Par Audrey De Santis  | maj@cursus.edu

La dyspraxie : quelles difficultés et quelles solutions?

Créé le mardi 5 octobre 2010  |  Mise à jour le samedi 17 novembre 2012

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Souvent prise pour de la maladresse, un retard mental ou un manque de volonté, la dyspraxie peut ternir la vie d'un enfant et de son entourage si elle n'est pas prise en charge complètement et mesurée dans ses conséquences sur le quotidien. Et la réussite d'un élève dyspraxique va passer par la compréhension et la connaissance des adaptations engagées par le corps enseignant sur les méthodes d'apprentissage de l'enfant.

Des retards en graphisme et en mathématiques

La dyspraxie s'exprime de façon différente suivant son origine neurologique. L'enfant souffre dans tous les cas d'un trouble moteur qui le rend maladroit et mal à l'aise lorsqu'il faut s'orienter dans l'espace ou coordonner ses mouvements. Il doit réfléchir à l'action du mouvement car ses gestes ne sont pas automatiques. Les enfants dyspraxiques sont très rapidement fatigués, ce qui leur a injustement valus d'être considérés comme feignants et inintéressés. Bonjour-docteur explique dans un dossier complet et avec précision en quoi consiste cette maladie souvent méconnue :

En classe, les enfants dyspraxiques accusent des retards en graphisme et en mathématiques (écriture du prénom, des formes géométriques, difficulté avec l'écriture cursive, avec l'usage d'une règle, d'une équerre, d'un compas...) mais aussi un décalage entre l'utilisation de l'oral et de l'écrit, favorisant le premier mode d'échange. Ils raturent, présentent des soucis de présentation et de tenue de leurs cahiers qui sont souvent sales, et manquent de précision. Ils ont aussi du mal à se repérer dans l'espace, à organiser leurs idées, à manipuler des objets, ce qui les rend d'ailleurs "malagiles" dans les jeux de plein air.
En France, la dyspraxie est reconnue comme un trouble de l'apprentissage pour lequel enseignants et rééducateurs travaillent main dans la main afin de faciliter l'adaptation des enfants en milieu scolaire classique.

Utiliser des outils numériques pour aider l'élève

Aider l'enfant dyspraxique, c'est commencer par mettre en avant ses capacités et ses facilités, au niveau du langage, des connaissances, du raisonnement, et ce, à tous les niveaux. Mais c'est aussi comprendre les difficultés à chaque niveau et adapter son enseignement le plus efficacement et justement possible. Le site de l'assocation Dyspraxiques mais fantastiques, Dyspraxie.info, propose des solutions et des conseils adaptés à chaque niveau d'apprentissage ainsi que des aides pédagogiques pour aller dans cette démarche.

En maternelle, découpage, collage, coloriage, puzzles et jeux de constructions, chant, labyrinthes, mais aussi compter sont les principaux sujets de problèmes rencontrés par l'élève. Dyspraxie.info et un document du Centre référent des troubles du langage de Nice conseillent notamment de ne pas trop insister sur l'apprentissage du graphisme ou d'utiliser des programmes d'apprentissage du dessin sur ordinateur, de faire travailler l'enfant avec de la pâte à sel ou de la pâte à modeler, ou encore de ne pas pointer du doigt les difficultés de langage et d'élocution.

Arrivé à l'école primaire, l'enfant rencontre de gros soucis dans l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Patience et tolérance sont les maitres-mots d'une aide à l'éducation réussie. Dyspraxie.info souligne l'importance d'accepter une graphie approximative, d'agir par étapes (voie analytique puis imprégnation syllabique de la lecture) et d'utiliser des outils numériques (écriture au clavier plutôt que sur le papier).

Au collège, l'élève n'est toujours pas "normalisé" et démontre des soucis de prise de notes, de compréhension et de visualisation de la géométrie dans l'espace, d'interprétation de schéma. La mise à disposition d'un matériel informatique fiable prend ici toute son importance. Un ordinateur facilitera grandement la vie du dyspraxique en lui évitant la fatigue de l'exercice d'écriture manuelle mais aussi en l'aidant à établir une méthode de travail et d'organisation. Il semble qu'il faille rester très exigeant à l'oral, sur les langues, la culture générale..., points forts de l'élève.

L'association Dyspraxiques mais fantastiques met à disposition des parents et des enseignants, en plus de ces explications, une intéressante liste d'outils supplémentaires d'éducation : conseils pour l'utilisation d'un ordinateur, méthodes d'apprentissage complémentaires à appliquer et liste de matériels pédagogiques et de jeux, de documents et de guides en lignes viennent en renfort.

Enfin, il est bon de savoir que la dyspraxie est reconnue en tant que trouble de l'apprentissage et qu'un plan d'action général pour les élèves souffrant d'un trouble du langage existe en France (la circulaire du 31-02-2002).

Illustration : qwrrty / Flickr

Sources : Dyspraxie.info (site de Dyspraxiques mais fantastiques)
Dyspraxie, la maladie des enfants maladroits
Apel, les enfants dyspraxiques

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Commentaires

2 commentaires

Icône - Visage inconnu
  • moi
  • 14 novembre 2012 à 15 h 03

dac

bonjour, je suis collégienne (5 eme) et j'ai une dyspraxie visuo spatial en plus de mon épilepsie et je confirme tout ce qui a été dit et c'est pas tjrs facile de vivre tel que

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Icône - christinava
  • Christine Vaufrey
  • 23 novembre 2012 à 03 h 03

merci pour ton témoignage

@romane : merci pour ton témoignage dans ce commentaire, c'est juste dommage que la fin n'ait pas été enregistrée... En tout cas, bon courage à toi dans ton parcours scolaire !

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