Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

La technologie au service des archéologues

Créé le jeudi 15 juin 2017  |  Mise à jour le lundi 26 juin 2017

La technologie au service des archéologues

Le travail d’archéologie permet de retrouver des items et des lieux ayant appartenus à des civilisations ou des époques anciennes. Les sites archéologiques offrent une plongée directe dans l'histoire humaine. Beaucoup de touristes veulent s’y rendre et de constater de visu les découvertes modernes d’œuvres ayant des centaines, voire des milliers d’années.

Sauf que ces lieux ne sont pas pérennes. Parfois, leur accès est limité afin d’éviter qu’un trop grand afflux de touristes ne mettent à mal les artefacts ou les structures fragilisées par le temps. Dans d’autres cas, malheureusement, ce sont les conflits humains qui risquent de détruire ces endroits. La destruction récente du site de Palmyre ou celui de Nimroud en Irak par les combattants de Daech nous le rappelle.

Le portrait pourrait paraître donc très sombre pour l’archéologie. Pourtant, il y a beaucoup d’espoir pour son avenir. En effet, les outils informatiques et technologiques amènent les archéologues dans une nouvelle ère.

Drones, programmes et imprimantes 3D

Nous avions déjà vu sur Internet un nombre grandissant de visites virtuelles et de reproductions en 3 dimensions d’anciens monuments. Cette tendance n’est pas à la baisse. Au contraire, avec la montée de la réalité virtuelle et des données précises, les visites de lieux archéologiques seront de plus en plus virtuelles. Évidemment pour reconstituer, il faut que la technologie puisse assister le travail des experts. Ainsi, les drones aident les archéologues à facilement refaire par ordinateur des sites complets à partir de leurs ruines. Les engins volants scannent les lieux et enregistrent les données et prennent des centaines de photos. Tout cela permet de reconstituer avec l’informatique un endroit en particulier.

Une approche d’autant plus intéressante qu’elle facilite des tâches qui devaient déjà être faites par les archéologues auparavant. En effet, toutes les mesures et autres informations devaient être notées manuellement puisque, contrairement à ce qui peut être cru, l’archéologie mène forcément à un peu de destruction afin de déterrer et trouver d'autres traces humaines. Conséquemment, ils apprécient la facilité d’acquisition des données et des reconstitution qui peuvent être bien plus facilement accomplies. Même si cela exige d’eux, comme le dira cette archéologue à ce blogue du quotidien Le Monde, de plus en plus de connaissances scientifiques pures plutôt que de sciences humaines. En effet, ils doivent maintenant maîtriser les outils informatiques de dessin, d’analyse de données et aussi l’usage d’imprimantes 3D.

3D ou rien

Cette technologie prend une importance grandissante en archéologie et dans les musées. Ils peuvent ainsi fabriquer des maquettes de lieux archéologiques, reconstituer des artefacts ou des bouts d’œuvres d’art qui ont été abîmés ou, dans le cas de peintures, la reproduire en relief afin que les personnes malvoyantes soient en mesure d’en profiter. Il est même possible d’offrir ou de vendre les plans de reproduction afin que des citoyens s’impriment des sculptures ou des motifs historiques qu’ils mettront comme décoration chez eux.

Pour les lieux en guerre comme la Syrie et l’Irak, ces technologies pourraient grandement faciliter la reconstruction, ne serait-ce que numérique de ces lieux archéologiques. Des archéologues britanniques travaillent de concert avec ceux irakiens afin de reproduire le site de Nimroud qui a fortement été détruit par Daech et les combats dans la région. Sur le blogue RAAN (Recherche en architecture, archéologie et numérique) de l’IRAA (Institut de Recherche sur l’Architecture Antique), une section entière est dédiée aux travaux de reconstitution en archéologie. Les différents articles abordent comment les technologies comme la numérisation et les impressions 3D aident les archéologues et les sites comme ceux de Palmyre qui bénéficieront grandement de cette archéologie moderne.

Illustration : John "Pathfinder" Lester via Foter.com / CC BY

Référence 

Abiteboul, Serge, et Claire Mathieu. "Faire Parler Les Murs." Binaire. Dernière mise à jour : 17 février 2017. http://binaire.blog.lemonde.fr/2017/02/17/faire-parler-les-murs/.

Goudet, Jean-Luc. "En 2050, Le Patrimoine De L’humanité Se Visitera… En Numérique." Futura. Dernière mise à jour : 10 mars 2017. http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-2050-patrimoine-humanite-visitera-numerique-66613/.

"L'impression 3D Et Le Scan 3D Pour Les Musées Et L'archéologie." Aniwaa. Consulté le 14 juin 2017. http://www.aniwaa.fr/museologie-archeologie-et-impression-3d/.

Poireault, Kevin. "Irak: L’archéologie Moderne Au Secours Du Patrimoine En Ruine à Mossoul." RFI. Dernière mise à jour : 27 février 2017. http://www.rfi.fr/technologies/20170227-mossoul-archeologie-british-museum-iconem.

"Restaurer, Restituer, Reconstituer." RAAN | Recherche En Architecture, Archéologie Et Numérique. Consulté le 14 juin 2017. https://raan.hypotheses.org/category/restaurer-restituer-reconstituer.

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