Publié le 26 janvier 2014Mis à jour le 26 janvier 2014
Les réseaux sociaux pour une Chine plus verte
La Chine est en proie à une grave crise écologique causée par la surproduction. Heureusement, sur les réseaux, la grogne monte et oblige le gouvernement à agir.
La Chine est devenue un grand pays moderne. Sans renier son riche patrimoine (la Grande Muraille, la place Tiananmen, la Cité interdite, l'Opéra de Pékin, etc.), le pays a montré qu'il avait plongé dans le 21e siècle avec l'organisation des Jeux Olympiques de 2008 et, surtout, sa productivité importante. En effet, la Chine fabrique pour le monde plus de la moitié des produits sur les tablettes des commerces. Or, tout cela a un prix...
Ce court reportage de France 24 le montre bien. La ville chinoise d'Harbin étouffe sous un épais brouillard de pollution, dangereux pour la santé des habitants et pour l'environnement. La croissance économique de la Chine provoque une demande énergétique considérable. Une électricité produite encore majoritairement au charbon, ce qui provoque ces smogs extrêmes dans le pays.
Jusqu'à maintenant, les mouvements écologistes ont été plutôt faibles en Chine. Il faut dire que le gouvernement central n'aime pas beaucoup la dissidence. En général, il s'assure qu'elle ne soit pas entendue par la population. D'ailleurs, les instances publiques engagent des millions de personnes pour censurer le contenu d'Internet.
Pourtant l'écologie, qui ne semblait pas une priorité pour le gouvernement chinois, est devenu un thème important en 2013. À un point tel que les autorités ont promis un plan radical afin que l'Empire du Milieu figure à moyen terme parmi les nations les plus propres du monde. Qu'est-ce qui a provoqué ce changement radical de discours ? Une pértie de la réponse réside dans les réseaux sociaux.
Le contrepouvoir
Car si des réseaux comme Twitter sont bloqués en Chine, Weibo – surnommé le Twitter chinois – est devenu en quelques années l'endroit où les Chinois échangent, entre autres, sur la question écologique. Des images de la pollution atmosphérique et aquatique circulent quotidiennement sur le réseau, suscitant chez certains des actions militantes.
D'ailleurs, le nombre de manifestations, phénomènes rares en Chine, augmente depuis quelques années. En 2011, 12 000 habitants manifestaient contre un complexe pétrochimique polluant. Des Chinois avaient organisé ce rassemblement grâce à Weibo. Les observateurs avaient alors noté que la révolution écologique chinoise passerait probablement par les réseaux sociaux. 2 ans plus tard, des gens manifestaient dans la ville de Kumming, capitale du Yunnan, contre l'implantation d'une usine chimique. Les images du regroupement ont fait le tour des réseaux chinois.
En fait, depuis l'avènement et le succès de ces réseaux sociaux (étrangement peu censurés par le gouvernement), de nombreuses villes en Chine ont dû reculer sur la mise en place d'infrastructures polluantes. On verrait donc émerger un certain contrepouvoir des citoyens, qui sont de plus en plus nombreux à mettre de l'avant l'importance de l'écologie par rapport au développement économique.
Évidemment, la Chine n'est pas encore un paysmodèle en matière d'écologie. Il faudra déjà que le pays se libère de sa dépendance au charbon et que la grande masse des habitants fasse des efforts colossaux pour réduire son empreinte carbone. Un défi de taille dans une Chine qui voit se développer une classe moyenne désireuse de consommer autant que son homologue occidentale. Le pays devra donc trouver un moyen de combiner production économique et consommation énergétique responsable. Comme le rappelle ce journaliste, correspondant en Chine durant de nombreuses années, les initiatives gouvernementales ne sont actuellement pas à la mesure du problème.
Le gouvernement chinois sera-t-il capable de dégager une voie moyenne entre la quête de profits et la protection de l'environnement? Pour y arriver, il faudra certainement que les Chinois continuent de mettre la pression autant sur les réseaux sociaux que sur le terrain.
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