Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

Des découvertes archéologiques faites à partir des airs

Créé le jeudi 15 juin 2017  |  Mise à jour le lundi 26 juin 2017

Des découvertes archéologiques faites à partir des airs

Le métier d’archéologue n’a rien à voir avec celui d’Indiana Jones. Pendant que l’aventurier évite d’énormes rochers et des fosses de serpents, les réels chercheurs creusent des coins de terre, époussètent des bouts d’artefacts (s’ils en dénichent) et mesurent les structures trouvées afin de pouvoir créer des reproductions.

Un travail passionnant pour les résultats qu’ils apportent aux sociétés, mais rien qui ne risque de donner du bon matériel cinématographique. Même l’exploration se transforme. Finies les expéditions parfois périlleuses au cœur de déserts ou de jungles. Désormais, tout peut se faire confortablement installé derrière un écran.

Les traces humaines vues du ciel

En effet, l’archéologie bénéficie de plus en plus d’outils technologiques et parmi ceux-ci, certains se trouvent dans le ciel. Une des technologies nécessite un hélicoptère et un Lidar, un engin de détection se servant d’un laser capable de déceler les différents points de bâtiments cachés. Utilisée d’abord durant la mission Apollo 15 afin de cartographier la surface de la Lune, la technologie est une véritable bénédiction pour les archéologues. Grâce à ce laser, on a pu, entre autres, détecter des structures de cités disparues et comprendre davantage la culture khmère. Des archéologues survolent désormais les anciennes ruines mayas avec ce type de laser afin d'améliorer leur compréhension de la civilisation.

Or, certains fouilleurs vont même jusqu’à utiliser des technologies flottant en orbite autour de la Terre. Dans les dernières années, un nom est revenu dans le milieu de l’archéologie et, ce, jusqu’aux conférences TED qui l'ont accueillie à plusieurs reprises : Sarah Parcak. L’égyptologue, en effet, passe son temps à scruter les images satellites afin d’analyser les compositions du sol et déceler des traces archéologiques.

Beaucoup pourraient être surpris de la méthode et avoir des doutes et, pourtant, la spécialiste a réussi à découvrir 17 pyramides, 1 000 tombeaux et 3 000 bâtiments au début des années 2 000 exactement de cette façon. Cette archéologue « spatiale » décèle des trésors partout sur la planète sans avoir à bouger de son fauteuil. Et l’avantage est qu’il n’a pas besoin d’être fait uniquement par des spécialistes.

Tous archéologues?

Madame Parcak a créé une plateforme permettant à tous d’aider la recherche archéologique et sur tous les sites. Après tout, les grottes de Lascaux ont été trouvées par des écoliers et un chien et les restes de cet homme des glaces de 5 300 ans dans les Alpes par des randonneurs. En quoi, serait-il plus fou que des internautes en localisent à partir d’images satellites? D’autant plus que l’approche a bien fonctionné dans des domaines biologiques comme les jeux Foldit ou EteRNA, entre autres.

Ici, l’expérience s’appelle GlobalXplorer. L’idée est de trouver des sites archéologiques afin de prévenir les autorités locales et éviter que des pilleurs vident tout pour aller vendre des artefacts au marché noir. Des larcins qui font très mal aux archéologues qui perdent ainsi beaucoup d’éléments d’analyse.

L’approche se veut un peu ludique. En effet, les « joueurs » obtiennent des scores de consensus si leurs trouvailles sont corroborées par d’autres chercheurs. De plus, ils sont récompensés de titres avec le nombre de tuiles qu’ils ont analysées. Cela peut aller jusqu’à archéologue spatial qui se débloque après plus de 50 000 observées. Pour l’instant, le site se concentre sur le territoire péruvien qui est déjà suffisamment vaste. Or, nul doute que si l’expérience s’avérait productive et positive pour les archéologues, d’autres lieux pourraient être ajoutés dans les prochaines années.

Surveiller des images satellites devant son ordinateur n’a peut-être pas autant de classe et ne procure pas autant d’adrénaline que les aventures de l’ami Jones, mais cette mission peut s’avérer essentielle. Elle pourrait mener à des avancées significatives dans le domaine archéologique et, surtout, donner l’occasion aux gouvernements et archéologues de protéger des pilleurs ces lieux bourrés d’histoires. Une tâche aussi héroïque que le protagoniste de George Lucas.

Références

Boussion, Mathilde. "Sarah Parcak, Archéologue Du Ciel." XXI. Consulté le 14 juin 2017. http://www.revue21.fr/portraits/sarah-parcak-archeologue-du-ciel/.

GlobalXplorer°. Consulté le 14 juin 2017. https://www.globalxplorer.org/.

Hauguel, Vanessa. "L’archéologie Spatiale, C'est Quoi Au Juste?" Sympatico. Dernière mise à jour : 3 octobre 2016. http://www.sympatico.ca/actualites/decouvertes/science-techno/archeologie-spatiale-satellite-1.1972014.

Horton, Mark. "Meet Lidar: the Amazing Laser Technology That's Helping Archaeologists Discover Lost Cities." The Conversation. Dernière mise à jour : 14 juin 2016. http://theconversation.com/meet-lidar-the-amazing-laser-technology-thats-helping-archaeologists-discover-lost-cities-60915.

Lausson, Julien. "Préservez Les Trésors De L'humanité En Devenant Archéologue De L'espace." Numerama. Dernière mise à jour : 5 février 2017. http://www.numerama.com/sciences/229978-preservez-les-tresors-de-lhumanite-en-devenant-archeologue-de-lespace.html.

"Quand L'archéologie Prend Un Virage Spatial Pour Faciliter Ses Découvertes." SciencePost. Dernière mise à jour : 7 janvier 2017. http://sciencepost.fr/2017/01/virage-spatial-opere-larcheologie/.

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