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Jouer à concevoir une transition

Une intéressante expérience collaborative dans le but de créer et planifier une transition

Par Alexandre Roberge , le 26 juin 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 11 juillet 2016

Beaucoup de gens n’aiment pas les grands changements. Pourtant, qu’ils le désirent ou non, tout est porté tôt ou tard à changer. Que ce soit en matière politique, sociétal, organisationnel, professionnel ou personnel, aucune vie humaine ne se traverse sur un long fleuve tranquille. Au contraire, les changements sont fréquents et ils obligent à se réadapter aux différentes situations. Toutefois, il y a un élément fort important quand se pressentent des mutations : la transition. Bien sûr, il y a des bouleversements soudains, mais la plupart s’installent graduellement.

Quand vient le moment de définir une transition ou de prédire sur quoi elle débouchera, beaucoup de gens restent cois. Pourtant, il serait essentiel de savoir où mèneront des modifications dans les transports, en économie ou à l’école. Voilà pourquoi la Fing a décidé de lancer un jeu disponible gratuitement à tous ceux qui veulent s’adonner à cet exercice prospectif.

Créer une transition de toute pièce

Le jeu proposé par la Fing n’a rien d’électronique ou d’interactif, mais il a son importance puisqu’il met au défi de composer le récit d’une transition. Que ce soit un département dans une entreprise ou une école, le jeu s’adresse à 7 à 20 personnes. S’il y a plus que vingt joueurs, on suggère de scinder les gens en groupe de dix. La partie peut durer d’une demi-journée à 2 jours (12 heures de session de jeu par jour avec, évidemment, de bonnes pauses). Elle requiert simplement la planche de jeu à imprimer ainsi que le livret des règles et des fiches à remplir tous disponibles gratuitement dans un fichier ZIP à télécharger sur le site.

Ainsi, durant la préparation, il est déterminé non seulement la durée de la partie, mais aussi la transition qui sera jouée, les acteurs qui prendront part à cette transition et l’horizon temporel en années (plus grand que 5 ans, mais pas plus que 20 ou 30 ans). Quand nous parlons d’acteurs, cela ne signifie pas que les joueurs interpréteront ces individus. Il ne s’agit pas d’un jeu de rôle, mais un de prospective. En fait, le jeu traite des groupes concernés par la transition. Par exemple, si la « partie » traite d’une transition dans une école, il y aura forcément les élèves, les professeurs, mais aussi le syndicat qui les représente, la direction, le comité de parents, la commission scolaire et, dans certains cas, le ministère de l’éducation. Pour une partie idéale, la Fing suggère de ne pas choisir plus de 8 acteurs.

Préparation

Dans la phase préparatoire, il sera possible pour les organisateurs du jeu de remplir certaines cartes et certains éléments du jeu d’avance pour donner des idées au joueur. Toutefois, il faut laisser aussi la place à ceux-ci de s’exprimer sur des cartes vierges. En début de partie, un maître du jeu — l’animateur — présente le scribe (la personne qui réunira les « histoires » créées au cours du jeu), le jeu en tant que tel et ses éléments. Par la suite, il propose aux joueurs d’écrire pourquoi il faut parler de transition dans la situation déterminée au préalable. Qu’est-ce qui doit changer? Ensuite, ils identifieront les éléments perturbateurs, c’est-à-dire des tendances lourdes, des contradictions, des tensions internes ou des émergences qui poussent le système à se transformer.

La transition

Une fois ces éléments discutés, il faudra concevoir le scénario de transition. L’expérience de jeu sera différente selon les avis dans le groupe. En effet, quand il y a quasi consensus sur la finalité ou dans un contexte de vision à long terme, il est suggéré de commencer par la fin pour aller vers le début. À l’inverse, dans un contexte d’horizon court ou dans le cas où les joueurs s’entendent sur le problème sans avoir de réelles idées de solutions, il vaut mieux y aller du début à la fin.

Dans les deux cas, il faudra définir les pièces du jeu (les acteurs, les valeurs et incontournables du futur ainsi que les leviers de changement), la transition en elle-même (des premières péripéties au dénouement) et le modèle post-transition. Après tous ces éléments, chaque joueur sera convié à un exercice plus individuel où ils devront décrire comment leur organisation jouera dans le modèle post-transition et, à titre personnel, comment ils voient leur contribution au changement.

Par la suite? Tout dépend de ce qu’ont prévu au départ ceux qui ont proposé la partie. En effet, voulait-il seulement un exercice prospectif ou appliquer réellement la transition à partir des suggestions et scénarios suggérés par les joueurs? Les deux approches sont tout à fait possibles. Évidemment, il s’agit d’une activité délicate et complexe et le maître du jeu, entre autres, doit s’assurer que des tensions ne naissent pas de la partie.

Toutefois, cette approche de la Fing a pour but d’amener des pistes de solutions constructives pour modifier les institutions. Il suffit de lire la page sur l’éducation pour voir à quel point uniquement dans ce domaine, il y a des possibilités de parties forts intéressantes.

Référence

"Questions Numériques - Transitions." Réseau Social De La Fing. Consulté le 22 juin 2016.
http://reseau.fing.org/qntransitions/
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