-marseille/

e-ProfsDocs : http://eprofsdocs.crdp-aix-marseille.fr/

Normetic  :  http://www.normetic.org/              

Licences Creative Commons : http://creativecommons.org

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