Par Cécile Chandran  | c.chandran@cursus.edu

Veuillez “BYOD” à l’école

Créé le vendredi 24 avril 2015  |  Mise à jour le mardi 28 avril 2015

Veuillez “BYOD” à l’école

BYOD (Bring your own device), soit “prenez vos appareils personnels”, à l’école, comment ça se passe ? Toutes les problématiques de ce système, d’abord mis en place dans le monde professionnel, se retrouvent dans le monde éducatif. Avec quelques différences.

Le BYOD, qu’est-ce que c’est ?

Apparu vers 2005, le concept du BYOD, aussi appelé en français PAP (Prenez vos Appareils Personnels) ou encore AVEC (Apportez Votre Équipement Personnel de Communication), consiste à utiliser son propre matériel numérique dans un cadre professionnel.

Il est un exemple de plus de l’effacement progressif des frontières entre la vie personnelle et le travail. D’après une enquête de Markess International, 71% des employés interrogés utilisent leur matériel personnel dans le cadre du travail. Tablettes, téléphones, ordinateurs portables, le BOYD favorise le concept de mobilité des employés, avec notamment le développement du télétravail, en plus de diminuer les coûts pour les entreprises.

De nombreuses questions restent pourtant en suspens, comme la protection de la vie privée des employés, la sécurité des données et leur responsabilité, voire le problème de la légalité d’imposer aux employés d’utiliser leur propre matériel au travail.

Le BYOD à l’école

La question du BYOD se complexifie dès qu’on entre dans un établissement scolaire. En France, l’usage du téléphone mobile reste interdit pendant les cours et les activités scolaires. Comment alors concilier cette invitation à apporter son matériel dans un but pédagogique quand la loi dicte de ne pas le faire ?

L’objectif de BYOD ne concerne pas seulement la réduction des coûts dans le cas de l’école. Transformer un objet, implanté dans le quotidien des élèves du 21e siècle, en outil pédagogique peut s’avérer réellement constructif.

Si le matériel est intelligent, autant que cette force serve l’éducation des jeunes qui le possède. L’apprentissage sur tablette ou mobile permet de développer le travail d’enquête, de recherche, de collaboration et donc un meilleur usage des technologies par l’élève.

Le BYOD peut apporter un grand soutien aux professeurs, pour la gestion de la classe, la correction des devoirs, la transmission de ressources pédagogiques ou un accès à des sources dématérialisées pour la construction des cours.

Ainsi, le collège Bonhoeffer situé aux Pays-Bas, comptant il y a 4 ans 4 500 élèves, s’est lancé dans l’aventure du BYOD.

200 iPads ont été offerts aux enseignants et les élèves ont été autorisés à apporter les leurs.

Au final, environ 900 d’entre eux ont pu participer à l’expérience. Du côté des professeurs, la technologie contribue à aider à la correction des devoirs, à la gestion des projets, ainsi qu’à rendre des ressources supplémentaires disponibles. Ils ont le pouvoir de gérer à distance tous les appareils présents dans l’établissement, qui fonctionnent sous un mode mono-application. Il leur est aussi possible de les verrouiller si besoin. Du côté des étudiants, les projets prennent de nouvelles dimensions, à l’image de cet élève qui explique :

« Pour moi, le meilleur projet collaboratif a été la construction de châteaux dans Minecraft sur un mode multi-joueurs ».

Pas pour jouer, mais bien pour développer ses compétences scientifiques et même apprendre des notions d’ingénierie. De l’art de transformer un succès commercial en jeu éducatif…

Disparités du système

D’après cette expérience, outre la problématique de ne pouvoir utiliser que du matériel Apple, on peut se demander ce que deviennent les élèves qui ne possèdent pas de matériel intelligent… Intégrer une politique de BYOD dans un établissement demande beaucoup de préparation et une grande collaboration entre le personnel, les élèves et leurs parents (si ce sont eux qui financent le matériel).

Cet engagement de la part des acteurs de l’établissement concerne les familles, surtout celles qui ne sont pas capables d'offrir à leurs enfants un matériel encore cher.

Il existe différents modèles d’intégration du BYOD, des guides ont d’ailleurs été publiés pour soutenir les enseignants dans ce processus. Car finalement, l’utilisation du mobile en classe reste avant tout une question d’éthique, comme l’a expliqué Benoît Petit, conseiller pédagogique, membre du RÉCIT.

Les craintes sont réelles quant au contrôle de l’usage des outils mobiles personnels : connexions privées, navigation sans surveillance, usage de la caméra, dissipation… L’intérêt du BYOD ne doit pas être noyé dans les problèmes de gestion, la route est encore pavée de nids de poules... Il est donc nécessaire de se poser les bonnes questions et de construire des systèmes fiables pour se lancer dans l'aventure du BYOD. 

 

Ressources :

CNIL
CNDP
Le marché du BYOD en chiffres - ZDNet
BYOD : entre perspectives et réalités pédagogiques - École Branchée
BYOD à l’école : l’exemple d’un collège aux Pays-Bas - ZDNet
Éducation.gouv.fr
Les différents modèles d’intégration du BYOD - École Branchée

Crédit photo : Pressmaster / Shutterstock.com
GaudiLab
 / Shutterstock.com

Poster un commentaire

Commentaires

0 commentaire