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Espaces inspirants et déplacements surprenants

Le 3ème Forum de la pédagogie qui s'est tenu à Toulouse en juillet 2016

Par Denis Cristol , le 22 août 2016 | Dernière mise à jour de l'article le 20 octobre 2016

Les fonctions et rôles de l’espace sont plus que jamais en train d’être revus en matière de pédagogie. Le 3ème Forum de la pédagogie intitulé « Voyager pour apprendre : espaces inspirants et déplacements surprenants » qui s’est tenu le 1er juillet 2016 TOULOUSE a l’initiative d’AGO-Formation déploie explore la problématique. (vidéo de ce forum)

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Partir  du cerveau

Patrice Peran, chercheur à l’INSERM nous rappelle que la mémorisation est plus forte quand on a fait une activité physique et que dormir après un apprentissage permettait à notre cerveau de filtrer, organiser, retenir. Il est possible d’en conclure qu’il était intéressant d’instaurer dans nos formations, des pauses, des siestes et des apprentissages en soirée.

Imaginer des zones d’apprentissages

La « classe  active » d’Hélène Braud à Rouen est  organisée selon les réflexions de la European future classroom : elle y a organisé des zones d’apprentissage dédiées et constate l’intense activité de production des élèves.

Elle a collaboré avec un architecte pour concevoir les espaces et penser l’effet des couleurs sur l’apprentissage et a trouvé les mécènes pour les financements, le tout soutenu par la Direction de l’établissement.  La classe active est de plus en plus fréquentée par toutes les classes de l’établissement, les élèves et les enseignants y trouvant leur compte.

Un mobilier scénarisé

Les méthodes transmissives sont associées au corps verrouillé. Les élèves sont mis en état de fascination de l’intervenant, quand bien même on sait que c’est celui qui parle qui apprend. Les tentatives de pédagogies actives sont parfois confondues avec de l’agitation motrice. La multimodalité propose de fragmenter et d’articuler les différents temps et lieux d’apprentissage. Penser l’espace et le reconfigurer est au service de la multimodalité …

De nombreux espaces et mobiliers inspirants sont pourtant disponibles comme les chaises à roulettes NODE de Steelcase qui jouent leur rôle de meuble mobile et accompagnent l’intention pédagogique. Ces chaises autorisent des configurations dans l’espace. Elles peuvent être scénarisée : en salle de classe, en ilots avec les tablettes baissées, en cercle, à deux, en U le tout d’un coup de roulette.

Créer son propre espace

Pour, Pierre Baudry OKONI la norme de la salle rigide peut être tout juste remplacée par l’autre norme de la coolitiude avec les poufs de relaxation, les canapés que l’on ne peut plus bouger et les couleurs qui se veulent stimulantes mais qui claquent ; le conformisme de la coolitude remplace celui de la rigidité.

Le design par soi-même de son espace invite au bricolage, incite à vider les espaces pour le penser, à créer le vide pour que resurgisse le désir, restaure le pouvoir de l’acteur, dans un espace qui se pré-pense, se trafique et se construit comme les classes Freinet.

Se déplacer pour apprendre

Michel Andrieu Directeur régional de la Fédération des compagnons du tour de France apprend que de nouvelles façons d’être se créent en acceptant de partager, de donner, de se remettre en inconfort quand on change de patron à chaque déplacement.

L’adage « les voyages forment la jeunesse » demeure. Pourquoi ne pas imaginer un tour de France (ou du monde) de formateurs où chacun peut accueillir les autres et pratiquer un don contre don de compétences pédagogiques tout productif ?

Voyager pour apprendre et surtout se questionner

WAJDI MOUAWD, metteur en scène, auteur et directeur du Théâtre national de la Colline (Paris)  a eu l’idée de « Avoir 20 ans en 2015 ». Il s’agit d’une, expérience d’accompagnement vers l’âge adulte de 50 jeunes partis en ballade chaque été avec lui, un dispositif en plus de ce qu’ils vivent.

Chaque année une aventure, un pays un verbe :

  • LIRE à Athènes, à 16 ans, berceau de la civilisation : le mot, l’étymologie, l’agora, le lieu de la démocratie ; 17 ans,
  • Ecrire à Lyon : berceau de l’imprimerie, vécu d’un atelier d’écriture pour travailler la justesse des mots et la responsabilité de la prise de paroles ;
  • COMPTER à  Auschwitz à 18 ans, parce que les humains étaient comptés et qu’on comptait pour quelqu’un. La paradoxe du lieu visité en saison touristique et y aller par un long voyage en bus pour vivre le temps du déplacement et parce que le mode de transport génère des choses ;
  • à 19 ans PARLER au Sénégal, pour l’oralité et inverser les rapports, être enfin en minorité et aller à la rencontre des autres en faisant des tournois de foot sur la plage, sentir la porosité des cultures ;  
  • PENSER  à 20 ans en ne sachant pas s’il est possible de penser par soi-même mais en proposant la possibilité de peut- être le faire : ne pas savoir où on va aller en étant en petits groupes, pas choisis comme dans la vie, pour être mis, pas en danger mais juste en inconfort.

Des 7 groupes de 7, vers 7 destinations, dans des villes proches du cœur de Wajdi, avec un budget à gérer et, à son tour, quelque chose à transmettre et puis… au dernier moment, en le sachant juste la veille, revenir à Athènes … La boucle est bouclée.

Vivre l’asynchronicité

Un atelier vivre le Future Lab qui nous fait découvrir le petit numérique facilement intégré, animé par jean François CECI de l’université d’AUCH, dans une démarche BYOD (bring your own devices).

Vivre la combinaison de l’ici et maintenant et du pouvoir numérique

Brigitte BOUSSUAT, invente le Funny Learning et fait découvrir les capsules actives : de petits exercices courts et toniques qui boostent les situations d’apprentissage.

Vivre l’écriture collaborative

Claire Lecoeur propose des consignes d’écriture : faire une filature et écrire sur un  inconnu en étant surpris par le regard qu’ils avaient pu construire. Lire ses écrits dans une émotion partagée. Voir modifier sa posture de pédagogue sur l’écoute de la différence et l’émotion ressentie, sur le vécu d’un autre espace d’apprentissage, sur les effets du dehors sur le dedans.

Se demander comment on perçoit le monde, quel regard on porte sur le monde qui nous entoure  par cette expérience sensible de mise en liens entre ce qui nous entoure, le regard et le langage.

 

Qui doutrait enore des liens entre l'espace et l'apprentissage ?

Illustration : Forum de la pédagogie - FaceBook

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