Articles

L'art de l'ouverture au Rijksmuseum

Muséologie virtuelle exemplaire, pour favoriser l'appropriation des oeuvres par le plus grand nombre

Par Francine Clément , le 29 janvier 2013 | Dernière mise à jour de l'article le 23 mars 2013

Capture D'écran Du Site Internet Du Rijksmuseum, Section Explore.

Le directeur des collections du Rijksmuseum, Taco Dibbits, est l'une des personnes interviewées dans le cadre de Leading visions on the future of Internet 2012, une série de courts entretiens sur l'avenir du web produite en 2012 par Frommees à l'occasion de la conférence The Next Web.

D'une manière presque désarmante au premier abord, mais très réfléchie et faisant preuve d'une rare ouverture d'esprit par ailleurs, Taco Dibbits y invite les visiteurs à venir jouer virtuellement avec la collection du Rijks sur le site internet du musée, où on a mis 125 000 images de haute résolution à la disposition du public.

Le directeur des collections de ce grand musée voit Internet comme un formidable et dynamique outil de partage des images et du savoir, un outil libérateur grâce auquel on peut se rapprocher et toucher aux images, les agrandir et les réduire par le biais des écrans tactiles. Il rappelle qu'à ses yeux le principal intérêt d'Internet est de donner accès aux images et aux informations sur les collections partout et à toute heure.

Les applications mobiles et leurs modes de recherche simples et faciles d'utilisation sont pour lui un exemple à suivre, un progrès par rapport aux sites Internet institutionnels qui deviennent de plus en plus volumineux et lourds avec les années. C'est pourquoi le Rijksmuseum a opté pour la simplicité sur son site, afin de partager aisément ses images avec tous les utilisateurs d'Internet. Internet est donc vu comme un outil ludique, mais aussi comme un lieu de partage du savoir. Dibbits mentionne l'impossibilité, pour les 450 employés du musée, de tout savoir sur le million de pièces de collection et invite au partage des connaissances avec le monde, ni plus ni moins. Le site devient donc un espace où partager avec le musée et les spécialistes ses propres connaissances de la collection. Par ses affirmations exemplaires, Taco Dibbits nous convainc, par sa grande ouverture d'esprit et sa confiance face à l'outil Internet, que celui-ci, comme il le dit lors de cette entrevue, est bien l'une des plus grandes inventions de l'histoire.

Le site et son Rijkstudio 

Pour faire patienter le vaste public jusqu'à la réouverture du Rijksmuseum prévue pour avril prochain et après dix années de rénovations, de restaurations et de transformations, le musée a refait son site internet à l'automne 2012; il est disponible en néerlandais et en anglais.

L'interface est d'une clarté, d'une simplicité et d'une beauté tout bonnement époustouflantes. Le gestionnaire des communications numériques au Rijksmuseum, également auteur de sa e-strategy, est Peter Gorgels, dont il faut saluer le travail. Le graphisme et la structure, épurés, rappellent l'efficacité d'une application mobile réussie.

Il y a à trois onglets principaux : planification des visites (expositions, informations pratiques,...),  musée lui-même (mission, organisation,...) et  collections.

C'est dans cette section que l'on peut jouer et créer avec celle-ci, tel que le souhaite la direction du musée, au sein du Rijkstudio. Les icônes, limpides grâce à leur simplicité (des ciseaux, un coeur, etc.), leur couleur contrastée et leur positionnement,  nous rappellent à chaque nouvelle page d'exploration ce qu'on peut faire avec les images. (Get to work with your rijkstudio)  : télécharger la photographie entière ou n'en prendre qu'un détail, zoomer, avoir accès aux premières informations et métadonnées (brillamment mises en page, mais en néerlandais uniquement, semble t-il), en conserver pour sa propre collection virtuelle créée sur le site même, etc.  

Mis à part la grande richesse des contenus, il y a une clarté et une fluidité (une douceur?) de la navigation qui nous fait vouloir séjourner et retourner sur ce site pour continuer à apprendre -et à jouer. (La version pour appareil mobile n'a cependant pas été testée ici). On sent à chaque section la volonté de communiquer avec le visiteur virtuel ; les explications illustrées, les suggestions de contenus sont nombreuses et attrayantes, les liens vers les médias sociaux bien visibles. On peut aussi avoir accès et voir les collections d'autres visiteurs du site ; il y en a déjà plus de 30 000 dans le studio, mais on peut aussi choisir de garder ses collections privées.

On peut donc télécharger les images de haute résolution en devenant membre du Rijkstudio (l'inscription et la confirmation par courriel sont très rapides). Le site offre par ailleurs des produits payants (make it your own) par exemple des reproductions d'une oeuvre sur différents supports et formats. Le formidable accès gratuit aux 125 000 images de très grande qualité est, toutefois, limité aux utilisations personnelles et éducatives. L'utilisation à des fins commerciales ou professionnelles est contrôlée et expliquée en détails dans la section Photoservices.

LIENS

Rijksmuseum (anglais) : https://www.rijksmuseum.nl/en

Rijkstudio : https://www.rijksmuseum.nl/en/rijksstudio

Entrevue de Taco Dibbits, directeur des collections du Rijksmuseum, pour Leading visions on the future of the Internet 2012 : http://vimeopro.com/hitenrun/leading-internet-visions-2012

IMAGE D'ENTÊTE : Capture d'écran du site du Rijksmuseum, section Explore.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné