L’approche par
compétences qui s’est imposée comme une norme de « qualité » en
matière d’éducation dans les écoles primaires, les collèges et lycées,
fait également son entrée depuis quelques années dans l’enseignement supérieur. Le Numéro e-296 - Décembre 2011 de la revue Education et Formation
traite de l’approche par compétences au supérieur.
Compétence ou performance ?
Maîtriser une
compétence c’est pouvoir mobiliser et réinvestir des connaissances, des
capacités et des attitudes afin d’atteindre un objectif précis dans une
situation donnée.
Or, les approches de la notion sont diverses et
variées selon qu’on se situe dans le monde du travail où l’on cherche la
performance et la compétitivité (qui passe aussi par la valorisation de
compétences données), et le monde de la formation, de l’enseignement et de la
recherche où l’organisation, les démarches et les supports sont censés doter
les apprenants de compétences professionnelles, mais aussi transversales et propres au milieu universitaire.
Ce
numéro de la revue Education et Formation répond de manière nuancée et fondée théoriquement et empiriquement à des
questions fondamentales: pourquoi les compétences à l’université ? Comment
définir une compétence ? Comment l’évaluer ?... Les articles présentés proposent une réflexion sur les écueils à éviter en relativisant l'utilisation des outils et des grilles d'analyse et d'évaluation au profit du centrage sur l'étudiant comme acteur de son développement ainsi que par la définition pertinente des compétences pour une évaluation adéquate,
Comment mesurer l'efficacité d'un enseignant ?
Un article propsé en Hommage à feu Vincent Carette dont les travaux dans le domaine de l’évaluation des compétences en enseignement sont une référence, traite des caractéristiques des enseignants efficaces selon deux types de recherches et d'observations empiriques.
Il constate une distorsion importante dans les conclusions
- des recherches « processus-produits » qui déterminent les caractéristiques
des enseignants efficaces sur la base de résultats obtenus par des élèves à des
épreuves d’évaluation et qui ont une réelle audience dans les sphères
politiques et éducatives.
- des discours pédagogiques diffusés dans le
cadre de la formation initiale et continue des enseignants où l'enseignant jugé efficace est celui qui applique les modèles socioconstructivistes et où par l’action, les élèves sont amenés
régulièrement à résoudre des problèmes, modifient leurs représentations en les confrontant à des obstacles
cognitifs, sont soumis à des évaluations formatives suivies de remédiations.
L’hypothèse centrale de cette recherche est que cette distorsion trouve son origine dans la conception des outils d’évaluation utilisés dans les recherches « processus-produits », lesquelles évaluent les acquis des élèves dans une perspective fort inspirée par les
principes de la pédagogie par objectifs alors que les démarches appliquées s'apparentent à l'approche par compétences. Les instances officielles continuent à appliquer les normes de l'apprentissage transmissif dans l'évaluation des prestations enseignantes au détriment des approches qui préconisent la centration sur l'apprenant et le développement de son autonomie.
Développer et évaluer des compétences dans l'enseignement supérieur : réflexions et pratiques. Education et Formation, n° e-296, Décembre 2011.
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