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Devenir polyglotte

Mythe ou réalité ?

Par Sandrine Benard , le 30 octobre 2018

 « Un polyglotte est un monsieur qui parle plusieurs langues avec une seule ». 

Cette citation humoristique du cruciverbiste français Serge Mirjean résume bien l’idée de notre sujet.

Parler une langue étrangère, c’est bien, mais en parler plusieurs, c’est encore mieux ! Mais est-ce que tout le monde possède les mêmes aptitudes cérébrales propices à devenir polyglotte ? Quels sont les facteurs qui favorisent le développement de ce phénomène ? Quels sont les avantages à le devenir ? Est-ce un mythe ou une réalité ? Embarquez avec nous dans ce voyage au cœur du multilinguisme !

Capacités cérébrales 

Notre cerveau est-il naturellement polyglotte ? Difficile à dire… même si on peut voir des enfants parfaitement polyglottes, cela reste un phénomène rare. Mais alors, pourquoi certains « élus » et d’autres pas ? 

En fait, notre cerveau possède une infrastructure sémantique universelle, comprenez par là qu’au moment où le cerveau lit une phrase en français, anglais, allemand… qui veut dire la même chose, les schémas d’activation neuronale sont identiques. En effet, une étude menée par une équipe de chercheurs en neurosciences de l’université américaine de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, a démontré que chaque langue, pour décrire des scènes et évènements identiques, crée une signature neuronale similaire. Dans notre cerveau, cette information sémantique sera représentée à la même place et avec la même activité, et ce, pour quiconque. 

Ouf, une bonne nouvelle, il n’y a donc pas de « discrimination cérébrale » et comme notre cerveau n’est pas naturellement bloqué à une seule et unique langue (maternelle, en l’occurrence), il apparait donc comme fonctionnellement polyglotte !

Coup de pouce au multilinguisme

Bon, on vient de voir que n’importe qui peut devenir polyglotte, c’est encourageant. Maintenant, voyons quels sont les facteurs qui pourraient nous y aider…

  • Un environnement multilingue.

    Ne nous voilons pas la face, il est certain qu’évoluer dans un contexte où plus d’une langue est parlée ne peut que nous inciter à nous améliorer dans l’autre langue. Ainsi, des pays comme le Canada (français/anglais), la Suisse (allemand/français/italien) ou encore la Belgique (français/allemand/néerlandais) ou l’Afrique du Sud (anglais/afrikaans/plusieurs autres langues africaines) sont des exemples où le multilinguisme est roi (revoyez deux anciens articles : 3 pays pour devenir plurilingue et Top 3 des îles bilingues européennes). Les gens sont donc relativement capables de jongler avec les langues et de passer, assez facilement, d’une à l’autre. De plus, ne seraitce qu’à voir et entendre, on est « obligé » de progresser, même passivement !
     
  • La curiosité pour les langues

    Outre la motivation, propice à l’apprentissage de n’importe quel sujet, la curiosité demeure un point prépondérant vers le multilinguisme. Trouvez des locuteurs natifs. N’ayez pas peur de demander des précisions, de poser des questions, de chercher l’explication, le mot juste, l’expression idiomatique. Établissez des parallèles avec votre langue maternelle, usez et abusez de l’utilisation de la langue ou des langues apprises !
     
  • Le travail

    Certes, ce n’est pas toujours pas aspiration personnelle qu’on se décide de se mettre aux langues, quelques fois, c’est bien pour des raisons professionnelles : voyage d’affaires, conférences dans une autre langue, déménagement à l’étranger, partenariat avec d’autres pays… les raisons ne manquent pas pour apprendre une langue tout en faisant évoluer sa carrière.
     
  • Les voyages 

    … ne forment pas que la jeunesse, puisqu’ils développent aussi le don des langues ! Certes, on pourra toujours se débrouiller en anglais un peu partout dans le monde, mais quoi de plus réjouissant que de pouvoir baragouiner quelques mots de survie (oui/non, merci, bonjour, au revoir, combien ça coûte, où sont les toilettes ?) et de voir le visage de notre interlocuteur s’illuminer car ce touriste aura fait l’effort d’essayer de communiquer dans la langue du pays ?
  • La lecture, les vidéos et la radio

    Sans doute le moyen le plus simple et le plus abordable pour développer son don des langues. Un exemple ? Vous connaissez par cœur tout le texte du Roi Lion, qui vous a bercé dans vos tendres années ? Essayez donc de le revoir en version originale, puis dans une autre langue que vous connaissez, et encore une autre, variez ! Vous serez surpris des différences, mais aussi des similitudes rencontrées ! Vous êtes plus polyglotte que vous ne le croyez !

Polyglotte!

En conclusion, même si apprendre plusieurs langues est un travail long qui prendra sans doute toute la vie, cela ne peut être qu’un plus à votre épanouissement personnel, culturel, social et professionnel. 

Devenir polyglotte, c’est ouvrir la porte à de nombreuses possibilités, c’est décupler ses options de voyage, c’est augmenter ses chances de trouver du travail, c’est améliorer sa mémoire en modifiant la structure de son cerveau et en plus, c’est plus facile d’apprendre plusieurs langues en même temps ! 

En effet, un apprentissage simultané vous permettra de tirer profit de tous les mots « transparents », dont l’orthographe et la signification sont communes aux deux langues. Alors, n’attendez plus, devenir polyglotte, ce n’est plus un mythe, c’est une réalité, et même une nécessité !

Sources

Quels facteurs favorisent l’aptitude à devenir polyglotte ? - Fast n'Fluent
https://fastnfluent.com/devenir-polyglotte/

Notre cerveau est-il naturellement polyglotte ? - Communicaid
https://www.communicaid.fr/blog/langues/cerveau-naturellement-polyglotte/

Illustrations : Je t’aime
Sweat polyglotte

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