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Traducteur, un métier d'avenir ou pas ?

Humain VS I.A., qui sortira vainqueur de la bataille de la traduction ?

Par Sandrine Benard , le 17 juin 2019

 « Une traduction est une annexion » disait Victor Hugo (1802-1885), romancier français du XIXe siècle. De l’autre côté de la Manche, un autre écrivain, britannique celui-ci, disait que «La traduction est, au mieux, un écho ». 

Vous l’aurez compris, le métier de traducteur est loin de faire l’unanimité dans le monde des langues…. Comment devenir traducteur, se former, s’orienter et faire carrière dans ce métier ? Dans un XXIe siècle résolument tourné vers l’avenir et le numérique, où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place, peut-on dire que le métier de traducteur est encore porteur d’espoir ?

Devenir traducteur

Des études courtes, pensez-vous ? Que nenni. Après le Bac, il faudra 5 ans pour obtenir un Master ou un diplôme d’une école spécialisée, à l’instar de l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs), à l’Université de la Sorbonne, Paris), l’ISIT (Intercultural School, toujours à Paris), l’INALCO (Institut National des langues et civilisations orientales) ou encore l’ESTRI (School for international Carrer of Lyon Catholic University) pour la France.

Au Québec, le contexte canadien bilingue aidant, les études sont plus courtes : comptez 2 ans d’études dans les universités francophones ou 3 ans dans les universités anglophones  pour un Baccalauréat spécialisé en traduction. À noter que ces formations peuvent être complétées par des spécialisations dans un programme d’études supérieures du 2e cycle, à l’instar de celles en interprétations judiciaires ou de conférences. En outre, pour pouvoir exercer cette fonction au Québec, il faut également être inscrit à l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec.

Faire carrière

Vous aimez les langues, les voyages, la rédaction, la discussion, la rigueur, le sérieux, mais aussi le travail en équipe ? Pas de problème, le métier de traducteur correspond à ces attentes.

Une fois le fameux diplôme en poche, reste à savoir comment faire carrière dans ce domaine. Déjà, il s’agit de bien différencier interprète et traducteur. Le premier se limitera à la communication orale alors que le second se concentrera surtout sur les textes écrits.

La plupart des traducteurs-interprètes sont de travailleurs indépendants/autonomes qui travaillent à leur compte pour différents clients, comme des entreprises, des particuliers, des organismes publics ou encore, comme c’est souvent le cas au Canada, pour les gouvernements. 

Contrairement à l’idée commune que « le travail d’un traducteur, c’est de traduire un livre », il s’agit plutôt de traduire des documents produits par des entreprises, comme un guide de l’utilisateur, un contrat, un site Internet, une plaquette publicitaire…  

Étant donné que le traducteur-interprète pourrait être amené à évoluer dans des milieux linguistiques spécialisés, il convient pour lui de se spécialiser dans un domaine particulier (la santé, l’ingénierie, les sciences, la justice…), mais aussi de maîtriser, idéalement, une tierce langue. 

La maîtrise d’une terminologie adaptée et précise est indispensable. Outre l’aspect linguistique (aussi bien dans sa langue maternelle que dans celle de la traduction), il/elle devra faire preuve d’une extrême rigueur au niveau de l’organisation, du respect des délais et du travail en équipe. S’adapter, conseiller, communiquer sont les maîtres mots quant au contentement et à la fidélisation de ses clients !

Et demain ?

Travailler dans la traduction, ou plus largement, dans le monde des langues et de l’interprétation, c’est bien beau, mais peut-on dire que c’est un métier d’avenir dans une société qui a résolument pris son tournant numérique et où l’intelligence artificielle prend de plus en plus de place dans nos vies ?

En effet, outre les dictionnaires traditionnels que nous utilisons nous-mêmes depuis nos années scolaires, puis avec l’avènement des dictionnaires électroniques bilingues, nous avons pu voir un véritable avènement des traducteurs automatisés, à l’instar de Google TraductionYandex translate, Deep (le meilleur pour l'instant) ou encore Microsoft Translator, qui, par la mise au point extrême de leurs applications dédiées sont même capables de jouer le rôle de traducteur simultané !

Un exemple ? Prenez votre téléphone intelligent, téléchargez Google traduction (version iOS ou Android), choisissez la langue de départ et d’arrivée (français et anglais, par exemple), sélectionnez «conversation», parlez, dites une phrase, immédiatement celle-ci est traduite en anglais et prononcée de façon à ce que votre interlocuteur l’entende aussitôt après que vous l’ayez prononcée dans votre langue maternelle ! Fini le temps d’attente, la traduction est simultanée. Il en va de même pour un document écrit. Même chose, avec cet outil, sélectionnez « appareil photo » ou « écriture manuscrite » et la traduction sera immédiate.

Ici, on parle d’applications, mais c’est encore sans compter sur les écouteurs numériques avec traducteurs automatiques intégrés… pour cela, n’hésitez pas à vous référer à un autre de mes anciens articles qui traite de ce sujet : Traduction simultanée en réalité augmentée.

Cependant, peut-on dire que l’intelligence artificielle est apte à remplacer complètement l’homme ? Non, définitivement. Bien que les traductions soient de plus en plus élaborées et constructives, elles n’en demeurent pas moins toujours plus « bancales » que celles d’une personne, spécialisée dans le domaine. À toutes parts égales, un même texte ne sera pas traduit de la même façon par une IA que par une personne. Le fond sera certes le même, mais la forme ne saurait être égalée… du moins, pour l’instant…

Sources et illustrations 

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