Par Denys Lamontagne  | direction@cursus.edu

L’apprentissage inversé vite dépassé, où quand le flip se transforme en envolée

Créé le vendredi 2 novembre 2012  |  Mise à jour le jeudi 6 décembre 2012

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L’apprentissage inversé vite dépassé, où quand le flip se transforme en envolée

Shelley Wright est une enseignante au secondaire à Moose Jaw en Saskatchewan. Il y a plus d’un an elle a décidé avec ses étudiants d’expérimenter l’apprentissage inversé (flipped learning). C’est à dire que les devoirs sont fait en classe et les «enseignements» sont fait par vidéo à l’extérieur de la classe.

Comme certains de ses étudiants visionnaient et revisionnaient déjà des vidéos, ils n’ont pas été trop difficiles à convaincre. Il ne s’agissait pas de tout faire passer par vidéo, mais bien de s’en servir stratégiquement et de faire les choses autrement.

Autonomie

Ce qui s’est passé est que rapidement les étudiants ont commencé à faire leurs propres recherches et à en faire beaucoup, à parfois s’enseigner entre eux. Parfois ils ont créé leurs propres projets à partir de ce qu’ils ont appris.  Au final, leur apprentissage avait un but apparent pour eux, au delà que de simplement passer un examen.

Le nouveau rôle du professeur a été de leur apprendre à apprendre, à développer leurs habiletés de recherche, d’évaluation et de collaboration, à réfléchir sur leur raisonnements et en même temps à partager son expérience d’apprentissage.

Puis le «renversement» s’est fragmenté

En fait les étudiants ont trouvé qu’ils n’avaient pas vraiment besoin de leur professeur pour trouver ou produire des vidéos; ils pouvaient trouver eux-même leurs propres ressources et se les partager. Cette capacité est apparemment bien plus valable que de simplement suivre les instructions du professeur.

Cela a pris presque un an au professeur pour se rendre compte que le «flip» était disparu de sa classe : tout se produisait en classe.  Ceci était encouragé d’autant plus que l’idée des tâches à la maison déplaisait au professeur (les recherches démontrent l’impact quasi nul des devoirs à la maison) et que de regarder des vidéos demeurait une activité passive.

Ne pensez pas que Mme Wright est dans une super école technologique : elle utilise ce à quoi ses étudiants ont accès : deux iPads, quelques ordinateurs et les téléphones portables de ses étudiants. Ceux qui avaient des appareils les partageaient au besoin avec ceux qui n’en avaient pas.

Une question de contrôle

L’«enseignement inversé» donne un peu plus de contrôle aux étudiants sur le déroulement de l’enseignement; mais on peut remettre bien plus de contrôle aux étudiants .

Mme Wright fonctionne ainsi : à partir du curriculum, les étudiants peuvent voir ce que sont les objectifs et les résultats attendus, ce qu’il y a à apprendre. Ensuite les questions qui se posent sont comment y parvenir et comment démontrer qu’ils y sont parvenus. De là ils s’entendent avec leur professeur et mettent en application leur plan.  Leur capacité à se mettre en route, à se diriger, à choisir, à critiquer et à achever leur démarche est bien plus importante que celle d’absorber du contenu. Et finalement, ils en absorbent bien plus.

Ceci résulte en des étudiants qui s’ajustent à leurs besoins, en font plus s’ils ont besoin d’en faire plus, choisissent leur ressources, y compris de bons vieux livres, vont à leur propre rythme, échangent souvent avec leurs compagnons et leur professeur; celui-ci peut aider personnellement ceux qui en ont besoin.

Pour la première fois, aucun étudiant n’a été «laissé pour compte», ce qui est en soi une victoire dans un domaine aussi peu évident que la Stoechiométrie (dosage des réactions chimiques), une des matières au programme.

«Quand les étudiants contrôlent leur apprentissage, alors des choses authentiques et significatives se produisent dans une classe. Ça n’a rien à voir avec les vidéos ou les devoirs ou la plus récente mode en éducation. Ça a tout à voir avec qui détient la responsabilité de l’apprentissage»


Pour l'article intégral : The Flip: End of a Love Affair


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