Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

La ville comme terrain de jeu

Créé le dimanche 20 janvier 2013  |  Mise à jour le lundi 21 janvier 2013

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La ville comme terrain de jeu

Théâtre de rue transformant l'espace urbain en scène dramatique et chacun des passants en apprenti comédien, parkour des acrobates cherchant les moyens les plus rapides et spectaculaires de se déplacer... La ville est un vrai terrain d'exploration, un espace sur lequel se projettent l'imagination et les rêves de ses usagers.

Avec la géolocalisation et la réalité augmentée, la ville s'épaissit de nouvelles dimensions, se glisse dans nos téléphones et nos tablettes. El les créateurs de jeux voient là un potentiel énorme.

L'aventure au coin de la rue

 

Un jeune homme déambule dans la rue, oreillette Bluetooth branchée et téléphone cellulaire à la main. Rien de bien surprenant. Pourtant, il tient son appareil devant lui et est plus concentré sur son écran que ce qui l'entoure. Il se met soudainement à courir à toute allure, semble se cacher d'une menace invisible dans une ruelle puis reprend sa course folle dans un parc où il est rejoint par d'autres adolescents de son âge. Tous regardent leur téléphone et sourient comme s'ils venaient d'accomplir un exploit. C'est le type de comportement un brin téméraire que l'on voit dans cette vidéo promotionnelle :

Voilà ce qu'annonçait la compagnie HP en 2007. Pour l'entreprise informatique, le jeu vidéo allait devenir cet hybride entre la réalité et le virtuel. Six ans plus tard, les jeux en réalité augmentée ne sont peut-être pas aussi prenants que cette publicité, mais ils sont de plus en plus présents.

En 2012, sortait le jeu Meatspace Invasion qui permet aux joueurs de combattre dans leur ville de faux extra-terrestres. Un jeu fort immersif obligeant les participants à se déplacer dans la cité et à jouer en équipe.

Mais ces jeux d'action sont assez rares; la plupart des jeux en réalité augmentée sont liés à des enquêtes, des pistes, des chasses au trésor. Parfois, la partie est confinée à un lieu précis comme un musée, mais certaines expériences se déroulent dans une ville entière. Par exemple, en avril 2012, la ville de Saint-Denis (France) devenait un immense terrain de jeu où les participants ont pu découvrir de nombreux événements en réalité alternée (illusions de fantômes, concerts, etc.). Bien que la partie soit terminée, il est possible de revivre ce qui s'est passé durant cette folle aventure en s'inscrivant gratuitement sur le site. En avril 2013, la ville de Metz vivra aussi une journée pendant laquelle les joueurs devront sauver des oeuvres d'art en suivant un jeu de piste ou en résolvant des énigmes. Une idée née de la fertile imagination des étudiants en arts plastiques de l'Université de Lorraine.

Et puis, il y a des concepts qui mélangent les genres. Le projet français Pix my street – en quête de financement – veut mêler à la fois jeu et pixel art. Ainsi, les joueurs pourraient-ils créer des œuvres virtuelles dans leur rue le jour comme la nuit; ils devraient détourner celles d'autres artistes tout en protégeant leurs créations.

Le jeu en ville ne se limite pas aux jeux géolocalisés en réalité augmentée. Ils sont rares, mais certains conçoivent des lieux de jeu dans la cité. Par exemple, la société Yahoo! a créé à San Fransisco une vingtaine d'arrêts de bus où les usagers peuvent jouer à quelques jeux en attendant le prochain autobus.

Évidemment, le jeu en ville est encore loin des promesses faites par Hewlett Packard en 2007. Comme le souligne cet article, la généralisation des jeux immersifs est encore loin. Mais petit à petit, la technologie se met au service d'expériences calquées sur le meilleur du jeu vidéo. Souhaitons que les nouveaux jeux à venir ne nuisent pas à ceux qui ne jouent pas, montrant en cela que la ville continue d'accueillir des usages diversifiés.

« La ville comme terrain de jeu (vidéo) », Nathalie Paquet, Inriality, 5 octobre 2012

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