Par Francine Clément  | f.clement@cursus.edu

Création de la bibliothèque numérique des Etats-Unis

Créé le mardi 30 avril 2013  |  Mise à jour le mardi 30 avril 2013

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Création de la bibliothèque numérique des Etats-Unis

Lancée le 18 avril dernier, la Digital Public Library of America est une plateforme où sont accessibles d'innombrables ressources numérisées par les universités, les bibliothèques publiques et  d'autres organisations américaines. On y retrouve un accès vers des millions de livres, d'images, de documents historiques, de manuscrits et de documents audiovisuels,  des centaines de collections qui composent l'héritage culturel numérisé de la société américaine  et qui y donne un accès unique, d'une manière cohérente.

Deux années de préparation, entamées à Cambridge et poursuivies à l'université Harvard, au Berkman Center for Internet & Society, ont été nécessaires pour jeter les bases de la DPLA et la fabriquer : an open, distributed network of comprehensive online resources that would draw on the nation’s living heritage from libraries, universities, archives, and museums. Des comités composés de centaines de bénévoles, bibliothécaires, spécialistes de l'éducation, de la numérisation ou des questions légales ont réalisé ce travail collaboratif lors d'ateliers et de conférences . Les compte-rendus de ces rencontres de planification de la DPLA, qui a maintenant son directeur, un conseil d'administration, du personnel et des comités d'experts bénévoles,  sont tous disponibles en ligne sous forme de documents pdf placés sous license cc à la page Historical Materials. La DPLA est subventionnée par des organisations gouvernementales et privées ; une page "Get Involved" donne des informations sur les différents moyens d'aider la DPLA dans son projet, comme individu ou comme organisation. On y lance notamment un appel à contribution photographique, le DPLA Photobooth.

Code ouvert et développement d'applications

Le code de l'API (interface de programmation)de la DPLA est accessible ; on y donne accès en espérant que des développeurs s'en servent pour créer des applications qui permettront, par exemple,  de visualiser les données d'une façon innovante. Six applications sont déjà disponibles dans la App Library et permettent d'explorer les collections de la DPLA de nouvelle manière. L'une d'elles offre la possibilité de chercher à la fois sur les portails de la DPLA et d'Europeana. Cette application innovante laisse peut-être entrevoir le futur de la diffusion virtuelle du patrimoine : des portails (un portail ?) qui font l'agrégation de nombreuses collections, grâce auxquels on peut avoir accès à toutes les données et métadonnées numériques sur un objet ou un sujet. On pourrait penser, par exemple, à un accès central à toutes les numérisations d'oeuvres  créées par un même artiste, aux informations s'y rapportant, quelque soient les divers organismes publics (et privés) internationaux qui en sont propriétaires et qui en assurent la sauvegarde.

Qui sont les contributeurs à la DPLA ?

Les partners sont de deux types : les "Service Hubs" sont des bibliothèques numériques régionales ou d'état qui rassemblent en un seul point d'accès des données numériques en provenance des bibliothèques, archives, musées et autres organismes consacrés à la sauvegarde du patrimoine d'une région et qui offrent à ces derniers des services de numérisation, qui définissent des normes de numérisation, qui mettent à leur disposition de l'espace de stockage, etc. On retrouve par exemple, parmi ces Service Hubs, la South Carolina Digital Library et la Minnesota Dgital Library. Il y en a six actuellement, sur la quarantaine d'organismes régionaux existants avec qui la DPLA espère créer un réseau national. Le deuxième type de contributeur est le Content Hub, ceux-ci des grandes organisations de conservation et de diffusion du patrimoine sous forme numérique.  ARTstor, la bibliothèque de Harvard,  les Archives nationales, la New York Public Library, la Smithsonian en sont des exemples, chacune fournissant plus de 250 000 objets numériques  et leurs métadonnées sur le portail de la DPLA.

Recherche

L'accès au portail est public et gratuit, accessible à tout internaute intéressé. Il y a des options de recherche simples ou avancées, par sujet, par lieu géographique, par mot ou par date.  On peut cliquer sur une année de la ligne de temps, présente également sur chaque résultat de recherche (bouton View on Timeline). Ce faisant, on a aussi accès à d'autres objets numériques indexés à la même année. Les résultats de recherche s'affichent en liste avec une vignette et des informations de base ; on peut alors cliquer sur l'objet qui nous intéresse (bouton View Object) ce qui nous amène sur la page d'origine de l'objet chez l'organisme propriétaire, bibliothèque, musée, archive, etc. où on retrouve tous les détails disponibles sur cet objet. En se créant un compte, l'internaute a plus de possibilités : sauvegarder ses résultats de recherche ou la recherche elle-même, créer des listes d'objets et les partager avec d'autres.

La page d'accueil du site donne un aperçu des activités en ligne de la DPLA grâce, d'abord, à de belles grandes photographies qui forment un diaporama dynamique et qui laissent une grande place  à la zone de recherche, dont le titre, A Wealth of Knowledge, en lettres jaunes contrastées, se détache du fond noir en lettres bien voyantes. Les autres encadrés de la page d'accueil, sur sa droite, font elles aussi la part belle à la recherche et présentent des encadrés pour les diverses options de recherche : par expositions, par lieu géographique ou par date (sur la timeline). Les médias sociaux (widget Twitter et blog (News), icônes Facebook, etc.) et les applications mobiles ne sont pas en reste : la moitié inférieure de la page d'accueil leur est consacrée.

Le site a un petit look sérieux, un peu fade et pâlot ; le texte en noir sur blanc, comme dans un livre, offre cependant une très grande lisibilité.  Il y a de rares accents de couleurs (titres, lignes en oranger , en bleu, en gris) ; on ne peut pas dire que le design du site vole la vedette au contenu ; celui-ci conserve toute son importance, facilement repérable.

Expositions virtuelles

Une section du site propose des expositions virtuelles utilisant les ressources de la DPLA. Il y en a sept actuellement, notamment sur la Grande Dépression et le New Deal de Roosevelt, sur l'activisme aux États-Unis, sur la prohibition, etc. Chaque exposition est divisée en sous-thèmes, chacun présentant des textes illustrés de sept photos d'archives. On peut zoomer sur les photographies des objets et documents numérisés en haute résolution. On peut voir de petites détériorations sur certains d'entre eux (taches, lacunes), ce qui nous rappelle qu'on est bien en présence de numérisations de réels documents d'archives. Le fait qu'elles ne soient pas parfaites (ni parfaitement restaurées, ni photoshoppées à outrance) leur conserve un caractère réel.

Droits

Sur chaque résultat de recherche, sur chaque donnée numérique auquelle on accède, on trouve une mention sur les droits dont il faut s'enquérir auprès de l'institution d'origine, comme par exemple cette mention : This material may be protected by copyright. Permission required for use in any form. Please contact...)

Sur la page Terms of Service, on précise que les services offerts par la DPLA ne le sont pas pour la vente ou la location : You may not sell, rent, or otherwise offer the Services to others, without DPLA’s prior written consent. Quant au contenu téléchargé sur le site par les usagers (photos, applications), on en cède tous les droits à la DPLA qui le rend accessible à tous par une licence Creative Commons, comme tout son contenu (photographies, métadonnées, expositions)  : on a le droit de le reproduire et de le modifier, si on cite la source, mais pas de l'utiliser à des fins commerciales.

 

LIEN

Digital Public Library of America : http://dp.la/

Illustration : page d'accueil de la DPLA

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