Par Cécile Chandran  | c.chandran@cursus.edu

Défense d'Afficher, le webdoc en mode street art

Créé le mercredi 11 avril 2012  |  Mise à jour le mercredi 11 avril 2012

Défense d'Afficher, le webdoc en mode street art

Le street art, ou le paradoxe contemporain par excellence. D’un côté, les amoureux du graff', les citadins enthousiastes et surtout blasés par le béton... Portés par la culture hip hop, les taggeurs militent pour la liberté d’expression et portent souvent un message politique dans leurs aérosols. A la langue de bois de ceux qui crient au vandalisme, les graffeurs répondent à juste titre que les murs des villes pourraient égayer l’environnement plutôt qu’être transformés en publicités très grands formats. De l’autre côté du mur, les détracteurs du graff’ distribuent amendes salées et traquent les tags. Les coûts de nettoyage, le vandalisme, le non-respect de la propriété privée... Autant d’arguments qui font des taggeurs les bêtes noires des villes. La figure de l’autorité publique a souvent le mauvais rôle de celui qui nous “défend d’afficher”, celui qui interdit plutôt que celui qui crée. Un classique.

Autorisation d'afficher

Depuis les années 60, qui ont vu naître le mouvement du graffiti avec les tags de Taki 183, la relation douloureuse entre le street art et les autorités s’est toutefois un peu arrangée. On retrouve aujourd’hui taggeurs et graffeurs dans les plus prestigieux musées et galeries d’art du monde. Le graffiti est passé au rang d’Art, se vend, s’admire et tend à tomber du côté légal de la rue. Pourtant, n’est pas libre qui veut de colorer les murs. Certaines municipalités permettent à quelques artistes d’opérer librement quand la police traquent les signatures des autres. C’est ainsi que Paris voit ses murs décorés de “Miss. Tic” partout... Pas d’amende pour elle, l’artiste fait partie des “autorisés à tagger” de la capitale. Mais les autres, lorsqu'ils sont attrapés par la brigade spéciale anti-tag, doivent payer une amende qui comptabilisera tous les blazes que les agents auront trouvés sur les murs...la chasse est ouverte ! Des collaborations officielles ont parfois lieu, comme à Tirana, en Albanie. En 2000, le maire Edi Rama a décidé de traiter le mal par la couleur en organisant une grande rénovation des façades des immeubles lorsqu’il a été élu. Le résultat est surprenant.

Défense d'afficher

Le documentaire Défense d’Afficher expose huit points de vues de street artistes, dans huit villes du monde, par huit réalisateurs. Direction Sao Paulo, Athènes, Paris, Tirku, Singapour, Kibéra, Bogota et NYC, villes dans lesquelles on n'a pas tout à fait la même conception de la liberté d'expression, mais pour laquelle tous ces street artistes luttent. Quel que soit le contexte politique et les risques plus ou moins grands qu’ils encourent, ils sont dehors, de jour comme de nuit. Certains ont l’autorisation et se battent pour la garder, comme Meres One à 5Pointz à NYC. D'autres risquent la prison et des coups de bâtons, comme Trase One à Singapour... Chacun à sa manière, ils présentent leurs visions du monde, celles qu'ils inscrivent à grands coups de bombe et de pinceau sur les murs de leurs villes.

Le film en accès libre et gratuit vous permettra d'accéder à de nombreux contenus additionnels tout au long du visionnage : cartes interactives, liens vers les sites des protagonistes ou des articles. La coproduction propose également une application pour iPhone (0,79€) invitant les curieux à prolonger l'expérience du street art en bas de chez eux. L'appli permet de photographier et de recenser les graffitis partout dans le monde afin de créer une énorme librairie dédiée. 

 

Défense d'Afficher, ce que le street art nous montre du monde.

Ecrit par Sidonie GARNIER, François LE GALL, Jeanne THIBORD.
Mis en forme par Greg MIGNOLINI et Adrian GANDOUR.

Produit par La Maison du Directeur, Caméra Talk, et France Télevisions

Pour voir le film : http://www.francetv.fr/defense-d-afficher/

Pour aller plus loin :

L’application iPhone sur l’App Store
Twitter : ‏ @DefenseAfficher
La chaine Dailymotion

Le Graffiti Art Magazine

Quelques expositions consacrées au graffiti :

L'Art du Graffiti à Monaco

Né dans la rue, à la Fondation Cartier (sur mondomix.com)

Faire le mur, au Lieu Unique à Nantes

L'expo TAG au Grand Palais à Paris

Plus d'infos sur les webdocumentaires

Webdoco.fr

 Illustration : capture d'écran de la page d'accueil de "Défense d'afficher"

Poster un commentaire

Commentaires

0 commentaire