Par Sandra Dumais  | sandradumais99@hotmail.ca

Analyse des besoins technopédagogiques des enseignants

Créé le mardi 29 août 2017  |  Mise à jour le lundi 18 septembre 2017

Analyse des besoins technopédagogiques des enseignants Colleague having business meeting in coffee bar - Visual Hunt

Quels outils utiliser pour mettre à jour l’offre de formation des enseignants en technopédagogie? Comment procéder?

Quelques chiffres

Un sondage réalisé dans les cégeps du Québec a révélé que 94% des étudiants se déclarent satisfaits de l’intégration des TIC dans leur programme d’études.

Envers l’utilisation d’une plateforme comme média de communication, 87% des étudiants sont satisfaits, alors que 45% à 61% le sont envers l’utilisation de Facebook, Twitter, les blogues, les forums de discussion, la messagerie instantanée et le clavardage. Ces chiffres semblent indiquer une préférence pour l’utilisation d’une plateforme unique de communication.

Selon une étude de Merrill Lynch (2000), des connaissances en TI doivent être renouvelées chez des employés aux trois ans. Puisque l’analyse des besoins concernent l’offre de formation offerte aux étudiants, en préparation pour le marché du travail, il pourrait être approprié que les besoins technopédagogiques soient aussi analysés aux trois ans.

But de l’analyse des besoins

L’analyse des besoins technopédagogiques a pour objectif d’améliorer les compétences en TIC des enseignants et par le fait même, d’aider leurs étudiants à développer leurs compétences en TIC dans leur programme en lien avec leurs objectifs de carrière.

L’offre de formation technopédagogique est réalisée pour répondre aux besoins à court et à moyen terme  des enseignants, en comparant le niveau de connaissances actuelles avec les connaissances qu’ils doivent acquérir; le niveau de satisfaction envers les différents services de formation offerts par le collège ou par les services pédagogiques en ligne; ainsi qu’en compilant leurs préférences et leur niveau d’utilisation.

Pour cela, une sélection d’outils de collectes de données est suggérée, en considérant le contexte institutionnel de l’offre de formation, c’est pourquoi nous nous attardons au sondage; au groupe de discussion et à l’entrevue individuelle.

Il pourrait être tentant de passer outre cette étape, puisque les institutions d’enseignement regorgent de professionnels de l’éducation qui baignent dans ce milieu depuis des années, toutefois, la neutralité de l’analyse des besoins est un aspect non négligeable qui peut faire toute la différence. Cependant, l’expérience des professionnels peut s’avérer fort utile pour déterminer le choix des outils utilisés afin de procéder à cette analyse.

Le sondage

La plupart des institutions choisissent d’effectuer un sondage en ligne, puisqu’il s’agit de la méthode qui permet de rejoindre rapidement la majorité des enseignants, en plus d’être la plus économique. De même, cette méthode permet de compiler et de classer graphiquement toutes les données aisément et de laisser place à des commentaires. Toutefois, si les enseignants ne sont pas facilement orientés vers les technopédagogies, ils ne seront pas plus aisément rejoints pour répondre à ce sondage en ligne. Si le choix porte tout de même sur cette méthode, un échantillonnage restreint est à prévoir.

En ce qui concerne le format papier, tous les enseignants peuvent y accéder, par contre la lourdeur du traitement des données est un inconvénient considérable et le département des TI est souvent surchargé.

Puisque le choix des questions du sondage est déterminant pour la prise de décisions à court et à moyen terme, il requiert recherche et rigueur. En questionnant le département et les années d’expérience, les résultats prennent une forme plus concrète. Le sondage peut permettre de vérifier le niveau de satisfaction envers:

  • la plateforme de gestion de cours;
  • les outils technologiques et technopédagogiques;
  • les options choisies lorsque des difficultés technologiques surviennent ou lorsqu’ils recherchent de l’information pédagogique;
  • les raisons qui motivent l’inscription à une formation ou l’utilisation d’un service pédagogique, de même que celles qui motivent le choix de ne suivre aucune formation ou de n’utiliser aucun service pédagogique;
  • les méthodes de formation préférées et les périodes de disponibilité.
     

D’autres questions peuvent compléter le tout, telles que l’intérêt envers la mise en place d’un répertoire de compétences pour le partage des connaissances entre enseignants et l’intérêt envers une participation à un groupe de discussion ou à une entrevue individuelle. Dans ce dernier cas, un espace pour recueillir l’adresse courriel du répondant est suggéré.

Le groupe de discussion

Il est possible de mettre en place des groupes de discussion à la suite des résultats obtenus au sondage. Ils permettent :

  • d’approfondir les données obtenues;
  • de clarifier des commentaires;
  • de laisser les gens exprimer leurs points de vue;
  • de connaître d’autres faits;
  • d’avoir une meilleure analyse de la situation.
     

Ces groupes peuvent être sélectionnés par département; par niveau d’intérêt ou de connaissances, idéalement parmi les réponses positives obtenues au sondage sur l’intérêt envers une participation à un groupe.

L’animateur du groupe doit être bien préparé et posséder des qualités mobilisatrices, en plus d’être sensible à la discussion. C’est lui qui a la responsabilité d’orienter le groupe sur les questions pertinentes et de le maintenir sur ces sujets. Préalablement, l’animateur devrait informer le groupe des sujets sur lesquels porteront les discussions, ainsi que de leurs objectifs.

L’avantage de cette méthode porte sur le fait que la discussion permet de faire la lumière sur des éléments et de favoriser le consensus collectif. L’inconvénient de cette méthode résulte possiblement dans la difficulté de coordonner les disponibilités de chacun en petits groupes.

L’entrevue individuelle

Cette méthode comporte les mêmes avantages que la précédente, à l’exception qu’il se déroule en tête-à-tête ou au téléphone. Par conséquent, puisqu’il n’y a pas d’échanges de groupe, l’intervention de l’animateur est limitée à des questions structurées ou semi-structurées.

L’avantage porte sur le fait que l’enseignant peut davantage exprimer ses propres idées et que des solutions sont rapidement identifiées. Cependant, l’entrevue requiert beaucoup de temps et rejoint une personne à la fois. Si cette option est considérée, il est préférable de bien cibler les personnes à rencontrer et s'ajuster en fonction des réponses obtenues.

Conclusion

La plupart de ces méthodes d’analyse des besoins sont formatrices et stimulantes en elles-mêmes pour les enseignants car elles portent à la réflexion; la discussion; l’échange entre pairs et la prise de connaissances de leurs propres besoins et intérêts.  

Bien qu’une seule des méthodes pourrait être suffisante pour recueillir des données pertinentes, la combinaison de méthodes est un atout.

 

Références

Fernandez, J. (1990). Réussir une activité de formation. Éd. Saint-Martin, Montréal.

King, L. (2015). Utilisation des TIC par les enseignants : quel est le niveau de satisfaction des cégépiens? www.profweb.ca/publications/articles/utilisation-des-tic-par-les-enseignants-quel-est-le-niveau-de-satisfaction-des-cegepiens

Shorteno, Natalie-Ann (2012). L’analyse des besoins de formation : passage éclairé du développement des compétences. - CRHA
www.portailrh.org/expert/ficheSA.aspx?p=496252

Sleezer, C. M., Russ-Eft, D., Gupta, K. (2014). Fundamentals of needs assessment. A practical guide to needs assessment, San Francisco, CA: Pfeiffer/Wiley/ASTD (Ed).

Identification et analyse des besoins de formation - s.n (s.d). Module VII. - CRHA
www.portailrh.org/expertise/fiche_reference.aspx?p=251382

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