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Développer la curiosité chez les élèves : l'art et la stratégie

Exploiter le sentiment naturel d'appétit intellectuel pour stimuler les apprentissages

Par Tété Enyon Guemadji-Gbedemah , le 03 juin 2014 | Dernière mise à jour de l'article le 24 octobre 2017

Qui ne se souvient pas d’avoir été traité de «petit curieux» par les aînés ? Bien souvent, il ne s’agit pas de compliment mais de reproche. Dans l’imagerie populaire, la curiosité est un vilain défaut et les enfants sont les cibles favorites.

L’Institut Français de l’Education fait une mise au point sur ce terme galvaudé. La curiosité n’est ni une bonne ou une mauvaise qualité. « C’est un besoin naturel à l'esprit, par conséquent normal et sain en soi, mais susceptible comme tous les autres d'être étouffé ou surexcité, bien ou mal dirigé, de devenir par conséquent très utile ou très nuisible au développement de l'intelligence ».

S’agissant de la curiosité en éducation, il indique :

« Si l'enseignement par la curiosité est une utopie, l'enseignement sans la curiosité est une routine encore plus dangereuse. Le maître qui omet un moyen d'éducation si naturel et si puissant fait un double tort à ses élèves : on peut lui demander compte non seulement de ce qu'il ne leur a pas appris, mais de tout ce qu'il les a empêchés d'apprendre en les dégoûtant de l'étude ».

Il apparaît donc que ce sentiment naturel de curiosité doit être exploité en classe pour stimuler l’apprentissage. En retour, l’apprentissage doit servir à son tour à aiguiser ce sentiment naturel selon l’heureuse formule de Mme de Staël « C'est l'instruction qui fait naître la curiosité. On est curieux à proportion qu'on est instruit ».

Le décor étant ainsi planté, il revient à chaque enseignant de jouer sa partition dans sa classe. De toute évidence, ceci n’est pas chose aisée comme le révèlent les commentaires des apprenants à propos de leurs apprentissages. Des profs qualifiés de mous, des cours qui donnent envie de dormir sont entre autres situations qui traduisent généralement un manque d’appétit intellectuel et donc de curiosité. Pour y remédier un guide de la formation professionnelle des enseignants au Canada donne quelques pistes à partir du cours de mathématiques, ce qu’on peut transposer dans d’autres disciplines bien évidemment.

Pour ce guide l’intervention de l’enseignant dans l’éveil de la curiosité revient pour celui-ci à poser des questions efficaces. Tout un art ! Huit conseils sont donnés à cet effet :

  1. Anticiper le raisonnement des élèves
  2. Relier le questionnement aux résultats d’apprentissage
  3. Poser des questions ouvertes
  4. Poser des questions auxquelles il faut répondre
  5. Incorporer des verbes d’action qui invoquent les niveaux les plus élevés de la taxonomie de Bloom
  6. Poser des questions qui élargissent la conversation afin d’inclure les autres élèves
  7. Garder les questions neutres
  8. Donner ou allouer un temps de réflexion suffisant.

En résumé, nous dit le guide, le questionnement est une stratégie d’enseignement puissante. « Les questions ouvertes reliées aux grandes idées provenant des attentes du programme-cadre et des résultats d’apprentissage éveilleront la curiosité des élèves (…) ». Un guide intéressant dont nous recommandons la lecture en intégralité.

Références

Institut Français de l'Education. "Curiosité." Consulté le 3 juin 2014. http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2504.

Ministère de l'Éducation. "L'art de questionner de façon efficace." Consulté le 3 juin 2014. http://www.edu.gov.on.ca/fre/literacynumeracy/inspire/research/CBS_AskingEffectiveQuestionsFr.pdf

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