Comment interpréter un regard ?
La façon de regarder et d'être regardé transforme la relation entre envisager et dévisager, entre accueillir ou juger.
Publié le 28 février 1999 Mis à jour le 28 février 1999
Dans un article paru dans Education week, Nicholas S. Thacher nous fait part d’une recherche de l’«Institute for Social Research» de l’Université du Michigan : «Healthy Environments, Healthy Children». L’étude porte sur 3 500 enfants de 3 à 11 ans et vise à savoir comment et à quoi ils passent leur temps.
Les données comparées vont de 1981 à 1997, ce qui nous donne une image assez précise, compte tenu de l’échantillon et de la durée. Voici ce qui en ressort.
Les jeunes ont de meilleurs succès en lecture et en mathématiques (plus les enfants regardent la télé longtemps, moins leurs résultats sont bons). On en conclut également que si les enfants sont plus occupés, c’est parce que leurs parents le sont.
C’est au niveau préscolaire que l’augmentation du temps à l’école est la plus marquée (de 11 à 20 heures/semaine); cette augmentation s’est faite au dépend de leur temps de jeu.
Les 16 ans et plus passent 3 heures/semaine à l’étude (c’est en augmentation!) et leurs heures de télé sont passées de 18,5 h à 13,5 h. (Par contre, parions qu’ils en passent beaucoup plus sur des consoles de jeux et dans Internet, même si l’étude n’en fait pas mention : ni les consoles de jeux, ni Internet n’existaient au début de l’étude.)
Est-ce que ce portrait peut s’appliquer ailleurs qu’aux États-Unis?
Au Québec, nous sommes plusieurs à observer que les enfants sortent beaucoup moins dehors qu’avant et que l’école est un lieu de plus en plus fréquenté, bien au delà des heures de cours. Le portrait devrait donc être comparable à plusieurs égards.
En Europe, le contexte est passablement différent, quoique les effets d’Internet et des jeux vidéos devraient aussi s’y faire sentir.
Il pourrait y avoir une relation plus qu’étymologique entre «Internet» et «intérieur» !