Par Christine Vaufrey  | redaction@cursus.edu

Pour une reconnaissance des acteurs éducatifs hors de l'école

Créé le lundi 11 février 2013  |  Mise à jour le lundi 11 février 2013

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Pour une reconnaissance des acteurs éducatifs hors de l'école

En janvier 2013, l'IFÉ (Institut français de l'éducation) a publié un dossier d'actualité, veille et analyse intitulé "Aux frontières de l'école ou la pluralité des temsp éducatifs". Ce dossier a été rédigé par Marie Gaussel.

L'école, une institution intouchable

 

Bien que la moitié environ des Français affirment que l'éducation des enfants doive être assumée par différents acteurs (familles et école, mais aussi associations, services municipaux, acteurs culturels et sportifs...), l'école apparaît toujours comme son acteur majeur, celui qui focalise toutes les attentions, tant de la part des pouvoirs publics que des familles. Réussir à l'école est considéré comme un impératif justifiant tous les sacrifices et tous les excès. Toute ambition de réformer l'école fait en France l'objet de débats publics sans fin, et la mobilisation des personnels éducatifs est l'une de celle qui connaît le plus de soutien de la part du corps social, même lorsqu'elle entre de plein fouet en contradiction avec les aspirations au changement de ce dernier.

L'école publique et obigatoire a en effet une place à part, dans tous les pays où elle existe. Citant différents auteurs, Marie Gaussel en rappelle la forme canonique : un espace (la classe), une temporalité propre, des activités exclusivement dédiées aux apprentissages, une hiérarchie stricte des savoirs, des critères propres d'évaluation tant de son fonctionnement que de la réussite des élèves, le tout animé par un corps professionnel spécialisé. Il s'agit en somme d'un état dans l'état, régi par ses propres règles. Comme le disent Maulini et Perrenoud cités dans le dossier, "La clôture du monde scolaire évoque celle du cloître". 

Tous au service de la réussite scolaire

 

Pourtant, l'école ne peut rester hermétique au monde extérieur. Ne serait-ce que parce que ce qui s'y passe influe fortement sur les performances des enfants qui lui sont confiés. De plus en plus, il faut soutenir, étayer, consolider l'action de l'école pour voir ses enfants y réussir. C'est le rôle de tous les acteurs périscolaires, extrascolaires et parascolaires. Et la puisance publique française depuis une trentaine d'années semble n'avoir en la matière qu'une seule préoccupation : mettre de la cohérence dans toutes ces actions, de manière à orienter la dynamique globale dans une seule direction : la réussite scolaire. 

Le dossier s'attarde longuement sur les nombreux dispositifs qui, en France, ont tenté d'assurer cette cohérence globale. Il décrit ensuite la stratégie qui a été adoptée dans plusieurs autres pays : plutôt que d'orienter l'action de tous les acteurs vers la réussite scolaire, on peut à l'inverse ouvrir l'école au monde, en faire un acteur parmi d'autres, au service de la communauté tout entière. Des initiatives allant dans ce sens existent depuis longtemps aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, en Espagne, en Irlande. En Norvège, dès l'enfance on valorise les compétences acquises hors de l'école, dans une démarche qui n'est pas sans rappeler la Valorisation des Acquis de l'Expérience (VAE) mise en place pour les adultes en France.

L'indispensable reconnaissance des autres acteurs éducatifs

 

Après avoir mentionné la nécessité d'évaluer les dispositifs proposés aux jeunes hors de l'école, le dossier s'achève sur un constat qui ne doit pas passer inaperçu : "La forme scolaire est fondée sur une conception du travail radicalement différente des qualités qui sont récompensées aujourd'hui dans la société. La personnalité, les initiatives, l'originalité ou la créativité représentent des qualités bien trop individuelles pour pouvoir être reconnues par l'institution scolaire". Il revient alors aux acteurs hors de l'école d'assurer l'éducation en ce sens. Ils le font déjà. Ils ne leur manque qu'une reconnaissance à la mesure de l'importance de leur mission.

 

Marie Gaussel (2013).« Aux frontières de l’École ou la pluralité des temps éducatifs ». Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°81, janvier. En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=81&lang=fr

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