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« Demain, des robots enseignants ? »

Retour des 3e rencontres nationales de la robotique éducative #RNRE18

Par Federica Minichiello , le 27 novembre 2018 | Dernière mise à jour de l'article le 26 novembre 2018

« Demain, des robots enseignants ? »

Voici l’entrée en matière de la conférence inaugurale des rencontres nationales de la robotique éducative, organisées par l’Institut français de l’éducation au début octobre 2018. Ce rendez-vous annuel, désormais à sa troisième édition, fait le point sur des initiatives en robotique éducative.… Et les perspectives à venir.

Premier bilan: les robots enseignants, ce n’est pas pour demain !

On privilegie plutôt l'idée de « télé-enseignants » des enseignants capables d’interagir dans un environnement numérique, peut-être assistés par des robots dans un rôle de « aide-enseignants ».  

Les expériences présentées sont très riches et variées comme, par exemple :

  • un projet de déploiement de robots de téléprésence dans la région Rhône-Alpes pour accompagner des enfants absents.

  • une réalisation de scénarios de science-fiction en classe de français, avec des robots … ou un essai de choréographie avec des drones, inspirée d’œuvres littéraires, avec tous les inconvénients d’une technologie encore à ses prémices – des drones qui auront finalement du mal à se synchroniser mutuellement.

  • des recherches sur la communication multimodale, mettant un enseignant en situation d’utilisation simultanée d’un robot, d’un outil de visio et d’une tablette sur trépied, avec des difficultés de «gestion des foyers d’attention» qui en dérivent et le constat que  « la  sensation de présence numérique varie selon l’artefact utilisé ».

Et à l’international?

Ces deux jours ont aussi été l’occasion pour faire un tour dans d’autres pays : on pense notamment à la présentation du plan d’action numérique 2018-2023 au Québec, avec des choix proposés d’équipement par niveau scolaire, directement en lien avec les compétences visées selon le programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) et des «combos numériques», sorte de pack regroupant technologie et mesures de formation et d’accompagnement du personnel.

En Suisse plusieurs expérimentations cantonales ont été impulsées par la création du robot éducatif open source Thymio par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). On signale également le projet de formation d’une communauté enseignante autour de la robotique et de la pensée informatique (ROTECO).

Les constats

Plusieurs constats émergent de ces deux journées :

  • plusieurs intervenants témoignent d’un besoin récurrent de convaincre qu’un robot n’est pas un jouet, avec une nécessité de formation « du ministre à la classe », voire au-delà, comme l’a souligné le Centre national de robotique au Mali, dans une nécessité de sensibilisation des bailleurs de fonds internationaux.
     
  • la difficulté de passage à l’échelle, avec le danger d’appropriation politique d’une expérimentation et la tendance à multiplier les expérimentations sans forcément capitaliser sur ce qui est déjà fait…  Dans une attente perpétuelle d’un outil amélioré.
     
  • une convergence learning analytics, robotique et IA qui reste à explorer.

Comme B. Devauchelle (Techné Poitiers) l’a souligné dans son intervention de clôture, ces journées très intéressantes n’ont pas permis de rentrer dans une discussion autour de l’intelligence artificielle et de l’informatique « cachée » dans les objets connectés, dont les usages se multiplient en dehors de l’école.

T. Karsenti (CRIFPE, Canada) a rappelé une présence importante d’enceintes connectées dans les domiciles canadiens et a indiqué un axe de travail pour appliquer ces dispositifs à des robots humanoïdes de type NAO qui, aujourd’hui, se limitent à exécuter des commandes en réaction à des curseurs placés sur la tête - ce qui ne réduit pas, pour autant, l’intérêt des résultats pédagogiques obtenus par leur usage, des résultats qui perdurent au-delà de « l'effet nouveauté ».

Dans son intervention V. Luengo du laboratoire LIP6 a notamment insisté sur 4 « niveaux » différents derrière ces technologies : descriptif, diagnostic, prédictif (d’une erreur pas encore faite) jusqu’au prescriptif (une action qui empêchera l’erreur).

Les learnings analytics nous permettent de rester dans un périmètre de décision qui relève de l'humain, contrairement à l’IA, où la prescription viendra d’une machine. Comme la chercheuse le précise, on sait aujourd’hui proposer des tuteurs intelligents sur certaines connaissances mais on ne sait pas encore le faire sur des savoirs plus généraux : « des ressources optimales, dans et au-delà de l’école, sur tout support »

Nous terminons avec deux ressources :

Illustration : IFÉ©

Pour en savoir plus

http://ife.ens-lyon.fr/ife/recherche/numerique-educatif/robotique-educative et #RNRE18

#RNRE18 : « Robots, élèves, enseignants, quelle intelligence partagée »? (2018)
https://www.educavox.fr/alaune/retour-sur-les-rnre18-robots-eleves-enseignants-quelle-intelligence-partagee

M. Chevalier, F. RIedo et F. Mondada. « How Teachers perceive educational robots in formal éducation » (2016)
https://infoscience.epfl.ch/record/218741/files/paper_ram_final.pdf

A noter également le MOOC (disponible jusqu’en octobre 2019):  « Le robot Thymio comme outil de découverte des sciences du numérique ».

(Dernière consultation : octobre 2018)

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