Par Christine Vaufrey  | redaction@cursus.edu

Très chers MOOCs...

Créé le mardi 25 juin 2013  |  Mise à jour le mercredi 26 juin 2013

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Très chers MOOCs...

15, 50, 100 000 dollars ? Combien coûte un MOOC académique, exactement ? "Exactement" est peut-être un bien grand mot. Mais peut-on avoir une idée du prix des cours en ligne offerts gratuitement à des dizaines de milliers d'étudiants par les universités ?

Après un premier temps d'enthousiasme et de discours messianiques affirmant que la terre promise de l'accès universel et gratuit à l'enseignement supérieur était à portée de main, les universités commencent à faire leurs comptes, et les plus connues des plateformes de MOOC aussi. 

Des centaines d'heures de travail qu'il faudra bien rémunérer

 

Intéressons-nous d'abord aux universités : combien leur coûte la réalisation d'un MOOC ? Tout dépend bien entendu de ce que l'on intègre dans le budget. Faut-il par exemple compter le temps de travail du professeur, tant dans la conception que dans l'animation du cours, alors que l'énorme majorité des MOOCs a jusqu'à présent été réalisée par des enseignants volontaires, qui n'ont pas été payés pour cela ?

Bien sûr, que le coût de ce temps doit être pris en compte ! Car si l'on peut effectivement s'appuyer sur l'enthousiasme et la générosité des pionniers, il arrivera inévitablement un moment où les enseignants demanderont à ce que leur investissement dans les MOOCs soit rémunéré au même titre que les autres activités qu'ils exercent dans le cadre du contrat de travail qui les lie à l'établissement d'enseignement qui les emploie. Tout au plus peut-on espérer qu'avant que cette revendication soit satisfaite, des modèles économiques de rentabilisation des MOOCs auront émergé... Ce qui est loin d'être le cas. 

Une centaine d'heures de préparation : les différentes estimations se rejoignent sur cette stimation du temps à consacrer par l'enseignant à la préparation d'un MOOC académique. C'est effectivement le chiffre annoncé dans le supplément spécial MOOC de la revue d'actualité de l'EPFL

"Un mooc représente au minimum une bonne centaine d’heure de travail, de la conception à l’encadrement des étudiants pendant un semestre. «Une heure de vidéo représente au minimum 4 heures d’enregistrement en studio pour l’enseignant, en plus du temps de scénarisation et de préparation du matériel», explique Patrick Jermann, en charge de la production des cours online. Soit une quarantaine d’heures de studio pour un cours".

Notons que cette centaine d'heures est consacrée à la médiatisation du cours, et pas à sa conception intellectuelle, qui a été réalisée plus tôt. En effet, tous les cours qui ont été transformés en MOOC existaient préalablement et étaient distribués en présentiel. La centaine d'heures ne représente donc que le temps spécifiquement dédié à l'adaptation. 

Après le temps de la conception, vient le temps de l'animation. Les estimations du temps enseignant dévolu à cette tâche tournent autour de 8 à 10 heures par semaine. Le temps total dépendra évidemment du nombre de semaines de cours. Un cours de 12 semaines (un semestre universitaire) représente donc encore une centaine d'heures de travail.

Donc, nous sommes à 200 heures de temps enseignant pour la création d'un MOOC. Combien les enseignants sont-ils payés, dans votre université ? Faites vous-même le calcul, ajoutez l'ancienneté, la discipline, le statut... et estimez le montant de ce poste de dépense essentiel.

Essentiel, mais pas exclusif : à côté de l'enseignant, on trouve le personnel technique de soutien, de coordination et de production : au minimum, un mi-temps annuel, voire un temps complet si l'établissement s'est engagé dans la production systématique de MOOCs; les assistants qui aideront l'enseignant à répondre aux milliers de messages postés par les participants sur les forums et organiseront les évaluations, qu'elles soient automatiques ou réalisées par les pairs : l'équivalent de deux-tiers de temps ou d'un temps complet pendant toute la durée du cours. 

Bien sûr, il faut aussi intégrer le temps de travail des personnels non-enseignants : les services marketing et/ou communication sont fortement mis à contribution avant, pendant et après le cours. Si l'établissement ou la faculté dispose d'un community manager, lui aussi devra assurer une communication régulière sur les réseaux sociaux. 

Finalement, le poste le moins lourd est celui du matériel. Comparativement aux coûts récurrents du travail, un studio d'enregistrement de MOOCs ne pèse pas grand chose, une poignée de milliers de dollars ou d'euros. Peu ou pas de frais d'hébergement des cours sur serveurs actuellement, dans la mesure où les plateformes de MOOC les plus connues accueillent gratuitement (pour combien de temps ?) les produits des prestataires. 

Deux à trois fois plus cher qu'un cours en ligne classique

 

Le coût de l'année 1 est néanmoins considérable. L'Université d'Ottawa l'a récemment estimé, dans son dernier rapport sur le e-learning, à 110 000 dollars canadiens par cours. L'Université d'Edinburgh a pour sa part avancé le chiffre de 30 000 livres pour chacun des 6 cours distribués en 2013 sur Coursera. Mais on ne sait pas si, dans cette somme, est compté tout ou partie du temps de travail des enseignants.

Il faut donc impérativement pouvoir distribuer les cours pendant plusieurs années, comme tout cours universitaire classique. Mais les années n+ ... engendrent également des coûts pour la maintenance du cours : 29 000 dollars par an, selon l'université d'Ottawa, qui hésite devant de tels montants à se lancer dans la compétition. 

Tony Bates, l'un des meileurs connaisseurs de la formation en ligne académique au Canada et, plus largement, en Amérique du Nord, souligne que ces coûts représentent deux à trois fois le montant moyen de conception et de distribution d'un cours crédité tout en ligne : 

"I was surprise to see their estimated development cost for one MOOC as being $110,000. This is between two to three times the cost of delivering an LMS-based credit course of similar length at most institutions in Canada. Then annual maintenance runs at another $29,000 a year. I’d be interested to hear from other institutions who are already offering MOOCs if these costs are typical. If they are, then the benefits to the institution need to be that much greater, compared with spending the money on credit-based students".

Alors : 30 000, 100 000 dollars ou euros, plus ? La question est évidemment cruciale pour les établissements, qui doivent pouvoir mesurer leur capacité d'investissement. D'autant plus que jusqu'à maintenant, personne ne sait encore comment et quand se feront les retours sur investissement. 

Revenus : les universités attendront leur tour


Car à supposer que les MOOCs académiques commencent à générer des revenus (via la vente de certificats de réussite, les licences apposées sur certains cours, la vente de "packs de MOOCs" à certains établissements qui les utiliseraient dans des dispositifs hybrides, etc.), il faudra d'abord penser à rémunérer les prestataires d'hébergement. Déjà en février dernier, on lisait dans The Chronicle of Higher Education un article détaillant les contrats passés entre EdX ou Coursera et les établissements d'enseignement. 

EdX propose deux types de partenariat aux fournisseurs de MOOCs :

- Un dispositif "libre-service", dans lequel le fournisseur arrive avec son cours clé en main. Lorsque le cours générera des revenus, EdX prendra 50 000 dollars la première année, 10 000 dollars les années suivantes, plus 50 % des revenus au-delà de ces seuils.

- Un dispositif "accompagné", l'équipe pédagogique et technique d'EdX aidant le prestataire à créer son cours. Dans ce cas, EdX prend 250 000 dollars la première année, 50 000 dollars les années suivantes, et toujours 50 % des revenus au-delà de ces seuils.

Coursera propose un dispositif plus simple :

Coursera retourne entre 6 et 15 % des revenus générés par chaque MOOC, plus 20 % sur les "licences" de cours vendues. On peut supposer que les revenus générés par les cours traduits à l'initiative de Coursera (qui a entière autorité sur la décision) seront distribués de la même manière. Le prestataire touche donc des gains dès le premier centime de revenus généré, mais en petite quantité. 

À ceci, ajoutons le coût de l'accès aux données recueillies sur les plateformes. On sait que ces données constituent le trésor de guerre des plateformes. Si EdX  garantit à chacun des établissements g-hébergé la propriété de ses données, ce n'est pas le cas de Coursera. Et les deux plateformes font payer très, très cher l'accès de tout acteur externe (ie : non hébergé sur ces plateformes) à ces données... 

Compte-tenu du montant des investissements et de la lenteur (au minimum) des retours sur ces investissements, on comprend bien que nombre d'établissements freinent des quatre fers avant de se lancer dans la course aux MOOCs... ou cherchent des modèles économiques alternatifs.

MOOCs et sobriété volontaire

 

Car on peut faire autrement, sans aucun doute. Tout dépend de ce que l'on cherche : payer très cher pour faire partie de la jet set éducative dont le tempo et le niveau de vie sont dictés par quelques plateformes américaines, ou expérimenter de nouvelles formes d'enseignement et de construction de la connaissance, en tirant le meilleur profit des opportunités offertes par les outils numériques et partant, par le rapport nouveau des adultes à leur formation continue. 

À tous les niveaux du dispositif, des économies sont possibles :

- La plateforme peut sans problème être une plateforme existante. Moodle a déjà pris le virage des MOOCs. Claroline Connect s'apprête à en faire autant. Les plateformes propriétaires, telle Blackboard, proposent également des versions adaptées aux MOOCs. Dans tous les cas, ces plateformes sont beaucoup mieux équipées que les plateformes exclusivement dédiées aux MOOCs, qui proposent peu de fonctionnalités.

- Les vidéos peuvent être remplacées par des ressources libres et/ou pré-existantes. C'est ce que pratique la peer to peer university, depuis longtemps. Cette option permettrait même sans doute d'améliorer le modèle pédagogique bien pauvre des MOOCs académiques, dont on sait par ailleurs que les participants se détournent des vidéos pour se consacrer aux tâches d'apprentissage... Comment a t-on pu oublier qu'on apprend mieux en faisant qu'en regardant ? 

- Les participants eux-mêmes peuvent participer très activement à l'animation du cours, à l'identification et à la création de ressources et à l'évaluation des travaux.

- Le tutorat peut être assuré par les participants (soutien entre pairs), mais aussi via des partenariats avec des établissements physiques accueillant des groupes d'apprenants.

Les premières sources de revenus envisageables :

- La déclinaison d'un MOOC en compétences, dont chacune serait attestée par un badge (par exemple en intégrant l'initiative Open Badge de Mozilla). Ces badges seraient accessibles contre un montant forfaitaire peu élevé, dans la mesure où un cours peut se décliner en plusieurs compétences et que l'on peut donc fractionner le prix de la certification.

- Les partenariats avec des établissements souhaitant disposer d'espaces, de ressources et d'accompagnement personnalisés.

- La participation à des projets de formation mixtes présence / distance, le MOOC étant considéré comme une ressource parmi d'autres et ses concepteurs étant rémunérés à ce titre.

Les revenus envisageables ne sont certainement pas du même niveau que ceux qui sont atendus des MOOCs académiques. Mais le niveau de dépenses est infiniment moindre. Ces MOOCs sont des produits "connectivistes", le choix pédagogique de leurs concepteurs / animateurs acompagnant une préférence pour l'économie contributive, qui voit des milliers de personnes apporter leur part à un ensemble collectif qui ne pourrait être obtenu d'une autre manière. 

Le modèle de MOOC académique qui domine actuellement le marché international n'est certainement pas accessible à tout le monde. Il intéresse plus les établissements soucieux de leur image de marque à l'international que les pédagogues. Dominique Boullier, professeur à Sciences Po Paris, est extrêmement sévère avec ce dispositif, qui est selon lui la plus récente manifestation de la financiarisation de l'enseignement supérieur. Mais contrairement à lui, nous estimons qu'il existe des voies alternatives susceptibles de transformer les MOOCs (pas tous !) en magnifiques outils de social learning, et qui s'éloignent des modèles économiques ultra-libéraux descendants, dans lesquels les positions dominantes sont une fois de plus renforcées. 

Nous tenterons d'en faire la démonstration, sans doute partielle et imparfaite mais tellement vivante, dans la deuxième saison d'ITyPA qui se déroulera à l'automne 2013. 

 ITyPA Saison 2 : http://itypa.wordpress.com/2013/06/12/itypa-saison-2/

Inscrivez-vous à ITyPA Saison 2 : http://itypa.wordpress.com/2013/06/18/itypa-2-pre-inscrivez-vous/

Références :

Colman, Dan. "The Big Problem for MOOCs Visualized." Open Culture. 2 avril 2013. http://www.openculture.com/2013/04/the_big_problem_for_moocs_visualized.html.

Pousaz, Lionel. "Les Moocs, petite chronique d'une révolution annoncée." Flash EPFL N° 05. 16 mai 2013. http://actualites.epfl.ch/index.php?module=epflfiles&func=getFile&fid=16285&inline=1.

Université d'Ottawa - University of Ottawa. "Report on the E-learning Working Group." Mars 2013. http://www.uottawa.ca/vr-etudes-academic/en/documents/e-learning-working-group-report.pdf.

Bates, Tony. "A report on e-learning from the University of Ottawa." Tony Bates. 8 juin 2013. http://www.tonybates.ca/2013/06/08/a-report-on-e-learning-from-the-university-of-ottawa/.

Kolowich, Steve. "How EdX Plans to Earn, and Share, Revenue From Free Online Courses ." The Chronicle of Higher Education. 21 février 2013. http://chronicle.com/article/How-EdX-Plans-to-Earn-and/137433/?cid=wc&utm_source=wc&utm_medium=en.

Batier, Christophe. "Claroline connect." SlideShare. Last modified 25 mars 2013. http://fr.slideshare.net/batier/claroline-connect.

Carson, Steve. "Peer 2 Peer University offers a #MOOC that cost nothing to make." The Mechanical MOOC - A Gentle Introduction to Python. 28 mai 2013. http://mechanicalmooc.wordpress.com/2013/05/28/peer-2-peer-university-offers-a-mooc-that-cost-nothing-to-make/.

Simonite, Tom. "As Data Floods In, Massive Open Online Courses Evolve." MIT Technology Review. 5 juin 2013. http://www.technologyreview.com/news/515396/as-data-floods-in-massive-open-online-courses-evolve/.

Lamontagne, Denys. "Open Badges : une initiative pour la reconnaissance des compétences tout au long de la vie." Thot Cursus. Dernière mise à jour : 20 juin 2013. http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/17545/open-badges-une-initiative-pour-reconnaissance/.

Boullier, Dominique. "Le cycle économique infernal de la financiarisation de l’enseignement supérieur. "MOOC fiction"." Mediapart. 13 mai 2013. http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-g-boullier/130513/le-cycle-economique-infernal-de-la-financiarisation-de-l-enseignement-superieur-mooc-ficti.

Illustration : iQoncept, Shutterstock.com

 

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Commentaires

7 commentaires

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  • Rémi Bachelet
  • 25 juin 2013 à 13 h 01

Coût d\'un module du cours

bon ma réponse étant un peu longue, j'ai micro-bloggé http://goo.gl/XjXHC en deux mots, je ne suis pas d'accord, avec l'idée des MOOC chers, même pour un MOOC académique !

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  • Claude Coulombe
  • 27 juin 2013 à 17 h 05

Tout dépend...

Tout dépend de ce qu'on inclue dans le calcul des coûts et de la qualité de la production qui s'échelonne entre la version économique « Garage Band » à la version de luxe dite « Hollywoodienne » avec caméras à 100 000 $, des équipes de pré-production, production, post-production et des armées de consultants. Sur la base de l'expérience de Scott E. Page qui a donné deux fois le cours « Model Thinking » sur Coursera, j'en suis arrivé à des coûts inférieurs à 30 K$ par année pour desservir 150 000 étudiants. On parle ici d'un coût par année par étudiant inférieur à l'achat d'un timbre poste. (http://goo.gl/1fWiK) Pour une superproduction « Hollywoodienne » et si l'on va jusqu'à compter une fraction des frais de chauffage des édifices et du salaire du recteur, j'imagine que l'on puisse dépasser les 100 K$. La réalité doit se situer entre ces deux extrêmes! Dans le cas d'EDUlib de HEC Montréal, l'emploi de la plateforme Sakai existante a permis de réduire les coûts (http://goo.gl/NUsmL). Par contre le ratio entre le nombre d'heures de préparation versus le nombre d'heures de cours tournait autour de 10.

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  • Claude Coulombe
  • 27 juin 2013 à 17 h 05

En français on dit CLOM

CLOM est l'acronyme d'usage en français pour « Cours en Ligne Ouverts et Massifs » ou encore « Cours en Ligne Ouverts aux Masses » Le terme n'est pas encore très utilisé par nos cousins Français qui préfèrent montrer qu'ils maîtrisent la langue internationale et qui prononcent « Moque » alors qu'au Québec on prononce « Mouc ». Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Cours_en_ligne_ouvert_et_massif

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  • Claude Coulombe
  • 28 juin 2013 à 00 h 12

Le coût par étudiant est l\'argument qui tue!

Mes calculs arrivent à un coût qui se trouve davantage dans la fourchette des coûts d'un cours réalisé avec un environnement numérique d'apprentissage (LMS) traditionnel tel qu'estimé par M. Tony Bates qui sont entre 1/3 et 1/2 du coût estimé dans le rapport de l'Université d'Ottawa. L'aspect massif impacte surtout les coûts de diffusion (infonuagique) qui sont somme toute plutôt marginaux de l'ordre de 10 à 20 % du budget total. Cela dit, le coût par étudiant est l'argument qui tue! Là on parle d'économie d'échelle substantielle!

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  • JmCognet
  • 1 juillet 2013 à 12 h 12

Gagner sur la médiatisation

"Notons que cette centaine d'heures est consacrée à la médiatisation du cours, et pas à sa conception intellectuelle, qui a été réalisée plus tôt. En effet, tous les cours qui ont été transformés en MOOC existaient préalablement et étaient distribués en présentiel." Des solutions existent pour capter le présentiel ! Vouloir atteindre un niveau proche du JT de chaîne TV est couteux et forcé pour un enseignant. L'enregistrer dans son élément, devant un public et pas seul face caméra permet des gains de temps considérables sur la production de ressources. Ressources à inclure dans la construction d'un parcours néanmoins...

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Icône - christinava
  • Christine Vaufrey
  • 3 juillet 2013 à 05 h 05

Merci à tous

Bonjour,

Merci à tous pour vos commentaires, qui montrent bien que le sujet est polémique et loin d'être tranché. Deux éléments reviennent souvent dans les réflexions :

- Le coût de la réalisation technique, avec l'emphase mise sur la vidéo (préparation du script, temps d'enregistrement, montage et matériel).

- Le prix de revient par étudiant. Le prix de la réalisation vidéo est le poste de dépense le plus élevé, mais 1/ on peut faire de la vidéo autrement (cf R. Bachelet par exemple, mais contre-exemple partiel car démarche individuelle non intégrée à l'organisation de l'école) et 2/ on n'est pas du tout obligé de faire de la vidéo.

Je voulais souligner que la plupart des articles s'efforçant de faire le point sur les coûts des MOOCs mettent l'emphase là-dessus, alors qu'il y a évidemment beaucoup d'alternatives, comme le montre la fin de l'article. Les grosses plateformes américaines ont imposé leur modèle coûteux et avec faible partage des revenus, ce qui me semble pour le moins dangereux pour la diversité des approches et la créativité pédagogique.

Le prix de revient par étudiant est évidemment dérisoire dans un MOOC mais ne me semble pas être un effet recherché, sinon au niveau communication - marketing. Autrement dit : la baisse du prix nécessaire pour atteindre une personne éloignée, ne faisant pas partie des clients habituels de l'institution, constitue t-elle un axe stratégique d'action dans les établissements d'enseignement supérieur ? Quels effets sont attendus, quels retours sur investissement ? Il ne me semble pas que tous les établissements soient dans cette logique.

En tout cas, je suis ravie que cet article donne lieu à discussion, c'était évidemment mon objectif, sur une question qui n'est pas assez débattue publiquement.

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Icône - Visage inconnu
  • Claude Coulombe
  • 4 juillet 2013 à 15 h 03

@ JmCognet

Tout à fait d'accord! Les coûts de médiatisation ne doivent pas être un frein à la mise en oeuvre de CLOM (MOOCs). D'ailleurs les États-Uniens qui sont pionniers du domaine ont largement fait preuve de pragmatisme en optant pour des solutions légères souvent avec une simple caméra web (scénario GagageBand). Le plus important c'est le contenu pertinent et la pédagogie et cela les bons professeurs savent faire!

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