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Publié le 14 novembre 2019 Mis à jour le 18 septembre 2020

La communauté apprenante et ses effets sur le développement et le sentiment d’efficacité - Thèse

Les communautés apprenantes, une solution pour la réussite éducative

La problématique de l’apprentissage collaboratif des enseignants

La problématique de recherche met en avant le développement professionnel des enseignants par la mise en œuvre d’un processus de changement et de transformation, au cours duquel l’amélioration de la pratique, la maîtrise du travail et le sentiment d’efficacité dans l’agir enseignant sont reliés.

L’activité collaborative contraint à des ajustements mutuels, à des activités qui construisent une conception partagée d’une situation, d’un objet donné ou d’un problème. Les communautés apprenantes favorisent ce cadre d’activités. 

En France le Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation situe les enseignants comme acteurs de la communauté éducative. La question de leur formation continue se pose alors. La démarche collaborative et la formation continue sont deux leviers essentiels du développement professionnel.  

L’auteur observe que, à travers les recherches posées les pratiques collaboratives enseignantes,  plusieurs recherches pointent cette dimension collaborative comme «source de bonheur», « vecteur d’apprentissage »,  moyen d’acquisition de « connaissances, d’habiletés et de valeurs », renforcement du sentiment d’égalité par le travail partagé. Mais le travail collaboratif au sein de communautés serait surtout porteur de la réussite scolaire des apprenants.

L’auteur cherche à en savoir plus sur et à documenter les pratiques d’apprentissage social en particulier les dynamiques relationnelles entre co-construction, collaboration, communauté apprenante et représentations. L’une des références théoriques clés est Albert Bandura pour qui l’apprentissage est un acte social.

Ensuite de nombreux auteurs sont mobilisés pour décliner la force de cet apprendre/travailler ensemble. La culture collaborative

« s’inscrirait dans une dynamique interactionnelle où les personnes travailleraient dans des relations d’interdépendance et en cohésion autour d’un but commun à atteindre ».

L’engagement mutuel des participants, pour lesquels ‘‘apprendre ensemble’’ a son importance, contribuerait au développement de connaissances communes et à une compréhension partagée.  Deux processus se combineraient pour produire une nouvelle réalité sociale les représentations cognitives singulières d’une part et les représentations sociales d’autre part.  

Pour l’auteur identifier les représentations communes et partagées des personnels scolaires au regard des concepts et construits caractérisant le travail collaboratif est pertinent parce qu’inter relié à une dynamique d’apprentissage continu.

L’organisation de la recherche


L’auteur s’est donné comme objectif « d’identifier les représentations de personnels scolaires au regard de la communauté apprenante, générant collaboration et coconstruction des apprentissages, ainsi que ses effets sur le développement professionnel et un sentiment d'efficacité collective. »

Pour atteindre un tel objectif il a défini 4 objets d’investigation :

  1. Identifier les représentations sur la coconstruction des apprentissages.
  2. Définir les caractéristiques de la collaboration.
  3. Déterminer les marqueurs du sentiment d’efficacité individuelle et collective en relation avec les savoirs et les pratiques professionnelles.
  4. Distinguer les particularités de la communauté apprenante.

Il développe une méthodologie de recherche descriptive pour articuler des méthodes quantitatives et qualitatives avec pour population de référence des personnels scolaires à l’Enseignement catholique français en Guadeloupe, des cadres scolaires (N=18) ayant participé à des entretiens et des personnels scolaires (N=28) ayant rempli le questionnaire et participé à des entretiens.

Le questionnaire embarquait des questions fermées pour un traitement de statistiques descriptives et des questions ouvertes pour donner lieu à une analyse thématique et une analyse de contenu. Les données issues des deux formes de traitement ont donné lieu à une discussion scientifique

Le cadre théorique


L’objectif général de la recherche met en lumière les dimensions de la communauté apprenante, où ressources et environnement sont en mouvement de manière récursive.

Un environnement collaboratif est un environnement qui «recrée les territoires respectifs des uns et des autres» tout en valorisant une dynamique positive d’apprentissage continu qu’Autissier et al. (2013) nomment ‘‘environnement capacitant’’.

Même lorsque les enseignants n’en ont pas conscience ils apprennent en collaborant, ils partagent des représentations, ils comprennent mieux les liens entre collaboration et co-construction, ce qui tend à renforcer un sentiment d’efficacité tant personnelle que collective. Ils perçoivent mieux leur capacité en tant qu’équipe-école à organiser exécuter les actions concertées requises pour prévenir et gérer les comportements difficiles, pour répondre aux besoins des élèves et produire un effet positif sur leurs réussites éducatives.

Ce sentiment d’efficacité collective augmente le pouvoir d’agir des enseignants tout en contribuant à leur développement professionnel. C’est parce que des représentations se partagent et apportent un surplus de pouvoir d’agir que les enseignants valorisent la formation continue au sein même de la communauté apprenante.

La modélisation des dynamiques collaboratives montre l’intérêt d’un espace social concerté que l’on peut qualifier de ‘‘capacitant’’qui privilégierait une culture collaborative, engendrée par une identité commune et une vision partagée dans des temps communs et des espaces de travail partagés. 

Cette proximité entre acteurs instaure également une mémoire collective qui s’inscrit dans le répertoire partagée propre à la communauté apprenante. Dans le même temps la communauté augmente son capital social parce que l’action permet d’atteindre un but commun, la réussite scolaire des élèves et le sentiment d’efficacité collective des équipes scolaires.

Pour l’auteur ce sentiment capturerait ‘‘l’énergie positive’’, transformatrice de la communauté apprenante, et générerait de nouvelles expériences, d’apprentissage mutualisées.  

Portée et limites de la recherche


L’actuelle étude a ses limites. Les résultats sont à interpréter avec prudence, notamment par la nature même de l’échantillon. La taille de ce dernier ne permet aucune généralisation des résultats obtenus à l’ensemble de la population des personnels scolaires à l’Enseignement catholique français en Guadeloupe.

Cependant, la publication de la thèse va permettra une meilleure prise en compte des conditions d’efficience des communautés apprenantes. En complément de l’effort de formation continue pour les enseignants, les communautés sont des espaces de gestion des ressources humaines, au sein desquels l’apprentissage social ouvre de nombreuses possibilités de développement professionnel. À ces retombées d’ordre social, des retombées d’ordre professionnel sont envisageables.

Pour l’auteur selon, le principe de récursivité, propre à cet espace institutionnel, la culture de l’apprentissage encouragée, peuvent rendre l’environnement en milieu scolaire, “capacitant” ou chaque membre trouve les conditions de son propre développement. La communauté apprenante s’avère former un espace ‘‘d’intelligence collective’’ ou chacun puise pour apprendre.

L’environnement ‘‘capacitant’’ constitué de la communauté rassemble toutes les parties prenantes (l’Institution scolaire, l’Enseignement catholique français, les chefs d’établissement et les personnels scolaires) donne à voir ce qu’il faut pour agir et initie les besoins en formation continue.

Pistes de réflexion

Le regard des apprenants eux-mêmes serait intéressant à mobiliser. Quelles représentations ont-ils de la collaboration de la communauté qui les anime ?  D’autres questions relatives à la formation continue ou à la diffusion des pratiques exemplaires serait aussi un plus pour faire grandir l’efficience de ces communautés.

Source

Thèse : La communauté apprenante et ses effets sur le développement professionnel et le sentiment d’efficacité collective promus par la collaboration et la coconstruction des apprentissages : représentations de personnels à l’Enseignement catholique français en Guadeloupe.
Par Nicole David (Philippe) (.pdf)

https://savoirs.usherbrooke.ca/bitstream/handle/11143/14450/David_Nicole_PhD_2018.pdf



Mots-clés: Formation Continue Communautés D'apprentissage Apprendre ensemble apprenance collective école

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