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La formation, source d'engagement chez l'enseignant

La formation peut être une grande source de motivation pour les enseignants... si elle correspond à ce qu'ils cherchent

Par Alexandre Roberge , le 09 septembre 2018 | Dernière mise à jour de l'article le 10 septembre 2018

Enseignant est l'un des plus beaux métiers du monde. Quoi de plus valorisant que de former les futurs esprits et citoyens de sa nation? Pourtant, il suffit d’aller se promener un peu sur Internet pour voir que l’emploi ne présente pas souvent ce coté plus reluisant.

Le surmenage et le stress sont davantage le lot du corps professoral que de celui de la majorité des autres professions. On fait reposer sur leurs épaules un nombre important de responsabilités envers les apprenants. Donc, pas de quoi séduire des jeunes en orientation d’aller dans cette filière. D’ailleurs, bien des pays, dont la Bulgarie n’arrivent pas à obtenir suffisamment de cohortes de jeunes professeurs. L’augmentation de salaire est bien là pour attirer, mais ce n’est pas suffisant. Offrir de la formation pourrait permettre de poursuivre l’engament de ceux-ci.

Parce qu’il ne suffit pas de décrocher son diplôme en enseignement pour être compétent dans ce domaine. Il s’agit d’un milieu qui évolue et doit proposer des savoirs et des compétences en lien avec les changements du monde. Ainsi, avec la venue des technologies de l’information, il a fallu que de plus en plus de professeurs soient en mesure d’utiliser ces outils pour les montrer aux plus jeunes. Du coup, la formation chez les enseignants parait une bonne façon de les engager.

Quelle formation pour les profs?

Des chercheurs et spécialistes se sont penchés sur le sujet. Ici, des experts américains se sont intéressés aux différentes approches d’enrichissement du personnel enseignant. Bien sûr, il y a celle de contenu permettant au corps professoral d’être plus à l’aise et moins hésitant avec la matière. Cela a donc ses bons côtés mais reste plutôt superficiel. D’ailleurs, les études actuelles ne montreraient aucun impact positif de ce type de formation sur les apprenants. Ils se posent aussi des questions sur les formations ponctuelles offertes ici et là.

Certains se demandent s’il ne vaut pas mieux des enseignements continus plus durables dans les faits à cause de la durée. Cette approche permettrait ainsi qu’il n’y ait pas des disparités entre ceux ayant suivi, par exemple, un cours durant l’été et ceux ne l’ayant pas fait. Et cela donnerait donc le temps aux professionnels d’acquérir ces savoirs et compétences et de les mettre en place. Encore faut-il que l’administration de l’établissement encourage la formation et qu’elle soit bien vue par les employés. En effet, il peut être très facile de la faire paraître comme une punition ou comme une « preuve d’incompétence ». Il faut, au contraire, que cela soit vu comme une bonne chose, une initiative d’amélioration de ses pratiques.

Qu'en disent les intéressés?

Et si la meilleure approche venait du corps professoral lui-même? Une recherche faite auprès de professeurs de la région de Montréal donne une idée de ce qu’ils attendent. Des enseignants aux adultes ont répondu à des entrevues semi-dirigées afin que les chercheurs comprennent ce qu’ils aimaient ou pas dans leur formation. Ce qui en ressort est une volonté d’autonomie chez eux sur l’occasion de se former. Qu’ils aient un mot à dire sur ce qui est offert, ce qui n’est absolument pas le cas en ce moment. Il s’agit en fait du sentiment le moins satisfait et pourtant le plus important aux yeux des répondants. Ils aiment aussi davantage l’approche de formation par petits groupes. Cela leur permet de développer des liens sociaux et un esprit de collaboration.

Enfin, un point que soulignent grandement les chercheurs dans leur conclusion est la question de la pertinence. La plupart trouvent sur ce point les formations moyennes et en souhaiteraient qui sont liées à leurs besoins. Beaucoup trop théoriques et peu motivantes, celles offertes actuellement aux répondants ne sont donc pas toujours ce qu’ils cherchent. Voilà peut-être la prochaine étape de la formation chez les enseignants : leur proposer des solutions personnalisées, répondant aux besoins d’un groupe ou au moins continues dans le temps et leur donnant les moyens de mettre en place ce qui est enseigné..

Illustration : Honoring Theresa Bratt - Barrett Principal via photopin (license)

Références

« Devenir Enseignant Est Loin De Motiver Les Jeunes En Bulgarie…. » BNR Radio Bulgaria. Dernière mise à jour : 19 juillet 2018. http://bnr.bg/fr/post/100997421/devenir-enseignant-est-loin-de-motiver-les-jeunes-en-bulgarie.

Lévesque, Anne-Isabelle. « Influencer Positivement L’engagement Professionnel Des Enseignants. » RIRE. Dernière mise à jour : 4 avril 2018. http://rire.ctreq.qc.ca/2018/04/influencer-positivement-lengagement-professionnel-des-enseignants/.

Ravez, Claire. « Que Disent Les Recherches Sur La Formation Continue Des Enseignants Aux Etats-Unis ? » Éduveille. Dernière mise à jour : 30 janvier 2018. https://eduveille.hypotheses.org/9151.

« Stress, burn-out, charge émotionnelle: les profs souffrent plus que la moyenne des professions. » Sudinfo.be. Dernière mise à jour : 12 janvier 2018. http://www.sudinfo.be/id32603/article/2018-01-12/stress-burn-out-charge-emotionnelle-les-profs-souffrent-plus-que-la-moyenne-des.

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