EdFab, fabrique des nouvelles formations numériques
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Publié le 31 octobre 2016 Mis à jour le 31 octobre 2016
L'homme accroît son potentiel grâce à une variété d'outils numériques, mais les anthropologues et les penseurs de la technologies de la culture nous enseignent qu'à chaque fois que l'homme augmente ses capacités via des outils qui lui permettent d'agir plus efficacement sur son environnement, il se départit du pouvoir naturel d'agir de son propre mouvement.
Par exemple à compter de la préhistoire au fur et à mesure qu’il maîtrise une masse d'outils pour réaliser des tours de force, sa masse musculaire diminue. Quand il se couvre de peaux de bête ou de vêtements pour se protéger du froid sa pilosité diminue. Quand il invente le feu pour cuire les aliments son système digestif se transforme. Quand il transforme la façon de lire en remplaçant du parchemin par des caractères mobiles, son écosystème de lecture se modifie et sa façon de penser se transforme (Cf . Douheidi Pour un Humanisme Numérique).
La plastique mentale et sociale
Tout se passe comme si l'interface avec le monde que l'homme imagine pour sa convenance absorbait en même temps des capacités et des fonctions du corps humain. Aujourd'hui le numérique ouvre de nouvelles possibilités qui pourraient bien transformer son cerveau et par là toute la société qui l’entoure :
Ces exemples témoignent d'une extériorisation de capacités humaines confiées à des prothèses ou des automates censés faciliter la vie. Ils montrent aussi comment notre attention et nos 30 milliards de neurones peuvent être libérés pour d’autres tâches.
Certains s'en réjouissent et débutent une hybridation avec les machines. C'est l'exemple de cette australienne fan de star wars qui se fait greffer dans la main une micro puce de la taille d'un grain de riz pour ouvrir sans clés son garage d'un simple mouvement du bras. Elle cherche à maîtriser la « force des jedis » de la guerre des étoiles. Elle est créatrice avec son mari d'une société qui anticipe le futur et envisage le Transhumanisme. Ou plus simplement des téléphones incrustés dans l'oreille ou les Google Glass qui grace à des caméras et une connexion continue à internet rendent en permanence des informations accessibles rendant visible d'un coup d'œil par accès à des bases de données ce que l'autre croit caché.
Chemin tracé
Si l'adoption débridée de technologie est à l'œuvre, elles s'insère et crée de nouvelles architectures invisibles, au-delà de l'aspect le plus visible des impacts technologiques, c'est certainement là, que les transformations travaillent la société de l'intérieur. Le numérique et ses applications agiraient comme le lombric dans le terreau, sans bruit, sans être vus, mais en transformant radicalement la structure en terreau meuble et fécond pour d’autres germinations.
Insidieusement, Il agit aussi sur les façons de prendre des repères. Par son déport d'efforts humains vers des outils, dispositifs, systèmes complexes numériques, il absorbe des capacités humaines et laisse de la place pour de l’imagination, du rêve, de la créativité mais parfois également de l’ennui et du désespoir.
Les architectures invisibles sont tout ce qui conditionne les interactions humaines sans que l'on ne se préoccupe de les nommer ou d'y prêter attention. De la même façon qu'un homme respire sans se dire de façon consciente à chaque flux qu'il inspire et expire, les architectures invisibles œuvrent en silence. Ces architectures invisibles sont ce qui oriente ou contraignent la disposition des corps et des pensées.
Il est possible d'en lister quelques-unes telles que :
Ce qui se produit aujourd'hui n'est rien de moins qu'un travail en profondeur sur les bases de ces architectures invisibles secouées par le pouvoir internet, son instantanéité, la possibilité de démultiplier les échanges d’expérience, les mises en confrontation d’idées jusqu’alors inaccessibles.
Reprendre notre place créative
Ce qui est nommé une crise est en réalité une révision complète des repères humains, un bouleversement systèmique, une transition fulgurante (cf Giorgini).
Le formateur, comme toute personne humaine, est affecté par ces transformations numériques qui finissent par jouer sur et comme des architectures invisibles.
La question est de savoir quel sera son rôle :
Dans tous les cas il devra maintenir le pouvoir de la réflexivité, de l'imagination, de l'émotion, de l’amour qui restent le propre de l'humanité, car il ne sert à rien d’être un formateur augmenté s’il s’agit de régresser dans ce qui constitue le propre de notre humanité.
Références
Pour un humanisme numérique - Jean-Christophe Féraud - Libération -2013
http://www.liberation.fr/futurs/2013/10/20/pour-un-humanisme-numerique_940995
Les grands ensembles : nouveaux ghettos français ? Hervé Marchal & Jean-Marc Stébé - Métro-Politiques - 2010
http://www.metropolitiques.eu/Les-grands-ensembles-nouveaux.html