Par Julie Trevily  | j.trevily@cursus.edu

Du petit vers le grand...

Créé le lundi 20 novembre 2017  |  Mise à jour le lundi 27 novembre 2017

Du petit vers le grand...

On parle de systémique lorsqu’on envisage un sujet d’après la complexité des objets qui interagissent à l’intérieur de lui.

Après quinze ans d’enseignement, ajoutés aux années d’apprentissages qui ont précédé, j’ai pris l’habitude de considérer la pédagogie comme quelque chose de systémique, qu’il possible de décomposer, en fonction des matières, en éléments modulables et adaptables aux apprenants concernés, et donc au niveau scolaire demandé. 

L’apprentissage classique

Nous n’apprenons pas tous de la même manière : certains vont avoir une mémoire auditive et assister aux cours suffira pour en retenir la plus grande partie. D’autres ont une mémoire photographique, qui se déclenchera en lisant un document ou le tableau, et enfin, les derniers ont une mémoire kinesthésique, qui passe souvent par l’élaboration de fiches.

Toutefois, il s’avère que tout ce travail de mémorisation peut se révéler totalement inefficace, ce qui entraîne d’une part un manque de compréhension de la question envisagée, et d’autre part d’une démotivation des apprenants qui ont beau passer du temps à travailler sans pour autant réussir à améliorer leurs performances dans une ou plusieurs matières. C’est là qu'intervient la dimension systémique.

L’apprentissage systémique

En fonction de nos domaines de prédilection, nous avons parfois une capacité étonnante à comprendre et se représenter une question complexe. À l’inverse, d’autres sujets nous paraissent totalement obscurs, quel que soit le travail personnel fourni. En décomposant le sujet, on peut alors manipuler les éléments plus facilement et mieux les imbriquer dans un schéma de pensée.

C'est ce que font certains ados lorsqu'ils jouent à Minecraft par exemple, en comprenant les éléments qui permettent de combiner les outils nécessaires poiur avancer dans le jeu : gestion des matériaux, des constructions, stratégie... Ainsi, les apprenants auront plus de facilité à partir d’une structure globale, pour la remplir ensuite de détails plus ou moins précis selon les besoins. C'est facilement applicable en cours.

Par exemple, à quoi sert l’entreprise ? De quoi se compose t'elle ? Quel personnel ? etc. D’autres vont avoir besoin de l’inverse pour comprendre le global, il leur faut entrer dans la précision pour élargir les concepts : en quoi le recrutement d’une personne jouera sur un élément stratégique commercial, par exemple ?

Globalement, avec la pratique, on s’aperçoit que combiner les deux approches pendant un cours permet de placer l’ensemble des données en perspective, créant les aller-retour nécessaires pour une bonne compréhension. Les connexions entre notions, vocabulaire et environnement (aux limites plus ou moins fluctuantes selon le niveau scolaire) vont se mettre en place et devenir plus facile à comprendre et explorer.

Ce que nous faisons dans une compréhension intuitive ou automatique dans certaines matières peut alors se construire dans celles où nous sommes moins performants.

Devenir un bon professionnel

Il en va de même pour la maîtrise professionnelle d’un métier : avoir appris la théorie ne suffit pas à en maîtriser les subtilités. C’est pour cette raison que même les plus hautes études ne débouchent pas sur des postes immédiatement clefs.

Le stage (même à un poste de manager par exemple) est gage de la transformation des connaissances en savoir-faire et savoir-être par la manipulation et la compréhension des éléments qui les composent. Pour percevoir les nuances, parfois subtiles, des changements introduits par une décision, il faut être conscient de la composition globale de l’organisation à laquelle on appartient.

Cela s’obtient par une découverte du terrain et plus le responsable d’une grande organisation connaît dans sa spécificité chaque poste, plus il sera performant. La théorie ne permet pas de tester, repérer les individualités et les effets qui vont découler d’une prise de position de manière aussi précise et efficace qu’un séjour sur le terrain, ce qui explique la nécessité de pratiquer le métier avant de pouvoir s’élever.

Cependant, l’apprentissage aide fortement lors de ce passage à l’opérationnel, surtout lorsqu’il a été envisagé de manière systémique, en construisant son savoir à partir de la déconstruction de l’ensemble pour mieux en appréhender les arcanes.

Illustration : smwhr via Foter.com / CC BY

Références :

Centre national de ressources textuelles et lexicales- article systémique
http://www.cnrtl.fr/definition/syst%C3%A9mique

Studyrama - Comment organiser son année de prépartion à sciences po?- Aziza Sellam - 26/10/2017-
http://www.studyrama.com/revision-examen/concours-iep-sciences-po/reussir-le-concours-commun-des-iep/comment-organiser-son-annee-de-preparation-a-sciences-103981

Sud Ouest - La génération Minecraft sauvera-r-elle le monde? - 27/10/2017 - Gilles Berhault, délégué général de la fondation ACIDD 
http://www.sudouest.fr/2017/10/09/jeux-videos-la-generation-minecraft-sauvera-t-elle-le-monde-3846508-10275.php

Les Echos, magazine numérique - combien les stagiaires gagnent vraiment selon leur formation - Clémence Boyer - 7/11/2017
https://start.lesechos.fr/rejoindre-une-entreprise/classements-entreprises/combien-les-stagiaires-gagnent-vraiment-selon-leur-formation-10057.php

Lycée professionnels : quand les professionnels coachent les lycéens - 19/11/2017
http://www.leprogres.fr/loire-42-edition-saint-etienne-metropole/2017/11/18/lycee-professionnel-quand-les-professionnels-coachent-les-lyceens

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