Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

La pertinence et la vétusté des technologies, selon les enseignants

Créé le dimanche 12 mars 2017  |  Mise à jour le mardi 21 mars 2017

La pertinence et la vétusté des technologies, selon les enseignants

La technologie n’a de cesse de progresser. Les ordinateurs, tablettes et téléphones s'améliorent chaque année. Les applications évoluent et se bonifient avec les usages. Cela sans compter toutes ces gazelles qui développent constamment de nouvelles applications mobiles ou pour ordinateur afin de répondre à des besoins futurs.

Il y a de quoi s'y perdre. Qui plus est, dans un domaine comme l’éducation où les enseignants commencent tout juste à saisir les possibilités technologiques. Maintenant, la majorité d’entre eux comprennent que l’ordinateur et l’Internet sont devenus des indispensables en éducation. Toutefois, la question se pose: qu’est-ce que le corps enseignant trouve pertinent comme outil?

Des incontournables aux vétustes

Cette carte heuristique développée par François Jourde en collaboration avec l’avis de différents professeurs sur Twitter donne une idée du matériel essentiel dans la trousse pédagogique aujourd’hui. Il n’est donc pas étonnant d’y voir figurer en plus du Web et des ordinateurs les vidéoprojecteurs, le Wi-Fi et les tablettes parmi les indispensables ou ceux qui le sont pratiquement. Au nombre de ceux n’étant qu’intéressants en cas de besoins spéciaux, on retrouve les écrans et tableaux blancs interactifs qui ont pourtant souvent été plébiscités... Cela représente l’avis d’un échantillon limité de professeurs français.

Aux États-Unis, 1300 professeurs du primaire et du secondaire ont été sondés par le THE Journal sur l’usage des technologies et leurs perceptions sur celles-ci. Ainsi, les ordinateurs de toutes sortes (portables, stations de travail et traditionnels, Chromebook) et les tablettes sont perçus majoritairement positivement par les sondés. Par contre, les liseuses, les téléphones et, surtout, les montres intelligentes ne semblent pas susciter l’intérêt des professeurs. Chez ces dernières, il y a même 9 % des répondants qui estiment qu’elles sont nuisibles.

Fait intéressant, l’étude s’est aussi intéressé à la prospective d'après les enseignants. Selon ceux, dans les 10 prochaines années, les ordinateurs fixes, les cédéroms et DVD, les projecteurs traditionnels et les tableaux interactifs seront portés à disparaître. À leur place, il ne serait pas étonnant, selon eux, que surviennent en masse les appareils mobiles comme les tablettes, les imprimantes 3D, la réalité virtuelle et la robotique en général. Quand on leur demande, toutefois, ce qu’ils souhaitent voir disparaître dans les prochaines années, se glissent dans le palmarès, les câblages de toutes sortes, les imprimantes fixes, les téléphones cellulaires et même le iPad.

D'approches expérimentales à celles ordinaires

Certains enseignants interrogés par la publication ont raconté que le problème majeur de la technologie est qu’elle peut devenir une source de problèmes quand les élèves ne sont pas motivés. En effet, il n’y a pas d’application qui crée magiquement de l’intérêt pour la chose scolaire. D’autant plus que la majorité des enseignants sondés (86 %) ont noté que les compétences numériques de leurs élèves étaient bien souvent moyennes ou au-dessus de la moyenne. Rares étaient ceux affirmant qu’elles étaient excellentes (5 %). Ce qui veut dire qu'ils doivent s’assurer de bien enseigner les usages technologiques avant de les intégrer en classe.

Heureusement, la plupart des sondés s’évaluaient assez compétents et capables de s’adapter avec la venue de nouvelles technologies. Pour Bruno Devauchelle, cela s’explique par des usages devenus ordinaires de plusieurs technologies. Conséquemment, cela a changé les approches pédagogiques.

Par contre, cela demande une poussée globale, ce qui n’est pas garanti. Par exemple, il donnera l’exemple de Laurence Juin qui ètait cité partout dans la presse, y compris ici, avec ses usages de Twitter avec ses élèves. Or, des années plus tard, à peine 10 % des enseignants en France ont adopté une approche similaire. Il y a donc tout un travail d’adaptation à faire pour que les usages deviennent banaux et que les technologies soient utilisées à leur plein potentiel… le temps que d'autres prennent éventuellement la place.

Illustration : Barrett.Discovery via Foter.com / CC BY

Références

Devauchelle, Bruno. "Les Usages « ordinaires » Du Numérique Sont Au Cœur De L’évolution Des Pratiques Des Enseignants." Veille Et Analyse TICE. Dernière mise à jour : 22 décembre 2016. http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=1935.

Jourde, François. "OUTILS NUMÉRIQUES EN CLASSE (Exemple)." MindMeister. Consulté le 9 mars 2017. https://www.mindmeister.com/fr/785618352/outils-num-riques-en-classe.

Leblanc, Dominic. "Technologies En Classe : Les Plus Et Les Moins Utiles, Selon Les Enseignants." École Branchée. Dernière mise à jour : 15 septembre 2016. http://ecolebranchee.com/2016/09/15/technologies-plus-utiles-selon-enseignants/.

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