Par Federica Minichiello  | f.minichiello@cursus.edu

Pratiques pédagogiques dans l'enseignement professionnel (Rapport)

Créé le lundi 27 février 2017  |  Mise à jour le lundi 13 mars 2017

Pratiques pédagogiques dans l'enseignement professionnel (Rapport)

Un rapport de l’Inspection générale présente un ensemble de pratiques pédagogiques, dans l’enseignement professionnel en France, transposables au sein du monde éducatif, au-delà des spécificités de professionnalisation.

Concrètement, le travail s’est appuyé sur la mobilisation d’inspecteurs territoriaux, qui ont fait remonter 104 propositions de « bonnes pratiques », dont 24 ont été sélectionnées et ont fait l’objet de missions d’observations, pour en apprécier les conditions de réalisation et de réussite.

Le rapport insiste en ouverture sur la différence fondamentale entre bonnes pratiques et innovation, des notions souvent assimilées, mais à tort : une bonne pratique peut s’inscrire dans une tradition pédagogique de longue date, tandis qu’une innovation, en dépit de son originalité, peut ne pas tenir les résultats escomptés.

Le rapport choisit ainsi de se concentrer sur des actions tangibles et efficaces, étayées par des données concrètes et vérifiables sur le lieu d’expérimentation.

Des objectifs « spécifiques »

L’enseignement professionnel a ses propres spécificités : si l’objectif d’insertion professionnelle est directement visé, la poursuite des études n’est pas exclue. Une ambition de formation générale, associée au développement de compétences professionnelles et l’utilisation « d’autres manières d’apprendre ».
Les initiatives pédagogiques recensées sont regroupées autour des dix finalités suivantes :

  1. Réconcilier les élèves avec les apprentissages, après une situation de « rupture pédagogique » ;
  2. Associer le concret et l’abstrait ;
  3. Lier de façon pertinente les différents enseignements (généraux et professionnels) ;
  4. Mettre les élèves en activité au service des apprentissages ;
  5. Exploiter l’alternance pédagogique ;  
  6. Diversifier les places et rôles de l’élève dans la classe ;
  7. Valoriser et montrer les activités et les métiers auxquels les élèves se préparent ;
  8. Développer les partenariats et l’ouverture au monde ;
  9. Mettre en œuvre une évaluation au service des progrès des élèves ;
  10. Accompagner les parcours.

De nombreux exemples

Voici une sélection de quelques pratiques présentées dans le rapport :

  • Le déplacement d’une classe de commerce au sein d’un hypermarché, en tirant profit de la proximité entre structures, en alternative aux travaux pratiques en classe. Chaque fin de semaine, l’enseignant négocie les tâches qui seront confiées aux élèves sur la semaine, en coordination étroite avec les chefs de rayons, avec un espace mis à disposition dans le magasin pour organiser des séances de restitution ou de conceptualisation.

  •  Un roman interactif de stage, « le roman dont vous êtes le héros », un retour réflexif et narratif de l’expérience de stage pour retracer erreurs et réussites sous le prisme de la fiction et du multimédia (capsules vidéos, enregistrements audio, etc.).

  • Une épicerie pédagogique, ouverte tous les vendredis, avec 300 produits références, site internet, service de drive et des enseignants-évaluateurs en clients « mystère ».

  • L’utilisation de la réalité virtuelle, comme pour le projet Virtualim destiné à des apprenants, salariés et demandeurs d’emploi dans le secteur agroalimentaire (simulation de poste en immersion dans quatre filières, visites d’entreprises virtuelles, accueil de nouveaux arrivants par des questionnaires interactifs, etc.).

  • Des élèves en gestion-administration directement associés à la gestion de leur propre lycée.

  • L’ouverture vers les partenariats extérieurs, comme travailler des compétences d’expression orale en partenariat avec un tribunal (reconstitutions des détails des procès) ou la réalisation d’une chronique radiophonique d’actualité en partenariat avec Radio France.

Les conditions

« Avant tout, c’est dans une classe que vit et se vit une bonne pratique ».

Malgré le lien étroit entre une expérience pédagogique et son contexte, plusieurs enjeux généraux ressortent de ce rapport : par exemple, la difficulté régulière pour évaluer les compétences et la nécessité d’accompagnement en matière de critères d’évaluation.

La vigilance sur la charge de travail sous-jacente, qui peut se révéler chronophage surtout en cas de conception de nouveaux scénarii d’apprentissage et soulève un réel enjeu de mutualisation des connaissances entre les académies.

La nécessité de reconnaitre le travail des enseignants créateurs de bonnes pratiques, avec l’appui des inspections, des chefs d’établissement… en maintenant un regard constant sur la pertinence.

« Qu’ont fait les élèves » va de pair avec « qu’ont-ils appris ? ».

Référence

Rapport IGEN - "Le recensement des bonnes pratiques pédagogiques dans l'enseignement professionnel" (novembre 2016)  http://www.education.gouv.fr/cid109075/le-recensement-des-bonnes-pratiques-pedagogiques-dans-l-enseignement-professionnel.html

(Dernière consultation : février 2017)

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