La révolution de l'IA générative et le rôle renouvelé du formateur
L'IA générative transforme en profondeur les rapports aux savoirs et induit de nouveaux rôles chez le formateur appelé à devenir un facilitateur d'apprentissage.
Publié le 23 mars 2019 Mis à jour le 23 mars 2019
La thèse de Yanik Simard s’attaque à la question de la pertinence de la formation à distance. Celle-ci répond-t-elle aux promesses annoncées ? Cette question est récurrente tant chez les praticiens que chez les chercheurs. L’auteur a étudié attentivement 16 méta-analyses ayant examiné 862 études primaires menées, chacune, d'après un schéma de recherche rigoureux et comptant au-delà de 200,000 participants.
L’auteur distingue tout d’abord les méta et les méga analyses; il reprend les définition de Bissonnette et Fortin :
Une méga-analyse est « une synthèse des résultats provenant de différentes méta-analyses. Les résultats ainsi regroupés peuvent être utilisés pour comparer et déterminer les interventions les plus efficaces sur un sujet donné » (Bissonnette et coll., 2010, p.6).
Une méta-analyse, pour sa part, réfère à une « approche qui consiste à rassembler les données issues d’études quantitatives comparables et à les soumettre à nouveau à des calculs statistiques. Elle permet alors d’estimer de façon précise l’ampleur de l’effet d’une intervention et de dégager les tendances qui se dessinent dans les études » (Fortin et coll., 2015, p.78).
Il informe également sur les limites de l’investigation par le moyen de ces analyses.
Une fois ces recommandations prises en compte il s’attaque à la question de faire parler ces analyses. Et sa première tâche de préciser de quelles technologies il parle.
Après une revue de littérature il distingue 3 types de technologies :
A l’aune du protocole d’étude utilisé, trois positions tranchées s’affrontent :
Les conclusions des résultats de Yanick Simard oscillent entre le deuxième et le troisième groupe. En effet les dernières technologies sembleraient bien déterminer une meilleure efficacité de la formation à distance, mais comme il y a très peu de méta analyses qui correspondent à cette conclusion, les comparaisons portent de façon récurrente entre situation présentielle et distancielle. La comparaison avec la nouveauté de la technologie à l’œuvre est donc indirecte, même si l’auteur s’appuie sur une classification originale du degré d’ancienneté ou de nouveauté.
Ce que nous apporte la recherche c’est la démonstration qu’entre deux technologies, une plus récente apparaît plus efficace qu’une plus ancienne (internet versus les envois postaux) mais en aucun cas que la technologie soit en soi-même une condition d’efficacité pédagogique.
Pour Simard il est central d’intégrer les avancées technologiques au sein des considérations pédagogiques dans la FAD. « Il s’agit là d’une condition qui s’avère essentielle à son développement, et ce, même si plusieurs auteurs laissent entendre, relativement à tort, que les concepteurs des technologies intégrées à la FAD ne respectent pas souvent leurs promesses. »
L’enjeu de mieux comprendre les effets technologiques sur la réussite de l’apprentissage est élevé tant l’engouement des décideurs politiques et des apprenants se poursuit de façon exponentielle. Il reste à poursuivre ce travail de collecte minutieuse de faits et d’améliorer encore la façon de les comparer pour s’assurer de connaissances solides.
Source :
L’efficacité de la formation à distance au niveau postsecondaire : une méga-analyse. Université de Laval Yanik Simard - Université Laval - 2018
Télécharger la thèse : https://corpus.ulaval.ca/jspui/handle/20.500.11794/29629