L’année sabbatique pour les étudiants, entre rêve et réalité
Année essentielle ou perte de temps ? La « gap year » fait des émules. Bien utilisée, c’est un réel tremplin pour reprendre ses études plus sereinement.
Publié le 15 juin 2020 Mis à jour le 15 juin 2020
Tout arrêter temporairement. Prendre une année sabbatique semble le rêve de nombreux travailleurs et étudiants. Une pause salutaire pour certains mais encore fortement jugée par la majorité des gens. Après tout, dans un monde axé sur la productivité, le répit signifie souvent pour plusieurs une certaine oisiveté. Pourtant, à certains endroits, dont les États-Unis, le « gap year » est une approche tout à fait normale.
En effet, une année sabbatique est généralement vue comme une façon de vivre autre chose et se préparer pour la suite. Souvent, les étudiants vont en profiter pour soit partir en voyage, faire du bénévolat ou réaliser un projet personnel. Au pays de l’Oncle Sam où les frais de scolarité sont très élevés, une pause des études peut être une bonne façon de travailler afin d’économiser et surtout réfléchir au domaine d’études pour éviter d’avoir des dettes inutiles.
Elle peut aussi être une manière d’enrichir son curriculum vitae avec des expériences uniques de bénévolat. Ceux qui avaient pris une année sabbatique durant la pandémie du Covid-19 ont, certes, vu plusieurs de leurs projets tomber à l’eau mais beaucoup en ont profité pour fournir de l’aide dans des milieux qui en avaient besoin. D’ailleurs, les associations d’étudiants en année sabbatique ont dû offrir des services en ligne. En effet, les jeunes adultes américains peuvent bénéficier d’accompagnement et de programmes pour leur année sabbatique. Certaines universités proposent même des crédits pour leurs étudiants qui décideraient de faire une année de pause dans leur formation.
Évidemment, certains argumentent contre ce type de hiatus. Déjà, la question monétaire peut en freiner certains. Or, l’étudiant peut choisir la durée et il existe diverses façons de financer une année sabbatique. L’autre peut la plus commune est celle de la reprise. En effet, en perdant le rythme des études, il peut être plus difficile de recommencer. Pourtant, les statistiques de 2019 de la Gap Year Association disent que 90 % des jeunes adultes retournent aux études dès la fin de leur pause.
Et puis, il y a la question du quand. Là-dessus, tout dépend des individus. Certains vont vouloir le faire entre l’obtention du bac (licence) et le début dans une filière supérieure. D’autres vont faire seulement une première année universitaire avant de se le permettre. Tout relève de la maturité de l’étudiant : a-t-il réfléchi à son projet d'année sabbatique? A-t-il trouvé la moyen de le financer? Certains préfèrent la prendre après que soient terminées leurs études et avant de plonger dans le milieu étudié.
Une chose est sûre : la sabbatique n’a rien d’une vacance. Au contraire, il s’agit d’un moment pour se recentrer, vivre autre chose et décider de la suite. Et si elle est souvent associée aux étudiants, de plus en plus de professionnels optent pour une césure leur permettant d’investir du temps sur un projet personnel.
Que ce soit un voyage rêvé ou la rédaction d’un roman, ils profitent de ce moment pour gagner de nouvelles expériences pour les mettre à profit dans leur carrière actuelle ou même pour changer de branche.
Illustration : Jordan Heinrichs sur Unsplash
Références