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Publié le 31 janvier 2000 Mis à jour le 31 janvier 2000

Pas question de se bercer d’illusions : Internet en Afrique, dans Africultures -

« La problématique de l’appropriation d’Internet est proche de celle du développement : il ne s’agit pas de rattraper un retard mais de se saisir d’outils avec un vrai projet qui respecte sa propre culture et ses hommes. [...] Une culture qui n’a jamais cessé de faire le tri et d’imposer son rythme. »

Le point de vue africain face au développement est celui du bon sens : observer la situation sans complaisance, déterminer où l’on est, choisir où l’on veut aller et prendre les moyens pour y arriver. Rien qui ne soit parachuté d’ailleurs. Face aux technicistes qui croient aux panacées informatiques, un rappel au bon sens est salutaire.

Le projet d’«  Africultures », revue papier et site Web réalisés par Olivier Barlet, consiste à

« partir de simple pour construire un outil durable; bâtir sans aller trop vite, hors des logiques étatiques, un réseau de personnalités et d’associations qui soit la synergie d’actions autonomes et non la convergence vers un centre. Faire aussi le choix des nouvelles technologies en développant un robuste site Internet complétant la revue imprimée, tant elles nous offrent l’occasion de surmonter les obstacles du livre en Afrique : sa diffusion et son coût. Mais Internet nous offre bien davantage : la possibilité de fédérer des démarches pour rendre compte de la diversité à travers les partenariats avec les associations africaines - et réaliser bientôt sur le Web, dans l’égalité et dans la diversité, la revue multirédactionnelle dont nous rêvons. »

Des objectifs cohérents dont nous pouvons lire les résultats avec plaisir.

La lecture d’articles comme «  Faire bouger les mandarins », entretien avec Alex Corenthin, Chef de département à l’École Polytechnique de Dakar (Sénégal) qui traite de l’introduction d’Internet à l’université au Sénégal,

ou « Les enjeux d’Internet en Afrique », de Moudjibath Daouda, où l’on apprend que « dans certains pays d’Afrique, 50 % des enfants n’iront pas à l’école une seule journée de leur vie parce que leurs parents n’ont pas les moyens de leur acheter un livre »,

ont le don de nous rappeler que nos priorités ne devraient pas être la mise au point d’Internet III ou des lasers bleus mais bien d’améliorer l’accès de base, si on veut rester dans Internet.

Investir différemment nous évitera peut-être de nous payer des guerres et des fléaux qu’aucun système d’alarme ne pourra arrêter. (Pour une suggestion)

Africultures


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