Par Sandrine Benard  | phenix974@me.com

L'espoir d'une langue universelle

Créé le jeudi 25 février 2016  |  Mise à jour le lundi 7 mars 2016

L'espoir d'une langue universelle le drapeau de l'Espéranto

« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. (…) Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres. »

Cet extrait du Livre des Origines (Genèse 11, 1-32) sur la Tour de Babel renvoie bien au mythe fondateur de la langue unique.

Aujourd’hui, passer d’un continent à l’autre sans avoir à parler une autre langue, pouvoir utiliser ses repères linguistiques d’un bout à l’autre de la planète… le mythe de la Tour de Babel semble bien loin ! Vraiment ? Et si une langue avait pour espoir de les réunir toutes, en cherchant à utiliser les similitudes plutôt que les différences ? Et s’il n’y en avait qu’une ? Alors, ce serait peut-être l’Espéranto !

L’Espéranto, l’espoir d’une langue idéale pour la communication internationale :

Créée en 1887 par un médecin Polonais, L. L. Zamenhof, cette nouvelle langue qui prône la tolérance et le respect entre les êtres humains de divers peuples et cultures est ainsi définie par son auteur :

« L’idée interne de l’espéranto est que, sur la base d'une langue neutre, on peut détruire les murs entre les populations et rapprocher les êtres humains pour que chacun d'eux voit dans son prochain seulement un être humain et un frère ».

Le concept de l’esperanto se base sur le fait que la communication étant une partie essentielle de l’intercompréhension, il faudrait que celle-ci soit dans une langue neutre, afin de renforcer le sentiment que la rencontre des personnes en présence soit à conditions égales et respectueuses les unes envers les autres.

5 grandes caractéristiques :

Ce concept d’égalité et de respect linguistique s’axe autour de cinq grandes caractéristiques :

1)    L’espéranto est international : son but est de permettre la communication entre des locuteurs de nationalités différentes sans langue maternelle commune.

2)    L’espéranto est neutre : comme c’est une langue créée et récente, elle n’est la propriété d’aucun pays ni peuple particulier, d’où sa neutralité.

3)    L’espéranto est équitable : deux locuteurs utilisant l’espéranto se sentiront sur le même pied d’égalité, à l’inverse, par exemple, l’une des deux qui parle anglais, mais dont l’anglais n’est pas la langue maternelle.

4)    L’espéranto est assez facile : de par une construction syntaxique et grammaticale allégée, elle est plus simple à apprendre que la plupart des langues internationales traditionnelles.

5)    L’espéranto est vivant : à l’instar des autres grandes langues internationales, celle-ci permet bien d’exprimer tous les sentiments et pensées humaines et évolue au fil du temps.

Le Globish ou l’anglais passe-partout

Outre l’Espéranto, un autre phénomène linguistique tend à se développer de plus en plus, il s’agit du Globish, mot-valise combinant Global (dans l’idée d’échelle planétaire) et English, où tout simplement, un anglais simplifié n’utilisant que les mots et expressions les plus courants de cette langue.

Ce « mauvais anglais » comme on l’appelle souvent est donc bien pratique pour les utilisateurs basiques ou occasionnels de la langue anglaise. Son objectif premier est là aussi l’intercompréhension avec finalité de communication internationale de base. Cet anglais appauvri, en dépit de son état limité linguistiquement parlant, n’en reste pas moins bien pratique dans un élan de mondialisation.

Le Sheng ou l’anglais africain

L’anglais demeurant la langue internationale, il n’est pas étonnant non plus de le retrouver mêlé à une autre grande langue très populaire en Afrique, le Swahili. En effet, le mélange de Swahili et d’anglais donne ce qu’on appelle le Sheng. Originaire du Kenya, il est de plus en plus parlé et se retrouve même aujourd’hui en Ouganda et en Tanzanie. Cet argot anglo-africain se retrouve dans toutes les classes de la société et dans les médias, en particulier dans la musique, surtout le hip-hop. Son importance est telle qu’en 2015, il était devenu la langue première dans les quartiers pauvres de Nairobi.

Le Spanglish et le Franglais

Les mélanges de langues ayant la côte, impossible de passer à côté de deux maîtres en la matière, à savoir le spanglish et le franglais, si cher aux Nords-Américains ! Le spanglish est tout simplement la contraction d’espagnol et anglais, alors que le deuxième, le franglais, est le mélange d’anglais et français.

Ces deux innovations linguistiques purement argotiques se retrouvent principalement chez les locuteurs hispanophones et francophones en territoire nord-américain (États-Unis et Canada). Elles consistent simplement à mélanger des mots des deux langues, plus exactement en utilisant des emprunts à l’anglais en les adaptant à la phonétique francophone (je vais pluguer mon laptop = je vais brancher mon ordinateur) et hispanophone (to lunch en anglais, almorzar en espagnol et lunchar en spanglish). Étant moi-même immigrante Française au Québec, je me souviendrai à tout jamais de cette merveilleuse phrase que j’ai eu tant de mal à comprendre : check, ça shake ! (fais attention, ça bouge).

Finalement

Le mythe de la langue universelle restera-t-il à tout jamais dans le domaine de l’utopique ou ces quelques langues en présence, intimement mêlées et qui tendent à se développer tout en retenant les bases linguistiques culturelles qui leur sont propres pourront-elles un jour réaliser le rêve de Zamenhof : ouvrir le monde à l’intercompréhension en abolissant les barrières linguistiques et en offrant à chacun une langue neutre sans positionnement de force comparable…

 

ILLUSTRATIONS

Ridkous Mykhailo, Shutterstock

yui, Shutterstock


RÉFÉRENCES

Apprendre l'Espéranto en ligne gratuitement, Lernu

Le Globish

Le Sheng

Le Spanglish

Le Franglais

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