Comment créer un MOOC ? | Thot Cursus

Articles

Comment créer un MOOC ?

C’est surtout savoir bien choisir !

Par Virginie Guignard Legros , le 23 avril 2018

De 500 à 25 000 apprenants

Un MOOC (Massive Open Online Course - cours en ligne ouvert à tous ) regroupe une très grande quantité d’apprenants à la fois. Certains attirent 500 apprenants, d’autres comme le MOOC GdP (Gestion de projet) peuvent en intéresser jusqu’à 25 000 à la fois. La notion de communauté qui s’agrège derrière un MOOC est déterminante dans l’identité et le succès de chaque MOOC.

“Participer à un MOOC à l'Université Laval, c'est:

  • Vivre une expérience de formation à distance de qualité.

  • Accéder à des contenus de formation originaux, riches et diversifiés présentés par l'entremise de ressources multimédias et d'activités interactives diverses.

  • Acquérir des connaissances de niveau universitaire, sans préalables.

  • Tirer parti du savoir des professeurs experts dans les disciplines faisant la renommée de l'Université.

  • Bénéficier d'un environnement numérique d'études convivial développé sur mesure à l'Université et utilisé par plus de 36 000 étudiants et 2 000 enseignants.

Malgré qu'elle soit non créditée, la formation en ligne ouverte à tous de l'Université Laval peut mener à une attestation de réussite. Sur demande, l'attestation pourra être remise aux participants qui complètent la formation et obtiennent la note de passage aux évaluations, moyennant un faible coût”.

Source : Qu'est-ce qu'un MOOC? par l’Université de Laval - https://www.ulaval.ca

Pour un MOOC qui démarre, on estime que 2 000 étudiants sur une première session est un bon objectif. Tout en sachant que cela peut-être moins et exceptionnellement beaucoup plus.

Après, pour les cours pour les petits groupes, on peut imaginer un format SOOC (Small Open Online Course). Le contenu est le même que celui du MOOC, seuls la puissance des outils et la structure d’encadrement change.

Qui sont les apprenants ?

Comme les MOOC et SOOC sont ouverts, cela peut-être n’importe quelle personne qui veut se former à votre sujet.

“S’ils viennent en grande partie de France (64 %), nos apprenants vivent aux quatre coins du monde. Des apprenants francophones très motivés viennent notamment d’Afrique subsaharienne et des pays du Maghreb. La session 1 a rassemblé 64 pays. En progression régulière. Ce nombre frise les 200 aujourd’hui”.

Extrait du dossier de presse de MOOC GdP de la session 11 de l’année 2018.

Qui est le prof ?

Cela peut-être vous-même ou votre pool de professeurs ou d’intervenants extérieurs si vous êtes manager de la formation. Mais attention, passer devant la caméra peut-être compliqué pour certains, voire parfois impossible.

“Quand certains enseignants deviennent par exemple des stars mondiales et l'aisance devant la caméra ou la webcam pourrait aussi devenir un impératif du professeur du XXIe siècle”.

MOOC : les profs face aux nouveaux cours en ligne - 04.010.2013 - https://www.franceculture.fr

Quel est le modèle économique ?

Le ROI du modèle économique est habituellement faible surtout si vous devez passer par des prestataires extérieurs. Le modèle est valable si vous gérez la chaîne de A à Z ou si vous avez peu de droits d’auteur à redistribuer. Faire un MOOC, ce n’est pas devenir riche ou faire du business, c’est surtout soit par vocation pour diffuser la connaissance auprès d’un large public, soit pour renforcer votre notoriété si vous êtes une université par exemple.

“Il n’y a pas un modèle d’affaires unique de MOOCs, il y a un modèle économique pour les plates-formes de livraison et de distribution de cours (type Coursera, edX, FUN…) et un autre modèle pour les universités, les grandes écoles, les instituts de formation, qui créent et possèdent le contenu”.

8 pistes pour décoder les modèles économiques des MOOCs par Yves Zieba 24 mars 2014 - http://www.withoutmodel.com

Quelle plateforme choisir ?

Si c’est pour avoir une large audience internationale, alors, il faut choisir une plateforme à succès. Mais, ne comptez faire aucun retour sur votre investissement en temps ou en argent car l'essentiel des revenus iront à la gestion du prestataire ou/et la location de la plateforme. Plus la plateforme aura du succès, plus l’entrée sera filtrée soit par vos références personnelles, soit par le prix.

Si c’est pour une diffusion plus locale et que vous preniez le temps de construire votre notoriété, vous aurez plus d’options. Soit vous faites partie d’une université, d’une Grande École, vous bénéficierez alors de services internes ou nationaux et donc cela fera partie de l’aura de votre travail de professeur. Soit, vous vous lancerez dans un projet privé sur une plateforme que vous devrez gérer de A à Z (data center, GDPR, mises à jour,...) ou sur une plateforme dont vous devrez louer les services et qui géreront toute la technique.

De nouvelles plateformes arrivent sur le marché sporadiquement, apparentés à des réseaux sociaux et avec des modèles économiques plus équilibrés pour les créateurs de contenus pédagogiques.

“BrainyUP est le premier réseau social intelligent, développé par une startup française.

Ce réseau a la particularité d’être basé sur le partage de connaissances, permettant ainsi à chacun d’y venir acquérir de nouvelles connaissances, parvenir à les capitaliser en compétences, échanger sur de nombreux points avec experts et professionnels…

Cela permet donc de développer son réseau de contacts pros, tout en apprenant ou en transmettant aux autres”.

BrainyUp - 2018 - https://www.cubelist.fr

Sur quelle base créer un cours ?

Le premier critère de base, c’est le sujet. Est-ce que le sujet que j’enseigne intéresse un public non-initié ?

Le deuxième critère est le niveau du cours. Si je veux mettre un cours avancé en ligne, existe-t-il un cours sur les pré-requis que mes futurs étudiants peuvent suivre au préalable ?

Le troisième critère est de savoir si le cours que je vais créer a un potentiel de public suffisant qui justifie que je déploie autant d’énergies à créer mon cours en ligne ?

Le quatrième critère est de savoir si la matière pédagogique existe déjà et si elle a déjà été enseignée avec succès ?

Structuration ou restructuration pédagogique

“On résume parfois le montage d’un MOOC à la conception des contenus pédagogiques. En vérité, le travail nécessaire à la mise au point d’un cours de ce type est colossal, et dépasse largement le simple tournage des vidéos du cours”.

Monter son MOOC en 7 étapes par Mathieu Cisel 16 juin 2013
http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel

Un cours en ligne n’est pas une formation journalière, ni un cours magistral d’une heure. C’est un espace d’apprenance depuis un compte personnel avec une attention à la formation variable, voire quelque fois atypique. Un professeur aura tendance à découper son heure de cours habituel en quelques capsules de 15 minutes. Et, là, ou il faisait un examen par mois, il proposera un quizz toutes les 4 capsules.

Cette posture qui lui parait naturelle est généralement à éviter. 15 minutes continues cela demande beaucoup d’attention et quelques fois, votre apprenant n’a pas 15 minutes devant lui surtout si il apprend dans les transports en commun. Il faut s’imaginer qu’aujourd’hui, c’est un contexte usuel d’étude d’un MOOC. Le format idéal est entre 3 à 5 minutes. Ces capsules vidéos devront avoir une introduction, une conclusion, un contenu stimulant dans une suite pédagogique cohérente au format de la semaine avec des exercices, tests, quiz d’essais ou pas et un quizz final pour valider le parcours intermédiaire. Et ce modèle se décline et s'égraine sur plusieurs semaines de 4 à 6 ou plus selon votre contenu.

Typologie du MOOC

La typologie des MOOCs comporte :

  • les certifiants qui nécessitent des examens surveillés,
  • ceux qui ne délivrent que des attestations de suivi de la formation,
  • ceux qui sont formatifs avec des exercices corrigés par les pairs par exemple,
  • ceux qui sont informatifs et toujours accessibles en dehors du parcours
  • les connectivistes.

Mise en forme du MOOC   

Un MOOC peut-être composé de vidéos de vous-même, de schémas, d’animations, de «lives», d’exercices auto-corrigés  ou corrigés par les pairs, de quiz, d’examens surveillés en ligne, d’images interactives, de témoignages, bibliographies; qu’importe, l’essentiel est la structure pédagogique à laquelle vous allez tenir mordicus, ceci afin de soutenir le rythme de l’apprenant avec des points de repères stables.

"Il me semble que l’un des aspects essentiels de l’engagement et de la persévérance dans ce type de parcours tient au rythme qui est donné.

Deux éléments fondamentaux d’un MOOC connectiviste soutiennent la participation en créant un rythme, une dynamique :

  • Les conférences (ou interventions) hebdomadaires qui apportent du contenu et font le point sur les informations du cours.
  • Les lettres quotidiennes qui relatent les ‘points chauds’ du MOOC.

Je pense que l’accompagnement doit prendre sa place dans ce rythme,  en contretemps par rapport au rythme ‘fondamental’ du MOOC. Ainsi, si les conférences du MOOC ont lieu le jeudi (comme pour ITyPA), l’accompagnement (rencontres sur site ou publication des billets de blog) doit se prévoir autour du lundi. Cela crée une sorte de dialogue entre le MOOC et l’accompagnement". 

Accompagnement dans un MOOC - 27 janvier 2014 - jackdub - 
https://prodageo.wordpress.com

L’équipe d’encadrement pédagogique

Un des facteurs de réussite important demeure l'équipe d'encadrement pédagogique. Elle va structurer les informations sur la plateforme et les réseaux sociaux, le rythme, les interactions entre pairs et avec le professeur. Une équipe sympa est un bon atout pour agréger votre communauté d’étudiants.

“- un responsable pédagogique, en charge de la sélection ou de la création des contenus pédagogiques

- un chef de projet, qui s’assure du bon déroulement du cours

- un community manager, responsable de la communication avec les participants au sens large

- un responsable communication, en charge de la campagne de recrutement des participants, de la communication avec les médias, et de la valorisation du MOOC après son déroulement”

Monter son MOOC en 7 étapes par Mathieu Cisel 16 juin 2013
http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel

Faire un MOOC, c’est savoir bien choisir

A tous ces points cités précédemment correspondent des choix stratégiques à faire et qui vont formater votre formation. Il faut garder en tête qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises formules. Il y a juste la votre qui sera un mélange entre les services offerts par la plateforme qui va accueillir votre formation, vos choix typologiques de formation et votre équipe, vous-même en tant que responsable ou créateur de cursus pédagogiques.


Source image : Pixabay Geralt

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur