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Que faire face à la désespérence des jeunes ?

Phénomène mondial qui quelque fois mène au suicide, le désespoir des jeunes aujourd'hui.

Par Virginie Guignard Legros , le 16 juin 2019 | Dernière mise à jour de l'article le 18 juin 2019

Cette vidéo, très forte dans son message, fait écho à des situations que l’on connaît ici de jeunes qui se sont réfugiés dans des jeux vidéos par désespoir de ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir. Cet article fait le tour du monde du désespoir chez les jeunes.


Témoignages

Source Youtube : RTS - Temps Présent - Migrants sur la route de l'enfer
 

“C'est terrible comme témoignage. Ce n'est pas qu'ivoirien comme problème. La jeunesse des pays émergents rêvent des pays occidentaux comme de paradis et celle des pays occidentaux rêve d'être la star d'un soir comme espoir. C'est un travail mondial à faire sur la jeunesse. "Mon coeur n'est pas tranquille", c'est peut-être la phrase clef à retenir. C'est un mal-être qui vient du coeur et c'est partout dans le monde. Leurs problèmes sont différents, mais l'énergie mondiale est la même”.

Source : Virginie Guignard Legros - médias sociaux 2019

 

Source YouTube : Au Groenland, le désespoir de la jeunesse - France 24

Tout au Nord, au Groenland, les jeunes inuits sont aussi désespérés, l’ennui, l’alcool fait des ravages dans ces communautés, elles aussi sans travail. On y trouve un taux de suicide des jeunes 8 fois plus élevé qu’en France. Les raisons en sont les maltraitances parentales, dont les abus sexuels, exacerbés par le désespoir permanent. Comme en Afrique, pas ou peu de ressources de soutien, avec Internet comme seule fenêtre sur le monde.

Si en Afrique les jeunes ont l’espoir de l’Europe ou du Canada comme terres nouvelles et prennent des risques, même mortels pour suivre l’espoir, qu’en est-il des jeunes occidentaux ?

Pour les jeunes occidentaux, à part les sujets sur les suicides, donc l’hyper-désespoir, il n’y a pas de sujet sur le désespoir des jeunes qui se réfugient dans les jeux vidéo, où alors ils sont mis dans la catégorie des drogués des jeux. Il semble y avoir une non-conscience ou un tabou sur le sujet. Pourtant chacun d’entre-nous connaissons un ou plusieurs jeunes qui ont baissé les bras face à leur avenir. Et, si il n’y en a pas, c’est peut-être parce qu'on ne les voit pas où qu'on ne veut pas les voir.

Les sources du désespoir ?

La négation du passé, l’absence de racines est une des premières causes, elles sont flagrantes dans des contextes post-colonialistes où seules les valeurs, les savoirs, l’école (et donc le management) des occidentaux avaient leurs places, au détriment de cultures millénaires. Les racines permettent d’avoir des points de repères entre le bien et le mal, entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Ce sont nos fils conducteurs en cas de violences, de crises. Sans ses racines, il n’y a plus de repères, juste le despespoir d’être encore plus perdu.

La globalisation a eu un effet accélérateur sur le processus, en balayant les bribes de cultures survivantes. Une culture unique à tous, calquée sur des valeurs unilatérales. Voilà ce que l’on a proposé aux jeunes depuis les 20 dernières années. Et, tout ceci en balayant d’un tour de main toutes les cultures locales qui n’ont plus eu de valeur, celles de ancêtres, des coups durs, celles qui nous relient à nos ancêtres et à notre famille. Tout cela disparu, laissant des jeunes perdus dans l’univers avec un seul objectif : devenir la star d’un soir.

L’hyper-communication où plus personne ne peut échapper aux malheurs des autres avec pour résultat d'engourdir les empathies et de favoriser les indifférences à toutes les échelles. Cela crée aussi des monstres d’indifférence ou des agresseurs qui transmettent les violences qu’ils subissent en nouvelles violences plus cruelles encore. Il n'y a plus d’espace privé, plus de coupure avec ses semblables aux grand plaisir des extravertis, mais au grand drame des introvertis qui sont en permanence dans le mal-être social.

Et, incertitude de l’avenir, dans laquelle aucun jeune ne peut se projeter sereinement. Une planète en perdition, des pays en crise, des diplômés sans travail, des emplois précaires. Le cadre s’est envolé, la stabilité est un mot perdu dans l’immensité de la complexité de notre monde que seuls ceux qui ont une intelligence éveillée peuvent comprendre, mais pas forcément accepter. Et, il y a ceux qui ont décroché de tout. Ceux-là vivront des aides sociales ou finiront à la rue sans plus aucune perspective de vie meilleure.

Des solutions ?

Source : Questionnement d'un jeune Kanak sur l'avenir de son pays
Warren Naxue | TEDxNouméa

Ce jeune Kanak s’interroge sur son existence. Où est passé sa civilisation ? Sa société ? Sa culture ? Comme tout le monde, il a besoin de ses repères pour se sentir humain. Où sont passées ses valeurs de partage, de respect, d’humilité, de sagesse qui sont les fondements des échanges. Où est passé son lien avec le monde végétal ? Animal ? Minéral ? Que s’est-il passé ? Je me demande si il est possible d’allier les pensées occidentales et kanaks ? Pourquoi ne pas enrichir les pensées par les éléments de culture de l’autre ?

Donner à boire à quelqu’un qui n’a pas soif, c’est la situation des encadrants face à ses jeunes désespérés. Pour avoir soif d’aller vers l’avant, il faut avoir goûter à des expériences positives sur le sujet. Quand la famille est source d’hostilité, que l’école va essayer de vous formater sans vous comprendre, qu’après le diplôme, il n’y a pas de travail, donc pas de statut social et encore moins de dignité, ce n’est pas si stupide de se réfugier là où il y a un peu de plaisir comme l’alcool, la drogue... et les jeux vidéo. Mais ce ne sont pas des solutions d’avenir, loin de là. Ce sont plutôt des petites morts qui souvent mènent vers des allers sans retours.

Les solutions ? L’inclusion culturelle, l’inclusion sociale, le dialogue entre personnes, entre cultures, la dignité pour tous en passant par le respect des cultures et le droit au travail pour tous comme but monétaire, mais aussi social… et surtout l’héritage des anciens aux plus jeunes en passant par la transmission de notre planète terre comme planète d’avenir et non pas de désespoir.

Source image : Pixabay Graehawk

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