Réussir son retour d’expérience
De grandes organisations s’efforcent de créer des processus de retour d’expérience pour apprendre non seulement individuellement mais également collectivement. Il s’agit de créer des « organisations apprenantes ».
Publié le 05 juillet 2020 Mis à jour le 05 juillet 2020
Au moment d’avoir fini de lire cet article, des centaines de photos de milieux naturels auront été publiées sur Instagram, entre autres. En effet, les parcs nationaux et écosystèmes sont devenus de magnifiques paysages pour mettre en valeur une personne devant l’immensité naturelle. Or, ces beaux clichés d’individus admirant un coucher de soleil sur une pierre en Islande ou sur une bûche au Canada ne montrent pas la réalité derrière : la foule de gens qui attendent en ligne pour prendre la même image. L’effet de mimétisme provoque une affluence à divers endroits sur la planète.
Une journaliste de Radio-Canada s’est entre autres intéressée à l’attrait des touristes pour un grand rondin au parce Joffre Lakes, en Colombie-Britannique. Elle a pu interroger autant des instagrammeurs que des responsables du parc qui commencent en avoir assez de cette folie et de ces immenses files. D’ailleurs, les autres randonneurs pestent souvent contre ce bouchon d’individus uniquement là pour susciter l'intérêt de leurs abonnés. D’autant plus qu’il ne s’agit pas du seul endroit au monde où les gens se précipitent.
Ce court diaporama rappelle comment des milieux naturels sont fréquemment saccagés par le public. Par exemple, en 2019, après un hiver particulièrement pluvieux en Californie, un champ de magnifiques coquelicots oranges est apparu. Il n’en a pas fallu longtemps pour que des dizaines de milliers de personnes aillent prendre des selfies, piétinant le terrain et empêchant les chances de revoir un tel spectacle dans le futur.
Sur une plage espagnole, les touristes adorent utiliser des rochers et en faire de petites tours. Or, ces pierres sont le refuge de lézards, d’araignées et d’insectes. Ainsi, pour une photo, un écosystème est endommagé totalement ou en partie. Sans compter que certains photographes n’ont aucun scrupule à laisser des détritus sur les lieux.
Conséquemment, certains s’insurgent contre cette destruction de la nature par des influenceurs. Le compte « publiclandhatesyou » publie régulièrement les effets de ce tourisme et commente les clichés de ces influenceurs pour leur rappeler leur bêtise. Une approche frontale et pas nécessairement si efficace montrant toutefois le désarroi de certains qui voient des milieux locaux ou internationaux menacés par l’afflux de gens.
Certains par ailleurs « défendent » cette approche Instagram de la nature. Non pas qu’ils soient pour les détritus mais ils considèrent que ce mouvement a démocratisé les parcs nationaux auprès des publics locaux, entre autres. En fait, les réseaux sociaux peuvent même de solides outils de promotion de la conservation. Par exemple, Greenpeace a souligné l’apport considérable d’appuis pour préserver une structure appelée la « Cité perdue » dans l’Océan Atlantique. Un milieu magnifique menacé par l’industrie minière qui a alors été dessiné de nombreuses fois, rappelant l’importance de sa préservation.
Cet article de Vice rappelle que le travail de ces photographes professionnels et amateurs permet de montrer ce qui est en jeu et ce qui pourrait disparaître avec les activités humaines. En fait, selon ce texte, ce ne sont pas les influenceurs de ce monde qui doivent être blâmés plutôt que les instances politiques qui financent très peu la conservation des parcs nationaux et n’augmentent pas suffisamment le nombre des espaces protégés. Les images prises pourraient servir la cause écologique...
Néanmoins, certains touristes ont dépassé les bornes et ont nui à la préservation. Il n’est pas étonnant d’ailleurs de voir l’Islande, avec ces paysages à couper le souffle, mettre en place des campagnes afin de sensibiliser les voyageurs et ne pas compromettre les écosystèmes. Il existe aussi des initiatives pour améliorer la situation. Par exemple, durant l’été 2019, le WWF (Fonds mondial pour la nature) en France proposait de géolocaliser les clichés avec un « I love nature » pour ne pas révéler l’endroit précis et créer des foules dans des milieux fragiles.
Aux États-Unis, le Center for Outdoors Ethics a lancé un site appelé «Leave no trace» où les touristes, travailleurs de l’extérieur et autres ont droit à des guides et articles afin de diminuer les impacts écologiques de leur présence en milieux naturels.
D’ailleurs, certains lieux touristiques comme celui-ci au Texas travaillent de pair avec l’organisme pour rappeler les comportements à prendre lorsqu’ils se trouvent dans la nature.
Illustration : rottonara de Pixabay
Références :
« Newsround. » BBC. Dernière mise à jour : 25 juin 2019. https://www.bbc.co.uk/newsround/48755008.