Irokko : app de compensation de ses émissions carbone
Le principe de cette application environnementale est simple. : vous produisez du CO2, vous compensez en plantant autant d'arbres qu'il faille pour arriver à une carbo-neutralité.
Publié le 03 mai 2020 Mis à jour le 03 mai 2020
Encore trop de gens confondent la météorologie et la climatologie. En effet, ils nient, par exemple, les changements climatiques dès qu’il se met à faire un peu froid. Et surtout, beaucoup utilisent cet argument leur semblant imparable :
« Ils se trompent sur la température dans deux jours et on voudrait nous faire croire qu’ils sont capables de deviner ce qui arrivera en 2030 ou 2050? »
Or, cette position ne prend pas en compte la différence entre les deux sciences. Dans la première, bien que les instruments soient de plus en plus précis, cela reste des prédictions à partir des informations disponibles à un moment de la journée. D’ailleurs, cela explique que les prévisions météorologiques se modifient souvent d’heure en heure. Parce qu’il suffit d’un changement de pression atmosphérique, de force des vents, de modification dans le courant-jet afin que tout se transforme et qu’une dépression se creuse ou, au contraire, s’affaiblisse.
En climatologie, toutefois, la modélisation est tout à fait différente et repose moins sur des facteurs aussi inconstants. Du coup, cela pose la question de comment se conçoit un modèle de climat.
Cela commence donc par une analyse de la situation actuelle. Par exemple, prendre en note la population humaine, le PIB, les politiques climatiques et d’autres éléments. Ensuite, les experts entrent diverses possibilités que ce soit négatif ou positif en ce qui concerne les systèmes politiques, énergétiques et d’usage des sols, entre autres. En modifiant les variables, et par des calculs mathématiques, ils arrivent alors à proposer différents scénarios. Par la suite, les chercheurs vont souvent opter pour un ou deux modèles à présenter aux médias afin de donner une idée d’où en est la communauté scientifique à un moment précis.
Ils ne peuvent toutefois pas représenter tout. Par exemple, le système financier n’est pas pris en compte dans la modélisation alors qu’il a un effet sur la transition. D’autres omettent l’effet rebond d’une transformation énergétique qui pourrait alors avoir moins de répercussions sur la baisse de température à l’échelle mondiale. Et puis, nous continuons d’en apprendre sur le phénomène des changements climatiques. Ainsi, les lacs ne réchauffent pas avec le climat mais ils sont des émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de plus en plus grands de méthane, un GES 28 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.
À l’automne 2019, deux modèles climatiques français ont montré que le réchauffement serait plus prononcé d’ici 2100, atteignant 7 degrés Celsius de plus contrairement aux précédents qui parlaient de six degrés. Il s’agit, certes, du scénario pessimiste mais celui-ci s’avère de plus en plus crédible étant donné l’inaction des politiques en France, entre autres. D’ailleurs, la modélisation s’est raffinée et a permis de visualiser les potentielles vagues de chaleur, les mouvements de poussières ou les cyclones pouvant frapper l’Europe et l’océan Indien.
En Allemagne, les modèles ont montré que les efforts n’étaient pas suffisants et qu’en continuant ainsi, la Terre se réchaufferait de 4,94 degrés d’ici 2050. Ce qui démontre donc l’écart considérable entre ce qui se passe et les objectifs de la COP 21 à Paris. D’ailleurs, de nombreuses modélisations révèlent que la plupart des pays ne s’approchent pas du tout des volontés de l’accord signé en 2015. En fait, certains scénarios prévoient que trois fois plus de gens seront affectés par des inondations d’ici 2100, pouvant atteindre jusqu’à 340 millions dans celui le plus catastrophique.
L’avantage des modélisations est qu’elles ne sont pas coulées dans le béton. Elles peuvent se modifier en bien avec l’adoption de meilleures politiques et actions environnementales. De plus, les technologies permettent de comprendre aussi des périodes de changements importants qu’a connu la Terre dans le passé. En effet, durant l’Éocène, de -56 à -34 millions d’années, la température mondiale a augmenté de 5 à 9 degrés en quelques dizaines de milliers d’années. Il s’agit probablement de la situation géologique la plus proche de ce que nous vivons et qui permet de voir, entre autres, le rôle de la couverture nuageuse comme un bouclier contre le réchauffement.
Enfin, le grand public ainsi que les professeurs de sciences de la vie et de la Terre peuvent s’amuser avec un logiciel gratuit simulant des changements climatiques et ses effets. SimClimat est disponible autant sur les plateformes Windows et Mac que sur celles mobiles (Google Play et Apple Store) et offre simplement l’occasion de jouer les scientifiques tentant de modéliser les scénarios climatiques.
Illustration : Gerd Altmann de Pixabay
Références :