Les enseignants chercheurs français aiment jouer !
Les publications et manifestations universitaires consacrées au jeu sérieux seraient-elles plus nombreuses que les applications en classe ?
Publié le 26 avril 2011 Mis à jour le 26 avril 2011
Dans la mentalité populaire, le jeu renvoie à l'idée de distraction et se définit par opposition au travail et au sérieux. Cette croyance encore tenace a pour conséquence d'entretenir une réticence des enseignants à intégrer les jeux dans l'enseignement. Or le potentiel pédagogique des jeux est attesté depuis plusieurs années, surtout dans le processus d'apprentissage des langues.
Adam John Simpson enseigne l'anglais en Turquie. Auteur d'un article sur l'utilisation des jeux dans les classes de langues, publié dans le magazine Humanising Language Teaching, il fait observer que la plupart des ouvrages didactiques comportent une ou deux activités ludiques cachées parmi les ressources. Le fait qu'elles se trouvent là et non au beau milieu du scénario pédagogique a contribué à renforcer l'idée selon laquelle les jeux servent plus à occuper le temps qu'à être un élement fondamental de l'enseignement.
Or, en 1979 Andrew Wright, David Betteridge et Michael Buckby avaient déjà posé les jalons théoriques de l'utilisation des jeux en enseignement des langues dans l'ouvrage Games for Language Learning dont de larges extraits de la troisième édition (2006) sont accessibles sur Google Livres. Michael Bermann alléguait dans cet ouvrage que : "L'apprentissage d'une langue est un exercice difficile... Des efforts sont nécessaires à tout moment et doivent être maintenus sur une longue période. Les jeux aident et encouragent de nombreux apprenants à soutenir leur intérêt et leur travail".
Dans la littérature, on reconnaît plusieurs avantages à l'utilisation des jeux en cours de langue :
Acquisition du vocabulaire
S'ils sont souvent mobilisés comme activités d'entraînement, les jeux peuvent aussi se retrouver au coeur du cours de langue. Certains auteurs recommandent qu'ils soient utilisés à divers niveaux de l'apprentissage et pas seulement à la fin de la leçon, qu'ils soient minutieusement choisis et implémentés comme participant à l'atteinte des objectifs pédagogiques et à la maîtrise des compétences linguistiques.
S'appuyant sur son expérience, l'auteur de l'article explique que le jeu invite à la mémorisation. Ainsi, il peut être utile dans l'acquisition du vocabulaire et pour évaluer les compétences en la matière. "(...) Les jeux de vocabulaire introduisent le monde réel dans la classe et aident les apprenants à améliorer leur usage de l'anglais d'une manière souple et communicative".
Ici aussi, le jeu doit être adapté et doit tenir compte de certains facteurs comme :
En conlusion, un jeu ne sera utile à l'enseignement d'une langue que lorsqu'il prendra en compte les facteurs précités et qu'il sera placé au coeur des activités pédagogiques. A ces conditions, il suscitera effectivement la motivation des apprenants.
Article original : Why Use Games in Language Classroom? (Adam John Simpson, avril 2011)