Le stockage, la sauvegarde et
l'archivage des données personnelles dans les nuages séduisent un
nombre croissant d'utilisateurs réguliers des TIC.
De quoi parle t-on ?
Selon le blogue Axalot
http://www.axalot.fr/blog/divers/sauvegarde-archivage-et-stockage-dans-les-nuages/
, les trois termes de stockage, sauvegarde et archivage de données
ne sont pas équivalents :
-
Le stockage est la solution la
plus simple, qui permet de libérer de l'espace sur la machine de
l'utilisateur. Mais c'est à ce dernier de placer manuellement ces
données dans l'espace de stockage.
-
La sauvegarde consiste en un
enregistrement automatique et systématique, permanent ou réalisé
de manière périodique, de tout ou partie des données présentes
sur le disque dur de l'utilisateur.
-
L'archivage est une solution de
stockage organisée, dans un but de conservation légale ou
historique de documents administratifs ou de valeur.
Dans cet article, nous parlerons
essentiellement (mais pas uniquement) des services de stockage.
Mobilité, partage, synchronisation
Des solutions de stockage telles que
Drop Box ou Box.net permettent en effet de centraliser ses données
sur un serveur, d'y accéder depuis n'importe quel appareil connecté
à Internet, de les partager avec d'autres utilisateurs et de gérer
les accès, le tout pou un coût modique ou même gratuitement,
puisque tous les services spécialisés proposent désormais au moins
1 Go d'espace de stockage gratuit.
Ces solutions sont bien adaptée aux
utilisateurs mobiles, qui ne travaillent pas toujours sur le même
poste. Elles facilitent également le travail collaboratif dans la
mesure où tous les participants ont accès aux mêmes versions des
documents et peuvent les modifier ou en ajouter de nouveaux sans
passer par le fastidieux envoi de pièces jointes qui sature les
boîtes de courriel. Enfin, elles limitent le risque de perte de
données dues à un crash informatique sur le matériel de
l'utilisateur.
Bien entendu, des questions demeurent
face à ces nouveaux services si séduisants. Un article publié sur
Educause dresse la liste des interrogations qui demeurent :
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La sécurité : comment avoir la
certitude que les données personnelles ne seront pas exploitées
par des tiers ? En la matière, les dénégations vigoureuses émises
par les responsables des Google Apps par exemple ne suffisent pas à
ôter le soupçon de la tête de ceux qui préfèrent tout avoir sur
leur propre machine.
-
La législation : certains pays
n'autorisent pas le stockage de données hors de leurs frontières.
Ce qui interdit de faire appel à des compagnies qui stockent les
données sur des serveurs distants, répartis autour de la planète
et sans lien systématique avec le lieu de résidence de
l'utilisateur.
-
La pérennité d'accès : Les
fournisseurs de services peuvent disparaître, être rachetés, ou
tout simplement changer de stratégie commerciale. Comment alors
l'utilisateur peut-il être certain de pouvoir récupérer ses
données à tout moment ?
-
Le prix : les comptes personnels
sont généralement gratuits, dans les limites d'un certain volume
de stockage. Mais un utilisateur qui stocke de grandes quantités de
données (ce qui est fréquent, compte-tenu par exemple du poids des
fichiers vidéos ou mutimédias) peut se voir dans l'obligation
d'acquérir des abonnements de plus en plus chers. S'il ne peut le
faire, comment va t-il récupérer toutes ses données, ou les
transférer sur un autre service ?
-
La technique : les applications de
stockage de données dans les nuages scannent en permanence les
appareils de l'utilisateur, à la recherche de nouveaux documents ou
de nouvelles versions des documents existants. Cela provoque souvent
des ralentissements notables des systèmes.
Néanmoins, les solutions de stockage
de données dans les nuages trouvent de plus en plus d'adeptes.
Notamment depuis que certaines d'entre elles assurent la
synchronisation des données sur tous les appareils de l'utilisateur.
La compagnie Apple a encore fait parler d'elle ces temps-ci, lorsque
Steve Jobs est venu présenter la solution iCloud, qui stocke les contenus en ligne et les redistribue vers tous les
appareils de la marque, assurant ainsi une mise à jour et un accès
permanents aux données de toutes sortes.
Des services spécialisés
On peut alors s'interroger sur la
facilité avec laquelle nous acceptons d'externaliser nos données
personnelles, voire nos souvenirs. Deux applications françaises
illustrent bien cette propension à confier à autrui les traces de
son existence :
Memory-life (service France Telecom Orange) permet de réaliser des albums
multimédias des traces de ses souvenirs personnels : SMS, films
(nativement numériques ou numérisés), photos, lettres et vieux
papiers... tout peut être scanné, numérisé, puis agencé à
l'attention des proches. Le service est aussi accessible via une
application mobile, ce qui permet de ne rien laisser passer de ses
précieux moments de vie.
My archive box
est un service d'archivage qui se charge de classer les papiers des
utilisateurs, particuliers et professionnels : factures, bulletins de
salaire, quittances de loyer, déclarations d'impôts, relevés de
comptes bancaires... on peut tout envoyer en vrac au service, qui se
charge de la mise en ordre des documents et met alors à disposition
de l'utilisateur des dossiers qu'il lui appartiendra alors de
continuer à remplir.
Sans aucun doute, ces services vont
continuer à se développer. Nous produisons chaque jour plus de
traces numériques, personnelles ou professionnelles. Nous voulons
pouvoir y accéder à tout moment. Nous voulons pouvoir les partager.
Les services de stockage, de sauvegarde et d'archivage en ligne ont
donc encore de beaux jours devant eux, mais il revient à chacun de
leurs utilisateurs de s'assurer qu'il reste bien le propriétaire des
données ainsi confiées, et qu'il en aura donc toujours l'entière
maîtrise.
Illustration : Melvin Schlubman, Flickr, licence CC BY 2.0