Le langage « SMS » ou smartphone, la perte de vocabulaire, … sont des
phénomènes réels ou ressentis qui sont dénoncés par bon nombre de
personnes invoquant la baisse du niveau de l’enseignement. Le web et plus
particulièrement les enjeux liés aux moteurs de recherche vont-il
inverser la tendance ?
La richesse de la langue française
Nous
avons la chance de pouvoir nous exprimer dans une langue aux infinies
nuances. Le français permet d’argumenter et de développer des idées de
façon détaillée.
C’est en toute logique qu’il a été utilisé pour les échanges diplomatiques pendant de nombreuses années.
Il fut une époque où les diplomates européens parlaient tous le
français. Ensuite, l’anglais s’est imposé au fur et à mesure de
l’internationalisation des échanges. Il reste de cette époque glorieuse
de la langue française divers mots ou expressions comme «agrément» qui ont
été repris presque de façon identique en anglais : agreement. Source : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/478351/le-francais-langue-de-la-diplomatie
Le
déclin de l’usage du français dans la diplomatie est-il à présent un
déclin dans l’usage de la langue française et de ses finesses par les
francophones ?
Combien de mots utilise-t-on pour s’exprimer correctement ?
Selon cette source, le nombre de mots utilisés serait de :
C’est
le professeur Alain Bentolila qui a introduit la problématique du
vocabulaire connu par ce qu’il appelle les « moins dotés ». Selon lui ces personnes n’utiliseraient que 250 à 300 mots.
La perte de vocabulaire est un problème pour le vivre ensemble
Ne
pas avoir la possibilité d’exprimer sa pensée est très frustrant. Mais
le vocabulaire, au-delà de l’expression, permet aussi de développer sa
pensée. S’il est avéré que des jeunes aient un vocabulaire aussi limité,
ce serait inquiétant car lorsque la pensée est trop simple, cela
induit des raisonnements simplistes pouvant faire le lit de tous les
extrémismes.
Ne pas savoir s'exprimer entraîne frustration et
énervement qui finissent parfois en violence qui devient le seul langage
que la personne maîtrise.
Google, Bing et les moteurs, problème ou solution ?
Le web est une source infinie de savoir. Quiconque maîtrisant un peu les fonctionnalité de Google
et ayant quelques notions d’épistémologie, plus précisément de critique
des sources, peut apprendre, comprendre et se forger une opinion sur un
nombre incalculable de sujets.
- Le classement des contenus par les moteurs de recherche
Les
moteurs de recherches indexent les différentes pages web qui sont
dignes d’intérêt, ensuite ils les classent selon différents critères dont vous pouvez trouver un aperçu dans cette liste de contrôle https://www.referencement-challenge.com/checklist-seo-tout-ce-que-vous-devez-verifier-pour-loptimisation/. Au
premier rang de ces critères, se trouve le contenu de chaque page qui
est analysé afin de voir s’il répond à la requête de l’internaute.
La
richesse sémantique du contenu est prise en compte. C’est pourquoi
certains outils d’aide à la rédaction ont été créés et sont bien
pratiques pour les rédacteurs web. Voir https://cursus.edu/22046/des-outils-daide-a-la-redaction-a-lecriture-par-la-machine
- Les moteurs de plus en plus intelligents ?
Dans
un passé relativement proche, les moteurs de recherche se cantonnaient à
analyser du mot à mot pour déterminer la valeur d’un contenu.
Google
a développé ou introduit comme critères dans ses résultats divers
algorithmes visant à mieux comprendre et déterminer la valeur ajoutée
d’un texte. Il y eut d’abord RankBrain qui a permis de mieux comprendre
l’intention de recherche de l’internaute. En 2019, ce fut au tour de
BERT, acronyme de Bidirectional Encoder Representations from
Transformers, d’être utilisé par le célèbre moteur. BERT permet de mieux
comprendre les requêtes plus complexes mais est aussi probablement
utilisé pour comprendre le texte d’une page web.
Source : https://www.abondance.com/20191028-41166-plus-dinfos-sur-bert-le-nouvel-algorithme-de-google.html
Ces
changements se positionnent aussi dans le cadre de l’avènement prédit
de la recherche vocale avec les enceintes intelligentes.
- Du vocabulaire riche ou simplifié ?
Face à ce panorama, il est intéressant de se poser la question de la richesse du vocabulaire sur le web. Google va-t-il privilégier les pages riches en vocabulaire mais qui
pourraient être trop complexes pour les « faiblement dotés » décrits par
le professeur Bentolila ou bien va-t-il privilégier des pages au
vocabulaire simple voire simpliste.
N’oublions pas que le modèle
d’affaires de Google est de vendre de la publicité. Les annonceurs
veulent souvent que le plus grand nombre cliquent sur leurs liens. Pour eux, ce
n’est peut-être pas une bonne idée d’avoir un niveau d’exigence trop
élevé quant à la richesse sémantique.
Dans les livres, la vraie richesse sémantique
En
conclusion, les intérêts commerciaux sont tels qu’il est possible que
le vocabulaire trop varié finisse par devenir pénalisant de ce point de vue.
À l’image de ce que nous voyons sur les réseaux sociaux, une partie des
internautes ne s’expriment qu’en quelques mots avec une capacité
d’attention réduite. Nombreux sont ceux qui ont vu passer l’information
que notre capacité d’attention serait devenue inférieure à celle d’un poisson rouge, c’est-à-dire de 8 secondes.
Le
livre, qu’il soit sous forme papier ou numérique, reste donc un élément
essentiel pour quiconque veut enrichir son vocabulaire et, au-delà, sa
culture générale.
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