Par Denys Lamontagne  | direction@cursus.edu

L’apprentissage par définitions : méthode, exemples et usages

Créé le mardi 23 avril 2013  |  Mise à jour le mardi 23 avril 2013

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L’apprentissage par définitions : méthode, exemples et usages

L’apprentissage par définitions est une méthode quasi universelle d’auto-apprentissage que tous peuvent utiliser dans tous les domaines. Je n’ai jamais rencontré de restrictions à son utilisation. Elle mène tous et chacun à une compréhension assez complète, à son niveau, à son rythme ou au rythme de groupe qui l’emploie. Avec Internet. elle est plus facile que jamais à appliquer.

L’apprentissage par définitions consiste :

1- À obtenir quelques références clés d’un domaine, ce peut être un texte fondateur, un manuel ou un article spécialisé; une personne curieuse peut prendre simplement un mot. Qu’elle le comprenne ou pas est sans importance.

2- De là, on circonscrit sommairement les limites du contexte du mot; par exemple si on sait que ça concerne la biochimie, on n’ira pas au delà de l’interface entre la biochimie et la chimie ou entre le biochimie et la biologie. On restera dans le champ de la biochimie.

Ces deux étapes prennent moins de deux minutes. Les suivantes peuvent prendre des heures, mais ce n’est vraiment pas du travail perdu.  Ça peut aussi se faire en groupe; ça va plus vite et les débats qui apparaissent stimulent de véritables apprentissages.

3- À partir des références, on prend un mot significatif du domaine et on obtient sa définition complète, qui s’applique au contexte, et son étymologie. Le choix du mot est plus ou moins important. Il est évidemment plus intéressant de prendre un mot juteux. On l’écrit sur un support indépendant ou effaçable quelconque, papier, tableau ou case virtuelle mobile.

4- Ensuite on prend chacun des mots de la définition, à part les mots de liaison, et on obtient leurs définitions et leur étymologie que l’on écrit chacun sur un support indépendant. On les place et les déplace et les regroupe en fonction de leur liens, comme il vous plaît.

Deux exemples animés sont présentés plus bas dans cet article.

Au début, il y aura plusieurs mots non-définis dans la définition de chacun des sous-mots et aucune des définitions ne sera complétée.

5 - On continue de descendre à chaque nouveau concept rencontré ainsi de niveau en niveau. Il est courant de se maintenir longtemps entre le cinquième et le septième niveau. Puis graduellement, les mots définis précédemment se rencontreront de plus en plus souvent dans les nouvelles définitions et permettent de passer aux mots suivants d’une définition de plus en plus rapidement et de remonter jusqu’aux mots de la définition du premier mot.

Quand tous les mots de la première définition sont complétés en détail, avec les définitions des mots de toutes les définitions des mots de toutes les définitions.... vous aurez obtenu non seulement une compréhension claire du premier concept, mais aussi de toutes ses relations dans un domaine.  

L’effet en est radical : la personne ou le groupe qui utilise cette méthode sait intimement de quoi il est question car elle aura réellement intégré et compris ce sur quoi on s’entend dans ce domaine. Quand elle en parle ou qu’on lui en parle, elle comprend et on la comprend sans effort.

Une définition complète.

Une bonne définition comprend à la fois «être, faire et avoir». Ce que c’est, ce que ça fait, où ça s’applique. Il faut souvent obtenir plusieurs définitions de sources différentes ainsi que des images ou des exemples pour en arriver à saisir l’essence du mot dans le contexte qui nous intéresse. Par exemple :

«Onomatopée : création de mot par imitation phonétique. Glouglou, crac, coucou... Étym : onoma - mot ; poiein - faire»

On sait ainsi ce que c'est, une création de mot; comment on la fait, par imitation, et des exemples.

Voici deux exemples concrets sur Prezi de cette méthode appliquée sommairement.

Mot : «Peptide»



Mot : «Didactique»


On peut l’appliquer à n’importe quoi, de la plomberie à la médecine en passant par la sociologie.

Il arrive qu’on ait besoin de prendre d'autres mots dans la référence de départ pour compléter un tableau de domaine. Assez tôt vous trouverez la connexion pour les intégrer dans votre premier tableau.

Avec un peu de pratique, on apprend à réduire ou enrichir les définitions selon la portée de l’étude ou le niveau des apprenants.

Limite

Il arrive aussi que des définitions de mots dans des définitions débordent du contexte ou du domaine de départ. C’est le signe que vous arrivez à une interface. Vous définissez le mot mais vous n’allez pas au delà. C’est la limite, que vous déciderez peut-être de franchir, mais seulement une fois que le mot de départ est bien complété... si vous en avez envie; sinon vous ne terminerez jamais la définition du premier mot et il faut compléter les définitions avant de partir dans un autre contexte.

Un processus d’apprentissage connectif

À la fin, on obtient un tableau, que vous arrangez à votre goût, des mots du domaine dans un contexte et de leurs relations avec les autres. Mais plus que le tableau, c’est le processus de connexion et les discussions qu’il génère qui sont importants.

Ce travail est parfois laborieux car comprendre réellement les concepts que quelqu’un essaie de communiquer demande d’aller puiser non seulement dans les dictionnaires et encyclopédies mais aussi dans toutes sortes de références et de confronter plusieurs définitions parfois antagonistes.  Seulement regarder le travail d’un autre n’est pas aussi efficace que de le faire soi-même et de l’organiser.

À partir de là l’acteur prend conscience des accords consensuels, des limites, des zones de flou, des débats et aussi à quel point les pionniers d’un domaine on pu tâtonner.  Le première fois où je suis tombé sur le mot «phlogistine» j’ai compris que la chimie était partie de loin mais qu’on a su poser de bonnes questions et que la «phlogistine» était une étape nécessaire.

À qui ça s’applique ?

J’utilise cette méthode dans à peu près tous les domaines que j’aborde, des plus simples aux plus compliqués.

J’ai utilisé cette méthode avec des personnes dans une langue seconde mal maîtrisée, avec des enfants, avec des adultes en difficulté et toujours avec bonheur. Parfois l’effet est littéralement magique, quand vous voyez l’intérêt, l’intelligence et le discernement réapparaître dans les yeux d’une personne là où auparavant il n’y avait qu’ennui et brouillard.

Plus loin encore

Je m’intéresse aux phénomènes et aux concepts depuis mon plus jeune âge, c’est un intérêt que l’on dirait «inné». Je me suis demandé si on pouvait appliquer cette méthode à la physique quantique.

«Ouch !» direz-vous, ce domaine est considéré comme étant particulièrement abstrait et ce qu’on y traite souvent ne possède même pas de définition ou des définitions pour le moins nébuleuses comme celle de la «matière noire».  Sans compter les termes techniques et noms propres considérés comme des concepts riches : un «hamiltonien», un «lagrangien», un «boson» ou encore un effet «tcherenkov», etc. n’ont qu’une étymologie liée à des personnalités. Il y en existe plusieurs dizaines comme ça. Le «Higgs» a fait les manchettes un bonne partie de 2012.

En conséquence, la plupart des gens regardent la physique quantique de loin et la considèrent au delà de leur compréhension pour l’essentiel.

Quel beau cas pour tester cette méthode !

En y regardant de plus près, on se demande quel pouvait être la première chose qui pouvait être connue ou apprise. Ce qui nous donnerait la première définition, celle qui sert de base aux autres. La première chose à exister et la première définition sont nécessairement la même chose : c’est dans le domaine de la physique quantique.

En quelques années j’ai élaboré un système de référence en physique quantique qui la rend accessible à presque tous. Pas d’équations ou presque, des modèles et des tableaux en constituent l’essentiel.  Le résultat est renversant, dans tous les sens du terme.

C’est la méthode d’apprentissage par définitions appliquée à l’envers et ça mène à plus de compréhension.

Tableau de Mendeleev, 1869Ce n’est assurément pas parfait, mais ceux qui ont déjà vu les premiers tableaux périodiques des éléments de Mendeleev admettront qu’il n’était pas parfait non plus, mais que c’était bien la bonne idée.

Je peut paraître tout sauf objectif en présentant ceci, peut-être, mais je suis assez sur de ce qui est présenté.

Officiellement depuis le 23 avril 2013, «Duonique - Représentation analogique des quantas / Dynamique des relations énergétiques / Création de l’inertie» est en accès libre et gratuit.

Je serai très heureux de lire et de répondre à vos commentaires sur le site. Et j’espère aussi vous faire apprécier la méthode d’apprentissage par définitions dans votre pratique d’enseignant et dans votre quotidien.

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